« Zoom » acteur : Robin Williams

Jumanji

Décédé il y a un peu plus de quatre ans, le 11 août 2014, Robin Williams était un acteur authentique, à la fois drôle, tendre, émouvant et facétieux. C’était un acteur et un homme très aimé des spectateurs, cachant une tristesse et un mal-être indéfinissable, qui n’aura jamais réellement connu la sérénité. Prêtant son immense talent à des rôles inoubliables dans des films très populaires tels que « Madame Doubtfire », « Le cercle des poètes disparus », « Jumanji » ou moins connus mais tout aussi excellents comme « L’homme bicentenaire ». Un homme et un acteur ayant laissé après sa mort un grand vide dans le cœur de très nombreux spectateurs.

Nom de naissance : Robin McLaurin Williams

Né le juillet 1951 à Chicago (Illinois, États-Unis)

Décédé le 11 août 2014 à l’âge de 63 ans à Paradise Cay (Californie, États-Unis)

Films les plus célèbres : « Madame Doubtfire », « Jumanji », « Le cercle des poètes disparus », « Will Hunting », « Good Morning Vietnam ».

Récompenses notables : 45e cérémonie des Golden Globes 1988 : Meilleur acteur dans un drame biographique pour « Good Morning, Vietnam » (1987).

MTV Movie Awards (1993) de la meilleure performance comique dans une comédie d’animation pour « Aladdin » (1992).

51e cérémonie des Golden Globes 1994 : Meilleur acteur dans une comédie familiale pour « Madame Doubtfire ».

70e cérémonie des Oscars 1998 : Meilleur acteur dans un second rôle dans un drame pour « Will Hunting ».

62e cérémonie des Golden Globes 2005 : Lauréat du Prix Cecil B. DeMille Award pour l’ensemble de sa carrière.

Le cercle des poètes disparus.jpg

Robin Williams n’était pas un acteur comme les autres. Pas de ceux dont l’ascension est fulgurante, mais qui ne laissent aucune trace, ni dans la mémoire cinématographique collective, ni dans le cœur des spectateurs (et) cinéphiles. Mais de ceux qui ont marqué toute une génération voire plusieurs, de par son talent, sa bonhomie et son cœur bon visible et palpable à travers l’écran. Un visage doux, des yeux tendres et facétieux mais aussi tristes. À l’annonce de sa mort le 11 août 2014, des suites d’une dépression sévère et d’une maladie rare nommée démence à corps de Lewy, un type de démence progressive dont les symptômes sont semblables à ceux de la maladie de Parkinson (dont il se croyait apparemment atteint, à tort) et d’Alzheimer, beaucoup de témoignages de personnes du métier, bien sûr, mais également de toute une génération de spectateurs ayant grandi avec « Madame Doubtfire », « Jumanji » ou « Le cercle des poètes disparus ». Beaucoup ont confié avoir perdu comme un membre de leur famille, ne jamais avoir été aussi touchés par la disparition d’une personnalité publique, révélant même, pour certains, avoir versé quelques larmes… La vive émotion suscitée lors de sa disparition est visible sur cette image, où l’on découvre des monceaux de bouquets de fleurs déposés quelques jours après son décès, devant la maison utilisée comme cadre de vie de la famille Hilard de « Madame Doubtfire », à San Francisco.

Fleurs devant maison de Mme Doubtfire San Francisco

Maison utilisée comme cadre de vie des Hilard dans « Madame Doubtfire », où s’accumulent des bouquets de fleurs après l’annonce du décès de l’acteur, en août 2014.

