[Critique et analyse] Populaire, une comédie fifties rafraichissante

Affiche Populaire

« Populaire », que l’on croirait à tort de prime abord être une petite comédie française semblable à bien d’autres (ce fut mon cas avant de le visionner récemment à la télévision), m’a surpris de par sa fraicheur et sa bonne humeur contagieuse, malgré que l’histoire se déroule dans les années 1950. Un long-métrage rafraichissant et une belle histoire entre Rose et Louis, interprétés respectivement par Déborah François et Romain Duris, sans jamais verser dans la mièvrerie.

Sorti en 2012.

Réalisation par Régis Roinsard.

Scénario par Daniel Presley, Régis Roinsard, Romain Compingt.

Musique : Rob et Emmanuel d’Orlando.

Société de production : Les Productions du Trésor, La Compagnie Cinématographique Européenne, France 2 Cinéma, France 3 Cinéma, Mars Films, Wild Bunch, RTBF, Panache Productions, Canal +, Ciné +, Belgacom, France Télévisions, Eurimages, Tax Shelter, Région Wallone.

Société de distribution : Mars Distribution (France), The Weinstein Company1 (États-Unis), Disney Channel (Allemagne), Rai (Italie).

Populaire R. Duris et D. François

Avec Romain Duris (Louis Échard), Déborah François (Rose Pamphyle), Bérénice Béjo (Marie Taylor), Shaun Benson (Bob Taylor), Féodor Atkine (Mr. Edmond Japy, le patron des machines à écrire Japy), Nicolas Bedos (Gilbert Japy, le fils de M. Japy), Eddy Mitchell (Georges Échard, le père de Louis), Miou-Miou (Madeleine Échard, la mère de Louis).

Synopsis : Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court…

Populaire Rose et Louis

Ma vision du film :

« Populaire » est donc une petite comédie française regardée un soir il y a peu à la télévision, et  j’avoue que je n’en attendais pas réellement grand chose. Mais ce film m’a agréablement surprise, donné le sourire et j’ai passé un très bon moment. N’est-ce pas (et surtout) ça aussi, le cinéma ?

Là où certains films pèchent par leur manque de rythme et contiennent parfois des temps morts (on a tous, de temps en temps, avouons-le, regardé notre montre et commencé à s’impatienter lors du visionnage d’un long-métrage aux scènes parfois trop longues, redondantes et inutiles), ici, il n’en est rien. Les scènes s’enchainent avec une fluidité et une efficacité redoutables, et on attend de connaitre la suite des évènements en continu (même si la fin, je vous l’accorde, peut s’avérer quelque peu prévisible).

Rose Populaire

Et notamment en ce qui concerne l’histoire entre Rose et Louis : une certaine tension réside entre eux, et nous tient en haleine. Le jeu perpétuel du chat et de la souris, du « Fuis moi je te suis, suis-moi je te fuis », en somme…

Le film offre également une très belle photographie, et rend en quelque sorte hommage à la « classe » des années 50, à la façon de se vêtir qui était très agréable à regarder et aux femmes qui étaient toujours très gracieuses, bien apprêtées et toujours très bien coiffées également.

Certaines « images » (ou pourrait-on carrément dire « clichés ») sont distillés çà et là dans « Populaire ». Notamment, être secrétaire à l’époque faisait apparemment rêver les femmes… Est-ce toujours un travail « passion », qui fait autant rêver de nos jours ? (je ne cherche bien évidemment pas à dénigrer la profession de secrétaire puisque j’ai moi-même eu une formation dans ce domaine, mais seulement une piste de réflexion). Le travail et la réussite sociale étaient sans doute des priorités à l’époque, et même si ça l’est encore pour de nombreuses personnes aujourd’hui, on tend de plus en plus désormais à s’épanouir et à se réaliser soi-même dans la vie, et entre autres domaines professionnellement. Mais à l’époque, cela était synonyme d’émancipation de la femme, de liberté et du fait de s’affranchir.

Populaire D. François et R. Duris

La question que l’on se pose en voyant le film est : ce style de championnats existaient-ils bel et bien à l’époque ? Eh oui, ils existaient bel et bien. Un exemple en la personne de Reine-Marie, 68 ans au moment de la sortie du film, qui fut vice-championne de France dans les années 1960-1970 (voir l’article du journal Sud-Ouest ICI).

Nous pouvons remarquer que la popularité de Rose, championne de France puis du monde de vitesse dactylographique, est quelque peu disproportionnée par rapport à la discipline, aussi louable et méritoire soit-elle, car elle demande bien évidemment beaucoup de travail et de rigueur. Rose devient une star, fait la Une de nombreux magazines notamment « Paris Match », est invitée sur de nombreux plateaux de télévision, compte de nombreux fans, admirateurs et admiratrices…

Rose et Louis dans Populaire

Et que dire de cette petite « morale » bien amusante, sur le fait que certains membres de notre entourage peuvent parfois ne pas croire en nous lorsque nous avons un but ou que nous faisons un choix de vie différent du leur ? Quand certains viennent à réussir, envers et contre tous les obstacles, les jugements… Ceux-là mêmes qui n’avaient pas confiance en nous et ne nous montraient aucun soutien sont fiers de nous et disent de leur proche « c’est ma fille, mon fils, mon frère, ma sœur… » à qui veut bien l’entendre. C’est notamment dans le film le cas du père de Rose, incrédule quant au fait que sa fille, ne voulant pas du destin tout tracé et du mariage arrangé qu’a prévu son père pour elle, part à Lisieux afin de tenter sa chance de devenir la secrétaire de l’assureur Louis Échard, sans savoir toutefois bien entendu où cela va la mener à l’avenir.

Louis, le personnage incarné par Romain Duris, fait toujours souffler le chaud et le froid, notamment auprès de Rose. Il est complètement obnubilé par le fait de faire de Rose une championne et ne veut en aucun cas les faire dévier, ni lui, ni elle, de son objectif. On a souvent, au fur et à mesure que l’intrigue se déroule, du mal à comprendre cette résistance dont il fait preuve autant envers lui-même, qu’envers Rose : il est souvent impassible. [Attention spoiler] Il finira néanmoins par briser ses chaines vers la fin du film et avouera à Rose qu’il est fou d’elle depuis le jour où il a posé les yeux sur elle. [Fin du spoiler].

Rose concours dactylo Populaire

Romain Duris prouve une fois de plus qu’il est un des acteurs incontournables du paysage cinématographique français. Déborah François campe une Rose à la fois rigolote et touchante, tour à tour mutine et glamour.

Bérénice Béjo est, elle, comme à son habitude, parfaitement juste dans l’incarnation de son personnage de Marie, ex de Louis et désormais son amie, et épouse de Bob.

« Populaire » est une comédie française très réussie, qui plus est pour avoir le mérite d’être le premier long-métrage de son réalisateur, Régis Roinsard. Un film sans doute pas assez connu et estimé à sa juste valeur.

Et vous, avez-vous déjà vu « Populaire » ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire !

Rose et Louis Populaire