[Critique et analyse] Le cercle des poètes disparus (Peter Weir, 1989)

Affiche Le cercle des poètes disparusEn grande amatrice de la carrière de Robin Williams, je n’avais encore pourtant jamais vu  l’un de ses films les plus emblématiques, « Le cercle des poètes disparus ». Si le film est assez classique dans son déroulé cinématographique, le message porté par ce dernier et les valeurs auxquelles il fait réfléchir valent la peine de s’y intéresser. Robert Sean Leonard, le futur James Wilson, oncologue et meilleur ami de Dr House, était tout jeune et faisait ainsi dans le film ses débuts de comédien au cinéma.

Sorti en 1990. Durée : 2h13.

Genre : drame.

Réalisation par Peter Weir.

Scénario par Tom Schulman.

Musique : Maurice Jarre.

Société de production : Silver Screen Partners IV et Touchstone Pictures.

Distribution : Buena Vista Pictures, Warner Bros., Gaumont Buena Vista International (ressortie de 2004).

Récompenses majeures : Oscars 1990 : Oscar du meilleur scénario original pour Tom Schulman ; César 1991 : meilleur film étranger ; British Academy Film Awards 1990 : meilleur film, meilleure musique originale pour Maurice Jarre.

Keating et ses élèves Le cercle des poètes disparus

Avec Robin Williams (John Keating, professeur de lettres), Robert Sean Leonard (Neil Perry), Ethan Hawke (Todd A. Anderson), Josh Charles (Knox T. Overstreet), Gale Hansen (Charlie Dalton), Dylan Kussman (Richard S. Cameron), Allelon Ruggiero (Steven K.C. Meeks Jr), James Waterston (Gerard J. Pitts), Norman Lloyd (M. Nolan, directeur de l’école), Kurtwood Smith (M. Perry).

Synopsis : Todd Anderson, un garçon plutôt timide, est envoyé dans la prestigieuse académie de Welton, réputée pour être l’une des plus fermées et austères des États-Unis, là où son frère avait connu de brillantes études.
C’est dans cette université qu’il va faire la rencontre d’un professeur de lettres anglaises plutôt étrange, Mr Keating, qui les encourage à toujours refuser l’ordre établi. Les cours de Mr Keating vont bouleverser la vie de l’étudiant réservé et de ses amis…

Le cercle des poètes disparus la troupe au complet

Ma vision du film :

En 1989, alors au sommet de sa carrière, Robin Williams incarnait dans « Le cercle des poètes disparus » John Keating, un professeur de lettres aux méthodes peu conventionnelles dans une académie très stricte. Ses jeunes élèves se demandent au départ à quel professeur étrange ils ont affaire, puis se prennent au jeu de la méthode « Keating » qui les pousse à se dépasser, à s’affranchir et à être libres.

Le jeune Neil, interprété par Robert Sean Leonard (connu plus tard sous le nom de Wilson, meilleur ami de Dr House) se « prend au jeu » au-delà des espérances de Keating, et se prend à rêver d’une carrière d’acteur, et se lance à corps perdu dans le théâtre. Mais son père, dur et intransigeant (voire psychorigide) ne l’entend pas du tout de cette oreille… Neil continuera ses études comme prévu et fera le métier choisi. [Attention spoiler] Mais Neil, désespéré, ne voit que comme seule issue le suicide… [Fin du spoiler]. Si la méthode est radicale (mais si ça ne s’était pas passé ainsi la « morale » de la fin du film aurait été inexistante), cela amène au moins certains de ses camarades à réfléchir, même si son père ne se remettra pas en question et pointera du doigt les méthodes du professeur Keating. Certains autres membres du « cercle » ne seront pas pour autant courageux et se sentiront obligés d’appuyer la version du père de Neil, pour ne pas être exclus de l’école.

Le cercle des poètes disparus John Keating et ses élèves

L’injustice, la calomnie, le manque de courage sont ici mis en lumière, mais le film prône aussi grâce au professeur Keating la persévérance, la confiance en soi, le fait de croire en ses rêves, d’oser rêver. John Keating était trop anticonformiste au vu des méthodes strictes de cette école.

Le long-métrage traite également du sujet très intéressant du choix de vie et d’études des parents envers leurs enfants. La mère de Neil manque aussi de courage afin de s’opposer à son mari : elle s’abaisse et se tait.