Car Robin Williams, c’était l’acteur dans toute sa splendeur. Il pouvait tout jouer : l’homme drôle, tendre, papa copain, le professeur de lettres anticonformiste et original, l’homme sérieux (mais pas trop longtemps), triste, Peter Pan, et même un robot, dans « L’homme bicentenaire » (voir mon analyse du film ICI), en 1999, un rôle assez étonnant et novateur d’un robot humanoïde au service d’une famille, devenant peu à peu humain et confronté à la disparition successive de ses êtres chers. Nous n’étions pas encore, il y a presque vingt ans, familiers avec la notion de robotique humanoïde et du bouleversement que cela pourrait engendrer au niveau sociétal, philosophique et éthique. Un rôle interprété avec brio par Monsieur Williams, tournant de nouveau sous la houlette de Chris Colombus, six ans après « Madame Doubtfire ». Il ne jouait pas, il n’interprétait pas, il « était » et incarnait ses rôles. Le genre de personne, d’acteur dont on se demande sincèrement parfois « Qu’aurait-il pu faire d’autre de sa vie ? ». Robin Williams est un des acteurs, si ce n’est l’acteur, qui représente au plus près pour moi, la vision de ce que « l’art de jouer » ou plutôt d’interpréter, représente pour moi, profondément.

Mme Doutbfire

Malgré son succès, son immense popularité et sa vie de famille, Robin Williams a été, presque toute sa vie durant, rongé par un mal-être viscéral, une dépression profonde, en proie depuis des années à une consommation excessive de drogue et d’alcool, ayant effectué plusieurs séjours en cure de désintoxication. Le papa prêt à tout pour voir tous les jours ses enfants, quitte à se grimer en une gouvernante écossaise à la fois intransigeante et bienveillante, pouvait, dans le même film, devenir un homme au regard profondément triste, éprouvé par sa séparation d’avec son épouse qu’il voit, impuissant, se faire courtiser par un autre, et ses enfants. Ce qu’il était dans ses films, il l’était sans doute dans sa vie d’homme : un « monstre d’humour », capable de faire rire des millions de personnes de par ses facéties, ses pitreries et ses répliques qui font mouche, mais aussi un homme qui, en une seconde, peut devenir triste et dont le regard vous touche intensément, pour longtemps.

Beaucoup d’actrices et d’acteurs, et d’humoristes, font ce métier car ce sont des « écorchés vifs », souvent en proie à des émotions fortes et contradictoires. Robin Williams était incontestablement de ceux-là. Éternel enfant, il a doublé également bon nombre de personnages de films d’animation : le génie dans « Aladdin », Fender dans « Robots », Ramon / Le Rockhopper Lovelace dans « Happy Feet 2 »

Si Robin Williams n’est plus, il continue de vivre à travers les rôles qu’il laisse à jamais gravés dans nos mémoires. Certains ont même pensé qu’il est immortel, à l’image de son rôle de « L’homme bicentenaire »… [Attention spoiler] qui finit tout de même par mourir à la fin [Fin du spoiler].

Et vous, que représentait Robin Williams pour vous ? Quels sont les rôles qu’il a incarnés qui vous ont le plus touché, marqué, et pourquoi ? N’hésitez pas à réagir en laissant un commentaire !

Pour en savoir plus sur la carrière et la vie de Robin Williams : https://fr.wikipedia.org/wiki/Robin_Williams

http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-1191/biographie/

ROB MC EWAN

[Critique et analyse du film] L’Homme Bicentenaire, être mortel ou immortel… Un vrai dilemme

51YSACGE67L L’Homme Bicentenaire (Bicentennial Man en anglais), est une de mes dernières trouvailles cinématographiques. Comme vous l’aurez sans doute compris après cette critique et celle faite auparavant sur Wall-E, j’apprécie particulièrement les films qui traitent du sujet de la robotique, notamment quand ce dernier développe des caractéristiques et des sentiments humains (à venir d’ailleurs prochainement sur le blog, un article sur les robots de cinéma). Car souvent, au-delà d’un scénario narrant l’évolution d’un robot parmi les hommes, il est souvent question de problématiques bien plus profondes, de leçons de vie aux messages assez forts. Et c’est de nouveau le cas dans ce long-métrage de Chris Colombus (Madame Doubtfire, Maman j’ai raté l’avion…).

Sorti en 1999.

Réalisation par Chris Colombus.

Scénario par Nicholas Kazan, d’après la nouvelle L’Homme bicentenaire d’Isaac Asimov et le roman The Positronic Man d’Isaac Asimov et Robert Silverberg.

Société de production : 1492 Pictures, Laurence Mark Productions, Radiant Productions, Columbia Pictures, Touchstone Pictures.

Distribution : Buena Vista Pictures, France Columbia TriStar Films.

Musique : James Horner.

Récompenses principales: Hollywood Makeup Artist and Hair Stylist Guild Awards 2000 : meilleurs effets spéciaux maquillages d’un film pour Greg Cannom et Wesley Wofford.

Avec Robin Williams (Andrew Martin), Embeth Davidtz (Amanda Martin / Portia Charney), Sam Neill (Richard Martin), Oliver Platt (Rupert Burns), Wendy Crewson (Mme Martin), Kiersten Warren (Galatea), Hallie Kate Eisenberg (Amanda Martin, à 7 ans), Lindze Letherman (Grace Martin, à 9 ans), Angela Landis (Grace Martin, adulte).

 

Synopsis : En ce début de XXIe siècle, où le progrès technologique s’est généralisé pour le meilleur, Richard Martin fait l’acquisition du tout nouveau robot domestique à la mode, le NDR-114. Celui-ci a été conçu pour effectuer les tâches ménagères pénibles jadis dévolues aux êtres humains : cuisine, ménage, bricolage, surveillance des enfants. Il est baptisé Andrew. À ceci près que l’« Andrew » (Amanda entend mal le mot « androïde ») en question ne sera pas aussi simple que le modèle classique. Doté d’un esprit d’analyse modifié par accident, le robot se montre capable de créativité (notamment en sculptant de petits animaux en bois sans que personne ne lui apprenne). Il va se donner des buts, des objectifs à atteindre et va, au fil de ses apprentissages et de ses émotions, apprendre la vie. Andrew ira même jusqu’à défier la mort de l’Homme en l’aidant à survivre à ses propres peurs. Mais il découvrira très vite que la vie et l’amour ont un prix, dont lui seul pourra déterminer le montant.

Ma vision du film :

En voyant les premières scènes de l’Homme Bicentenaire pour la première fois, on ne se doute pas, que l’histoire d’une famille accueillant un robot humanoïde en son sein (qui révèle plus être de la volonté du père de famille, Richard Martin, que du reste de la famille), va nous amener à nous faire réfléchir sur le sens de la vie, au temps qui passe et à l’importance que nous donnons parfois à des choses futiles… C’est pourtant le cas de ce long-métrage (injustement peu connu) qui, découvert pour ma part un peu par hasard, au gré de mes découvertes cinématographiques, fut une agréable surprise.

En effet, dès l’arrivée de ce robot chez les Martin, seul Richard, le père de famille, est enthousiaste à l’idée d’accueillir cet humanoïde dans son foyer. Passionné de robotique et de nouvelles technologies, il a souhaité l’acquérir, tout d’abord pour alléger la famille des différentes tâches ménagères : cuisine, service, bricolage, ménage…  mais aussi par curiosité, de voir comment celui-ci peut s’intégrer et évoluer. Seulement, l’épouse de Richard et leurs deux filles, Amanda et Grace, vont tout d’abord se révéler méfiantes à l’égard du robot. Grace, l’ainée, va, par jeu et par rébellion, faire sauter Andrew de la fenêtre. Tout au long du film et des années, elle ne changera jamais d’attitude face à l’humanoïde, qui ne trouvera jamais vraiment grâce à ses yeux.

Amanda, la cadette, elle va peu à peu s’attacher à Andrew. Tout d’abord en colère contre lui car il a cassé sa figurine préférée, un cheval en verre, elle ne va plus le lâcher lorsque le robot va lui fabriquer, en quelque sorte pour se faire pardonner, une nouvelle figurine en bois, magnifique, et on découvrira plus tard dans le film qu’elle ne l’aura jamais quitté…

Richard va apprendre nombre de choses sur la vie à Andrew, et ce dernier va évoluer au-delà de ses espérances. Toujours aussi proche d’Amanda, devenue désormais une femme, elle voudra lui annoncer qu’elle va se marier avec un homme qui lui a demandé sa main, mais n’osera pas lui dire qu’elle a des sentiments pour lui. Elle finira par se marier avec son fiancé, ne pouvant épouser Andrew.