Robin Williams, entre énergie et retenue, est admirable et tout le monde aurait voulu avoir un professeur comme Keating qui pousse ses élèves dans le bon sens. Trop de professeurs sont conformistes, négatifs alors que la vie n’est pas que cela et tout le monde y gagnerait à être plus positif et moteur. Certains pays l’ont compris depuis longtemps et ont intégré l’idée d’inculquer le bonheur aux élèves dès le plus jeune âge, notamment les pays nordiques (Danemark, Finlande, Suède….).

John Keating Le cercle des poètes disparus

Le « cercle » où les élèves se réunissent (et auquel je n’ai pas toujours tout compris, il faut l’avouer…) n’est qu’un prétexte pour raconter cette histoire d’attachement entre un professeur et ses élèves.

La mort de Neil a tout chamboulé : à la fin du film, malgré une durée de deux heures, on se pose encore certaines questions : Todd a-t-il finalement réussi à séduire Chris, la jeune fille dont il est tombé amoureux ? [Attention spoiler] Que va devenir le professeur Keating après son exclusion de l’école ? [Fin du spoiler]. Un épilogue sur ce que deviennent les personnages du film aurait peut-être été bienvenu.

Malgré que le film soit peut-être trop « académique » (après avoir entendu parler de ce film je m’en faisais peut-être l’idée de quelque chose de plus « extraordinaire »), « Le cercle des poètes disparus » fait réfléchir à beaucoup de sujets : la faiblesse, le manque de courage, mais aussi croire en soi et ses rêves, toujours garder son libre arbitre…

Le cercle des poètes disparus les èlèves debout disent au revoir à Keating

« Zoom » acteur : Robin Williams

Jumanji

Décédé il y a un peu plus de quatre ans, le 11 août 2014, Robin Williams était un acteur authentique, à la fois drôle, tendre, émouvant et facétieux. C’était un acteur et un homme très aimé des spectateurs, cachant une tristesse et un mal-être indéfinissable, qui n’aura jamais réellement connu la sérénité. Prêtant son immense talent à des rôles inoubliables dans des films très populaires tels que « Madame Doubtfire », « Le cercle des poètes disparus », « Jumanji » ou moins connus mais tout aussi excellents comme « L’homme bicentenaire ». Un homme et un acteur ayant laissé après sa mort un grand vide dans le cœur de très nombreux spectateurs.

Nom de naissance : Robin McLaurin Williams

Né le juillet 1951 à Chicago (Illinois, États-Unis)

Décédé le 11 août 2014 à l’âge de 63 ans à Paradise Cay (Californie, États-Unis)

Films les plus célèbres : « Madame Doubtfire », « Jumanji », « Le cercle des poètes disparus », « Will Hunting », « Good Morning Vietnam ».

Récompenses notables : 45e cérémonie des Golden Globes 1988 : Meilleur acteur dans un drame biographique pour « Good Morning, Vietnam » (1987).

MTV Movie Awards (1993) de la meilleure performance comique dans une comédie d’animation pour « Aladdin » (1992).

51e cérémonie des Golden Globes 1994 : Meilleur acteur dans une comédie familiale pour « Madame Doubtfire ».

70e cérémonie des Oscars 1998 : Meilleur acteur dans un second rôle dans un drame pour « Will Hunting ».

62e cérémonie des Golden Globes 2005 : Lauréat du Prix Cecil B. DeMille Award pour l’ensemble de sa carrière.

Le cercle des poètes disparus.jpg

Robin Williams n’était pas un acteur comme les autres. Pas de ceux dont l’ascension est fulgurante, mais qui ne laissent aucune trace, ni dans la mémoire cinématographique collective, ni dans le cœur des spectateurs (et) cinéphiles. Mais de ceux qui ont marqué toute une génération voire plusieurs, de par son talent, sa bonhomie et son cœur bon visible et palpable à travers l’écran. Un visage doux, des yeux tendres et facétieux mais aussi tristes. À l’annonce de sa mort le 11 août 2014, des suites d’une dépression sévère et d’une maladie rare nommée démence à corps de Lewy, un type de démence progressive dont les symptômes sont semblables à ceux de la maladie de Parkinson (dont il se croyait apparemment atteint, à tort) et d’Alzheimer, beaucoup de témoignages de personnes du métier, bien sûr, mais également de toute une génération de spectateurs ayant grandi avec « Madame Doubtfire », « Jumanji » ou « Le cercle des poètes disparus ». Beaucoup ont confié avoir perdu comme un membre de leur famille, ne jamais avoir été aussi touchés par la disparition d’une personnalité publique, révélant même, pour certains, avoir versé quelques larmes… La vive émotion suscitée lors de sa disparition est visible sur cette image, où l’on découvre des monceaux de bouquets de fleurs déposés quelques jours après son décès, devant la maison utilisée comme cadre de vie de la famille Hilard de « Madame Doubtfire », à San Francisco.

Fleurs devant maison de Mme Doubtfire San Francisco

Maison utilisée comme cadre de vie des Hilard dans « Madame Doubtfire », où s’accumulent des bouquets de fleurs après l’annonce du décès de l’acteur, en août 2014.

Car Robin Williams, c’était l’acteur dans toute sa splendeur. Il pouvait tout jouer : l’homme drôle, tendre, papa copain, le professeur de lettres anticonformiste et original, l’homme sérieux (mais pas trop longtemps), triste, Peter Pan, et même un robot, dans « L’homme bicentenaire » (voir mon analyse du film ICI), en 1999, un rôle assez étonnant et novateur d’un robot humanoïde au service d’une famille, devenant peu à peu humain et confronté à la disparition successive de ses êtres chers. Nous n’étions pas encore, il y a presque vingt ans, familiers avec la notion de robotique humanoïde et du bouleversement que cela pourrait engendrer au niveau sociétal, philosophique et éthique. Un rôle interprété avec brio par Monsieur Williams, tournant de nouveau sous la houlette de Chris Colombus, six ans après « Madame Doubtfire ». Il ne jouait pas, il n’interprétait pas, il « était » et incarnait ses rôles. Le genre de personne, d’acteur dont on se demande sincèrement parfois « Qu’aurait-il pu faire d’autre de sa vie ? ». Robin Williams est un des acteurs, si ce n’est l’acteur, qui représente au plus près pour moi, la vision de ce que « l’art de jouer » ou plutôt d’interpréter, représente pour moi, profondément.

Mme Doutbfire

Malgré son succès, son immense popularité et sa vie de famille, Robin Williams a été, presque toute sa vie durant, rongé par un mal-être viscéral, une dépression profonde, en proie depuis des années à une consommation excessive de drogue et d’alcool, ayant effectué plusieurs séjours en cure de désintoxication. Le papa prêt à tout pour voir tous les jours ses enfants, quitte à se grimer en une gouvernante écossaise à la fois intransigeante et bienveillante, pouvait, dans le même film, devenir un homme au regard profondément triste, éprouvé par sa séparation d’avec son épouse qu’il voit, impuissant, se faire courtiser par un autre, et ses enfants. Ce qu’il était dans ses films, il l’était sans doute dans sa vie d’homme : un « monstre d’humour », capable de faire rire des millions de personnes de par ses facéties, ses pitreries et ses répliques qui font mouche, mais aussi un homme qui, en une seconde, peut devenir triste et dont le regard vous touche intensément, pour longtemps.

Beaucoup d’actrices et d’acteurs, et d’humoristes, font ce métier car ce sont des « écorchés vifs », souvent en proie à des émotions fortes et contradictoires. Robin Williams était incontestablement de ceux-là. Éternel enfant, il a doublé également bon nombre de personnages de films d’animation : le génie dans « Aladdin », Fender dans « Robots », Ramon / Le Rockhopper Lovelace dans « Happy Feet 2 »

Si Robin Williams n’est plus, il continue de vivre à travers les rôles qu’il laisse à jamais gravés dans nos mémoires. Certains ont même pensé qu’il est immortel, à l’image de son rôle de « L’homme bicentenaire »… [Attention spoiler] qui finit tout de même par mourir à la fin [Fin du spoiler].

Et vous, que représentait Robin Williams pour vous ? Quels sont les rôles qu’il a incarnés qui vous ont le plus touché, marqué, et pourquoi ? N’hésitez pas à réagir en laissant un commentaire !

Pour en savoir plus sur la carrière et la vie de Robin Williams : https://fr.wikipedia.org/wiki/Robin_Williams

http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-1191/biographie/

ROB MC EWAN