 

Au bout de plusieurs années à servir la famille Martin, le robot va émettre le souhait à Richard de prendre sa liberté, et d’ouvrir son propre compte bancaire, car fabriquant des horloges en bois, il est normal qu’il touche le fruit de son propre travail. Richard, comprenant qu’Andrew souhaite partir de la maison, décide de le mettre à la porte. Le robot va donc construire sa propre maison sur la plage où il avait ses habitudes avec la famille Martin, et adopter un chien abandonné, seul sur le seuil de sa maison.

Andrew va aussi émettre la volonté d’entreprendre un périple à travers le pays afin de retrouver d’éventuels robots du même modèle que lui. Alors que sa quête touche presque à sa fin et se révèle décevante, car les robots sont soit hors service soit le caractère modifié par les humains, il finira par rencontrer un robot féminin, Galatea, et son « propriétaire », Rupert Burns.  Ce dernier et Andrew vont, en mettant en commun leurs connaissances, finir par donner une apparence humaine à Andrew, qui essaiera de se faire reconnaitre comme un Homme par la Cour, et sa première demande sera rejetée… Puis, il finira par vraiment devenir un être humain en se faisant greffer tous les organes vitaux nécessaires.

Andrew retrouvera Amanda, devenue âgée, et a un choc en découvrant la petite fille de cette dernière, Portia. La suite et fin, vous les découvrirez par vous-mêmes, et vous serez bouleversés par la morale et la leçon de vie que le film et le dénouement apportent…

Andrew, est, tout au long du film, qu’il soit robot ou devenu humain, touchant par sa loyauté, sa gentillesse, sa volonté d’apprendre la vie et son courage de vouloir prendre sa liberté à un moment où il aurait pu rester dans la facilité de servir la famille Martin. Ce qui m’a le plus frappé le concernant, c’est son obstination, le fait de ne pas se résigner à voir disparaitre un à un ses êtres chers sans pouvoir faire quelque chose (« je m’y refuse », « je refuse cela »). Cela mêlé aux différents évènements « tristes » qui s’enchainent, nous font poser la question du vrai sens de la vie, du sens des priorités que nous nous donnons, car nous n’avons qu’une vie.

La relation si particulière qu’il noue avec Amanda puis par la suite avec Portia, repousse les limites de la place que nous pourrons accorder dans le futur à nos robots. Nous sommes pour l’instant, en Europe, encore très réticents à l’idée d’accueillir des robots dans notre foyer, ou dans nos entreprises. Mais certains pays comme le Japon, en ont fait leurs « compagnons de vie » depuis des années, et cela est devenu naturel d’en voir presque partout. Sorti en 1999, le tour de force du film est qu’il soit plus que jamais d’actualité en 2018.

Très peu connu et n’étant pas forcément un succès, ni commercial ni critique, à sa sortie (seulement 107 611 entrées comptabilisées en France !), il a été notamment reproché à Chris Colombus le côté trop « sirupeux » du film. Au-delà de ça, les spectateurs ayant réellement apprécié le film l’aimeront pour la profondeur des messages qu’il véhicule, que ce soit l’importance de vivre intensément maintenant, les valeurs les plus importantes : l’amour, l’amitié, la famille…, le fait de ne jamais renoncer aux choses qui comptent vraiment pour nous, que la robotique n’est pas forcément une menace pour l’homme s’il sait comment appréhender son robot…  Ce long-métrage est une véritable pépite, proposant également quelques bons moments d’humour, notamment, entre autres, quand Andrew apprend le sens de l’humour avec Richard et va livrer ses blagues à la chaine quand il servira à table la famille Martin, hilare.

Ce film, qui noue les retrouvailles du réalisateur Chris Colombus et de Robin Williams, est une véritable réussite, mélange bien équilibré d’humour et d’émotion. Les véritables cinéphiles le découvriront malgré sa faible notoriété, et l’apprécieront à sa juste valeur. Robin Williams, lui, est fidèle à lui-même et toujours aussi talentueux, qu’il interprète Andrew robot ou humain. Nul autre que lui n’aurait pu à ce point faire ressentir les émotions qui l’animent, même sous les traits d’un visage robotique.

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