[Critique et analyse du film] Ratatouille, un petit chef dans la toque !

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Est -ce encore nécessaire de présenter « Ratatouille », l’un des chefs-d’œuvre des studios Pixar, alors à cette « époque » au sommet de leur art ? Un an avant « Wall-E », deux ans avant « Là-Haut », et trois ans avant l’ouverture d’une nouvelle décennie de succès avec « Toy Story 3 », le studio à la lampe nous offre un triplé gagnant, à la fin des années 2000. Entre nous… Qui d’autre que Pixar aurait pu nous offrir une telle réussite, avec, en tête d’affiche de ce long métrage d’animation… un rat devenant chef cuisinier ? Si vous avez la réponse…

Sorti en 2007.

Réalisation par Brad Bird, assisté par Jan Pinkava.

Scénario par Brad Bird, Jan Pinkava, Jim Capobianco.

Société de production : Pixar Animation Studios.

Musique : Michael Giacchino.

Distribution : Walt Disney Studios Distribution.

Récompenses majeures : Oscars 2008 : meilleur film d’animation.

Golden Globes 2008 : meilleur film d’animation.

BAFTA 2008 : Meilleur film d’animation.

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Avec les voix françaises de Guillaume le Bon (Rémy), Thierry Ragueneau (Alfredo Linguini), Camille (Colette), Julien Kramer (Skinner), Pierre-François Martin-Laval (dit Pef) (Émile), Bernard Tiphaine (Anton Ego), Jean-Pierre Marielle (Auguste Gusteau), Christophe Hondelatte (le narrateur).

Synopsis : Rémy est un jeune rat qui rêve de devenir un grand chef français. Ni l’opposition de sa famille, ni le fait d’être un rongeur dans une profession qui les déteste ne le démotivent. Rémy est prêt à tout pour vivre sa passion de la cuisine… et le fait d’habiter dans les égouts du restaurant ultra coté de la star des fourneaux, Auguste Gusteau, va lui en donner l’occasion ! Malgré le danger et les pièges, la tentation est grande de s’aventurer dans cet univers interdit.
Écartelé entre son rêve et sa condition, Rémy va découvrir le vrai sens de l’aventure, de l’amitié, de la famille… et comprendre qu’il doit trouver le courage d’être ce qu’il est : un rat qui veut être un grand chef…

Ma vision du film :

Un petit rat vivant avec les siens, ayant pour modèle un chef cuisinier, et qui rêve de le devenir à son tour… C’est une idée un peu folle, pensez-vous ? C’est celle, géniale, qui a trotté dans la tête de l’espiègle Brad Bird, alors en cuisine avec son épouse, et qui nous a donné ce bijou : « Ratatouille » ! Ce magnifique film, sans lequel le monde de l’animation n’aurait sans doute pas été le même, fait désormais partie des classiques. C’est bien connu, les chefs-d’œuvre naissent bien souvent d’une idée complètement folle !

Tout d’abord, je pense que vous serez, pour la plupart d’entre vous, d’accord avec moi : Ratatouille est l’un des personnages les plus mignons jamais créés par Pixar. Au niveau visuel, l’équipe du film s’est surpassée comme jamais : après « Wall-E », qui était d’une époustouflance graphique assez folle, Ratatouille pousse à nouveau le réalisme assez loin, notamment en ce qui concerne les rats.

Les couleurs, superbes, sont chaudes, chaleureuses, et en ce qui concerne les plats, ils nous donnent l’eau à la bouche ! Pour l’anecdote, l’équipe de Pixar a préparé près de 270 plats dans une vraie cuisine, qu’ils ont ensuite pris en photo avant de les recréer sur ordinateur. Voilà pourquoi ils semblent aussi réalistes et appétissants !

« Ratatouille » est un véritable hommage à cette ville réputée comme la plus belle du monde, Paris. L’équipe a séjourné une semaine dans la capitale, et lors de la préparation du film, 4 500 clichés de la ville ont été pris pour s’inspirer de son atmosphère. Visite dans les égouts (!), sur les bords du canal Saint-Martin, au sommet de la Tour Eiffel… Rien n’a été laissé au hasard, et cela se voit. Quel hommage à Paris, quelle ode à cette ville !

Dans « Ratatouille », les rats ne peuvent pas parler avec les êtres humains, seulement à leurs semblables. Rémy et Linguini inventent donc leur propre langage. Rémy se glissera donc sous la toque du commis, guidant ses gestes en lui tirant ses cheveux. Ni vu, ni connu, ou presque… Ce sera sans compter sur l’œil aiguisé de Skinner qui découvrira le pot aux roses !

Rémy est curieux, sait lire et se cultive : il est unique, différent des autres rats, et voit bien plus loin que les limites soi-disant fixées à son espèce. Sa force sera de toujours croire en lui et en ses rêves, malgré l’impossible (un rat chef cuisinier, alors que les rats sont la hantise du métier !), et malgré les réticences de son père et son obstination à lui faire perdre toute confiance en l’être humain. Celui-ci n’hésitera pas à l’emmener, la nuit tombée, voir la « vitrine des horreurs » chez un dératiseur de la capitale, afin de lui faire perdre foi en ceux qui les chasse et les tue sans pitié et sans vergogne. Rémy, lui, verra bien au-delà des idées reçues.

Lorsque au début du film, Rémy ne peut rattraper le reste de sa famille et se perd dans les égouts, cela sera sans aucun doute pour lui une chance, au final, de découvrir Paris, ses restaurants, notamment celui de Gusteau, ses cuisines… l’amener jusqu’à ces dernières et jusqu’à Linguini, grâce auquel il pourra réaliser son rêve. Parfois, en sortant des sentiers battus, en se perdant parfois, on peut découvrir bien plus que ce que l’on aurait osé imaginer…

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Colette offre également le portrait d’une femme forte en apparence, presque froide, dotée d’un fort tempérament qu’elle s’est due d’acquérir afin de s’accrocher, et de se faire une place dans ce monde très masculin. Mais en aidant Linguini et en s’ouvrant davantage à lui, elle va prouver qu’elle est humaine, altruiste et quelque peu sensible.

Le long aparté du critique Anton Ego, à la fin du film, viendra clore avec brio cette ode à la créativité, à l’importance de croire en soi et en ses rêves. Si un rat peut devenir chef cuisinier, alors tout le monde peut réussir ce qu’il souhaite accomplir. Ego, touché au plus profond de son être et de son âme, par la ratatouille préparée par Rémy, se remémorera à ce moment précis la ratatouille que lui cuisinait sa maman avec amour quand il était petit, et qu’il aimait tant déguster… Cette scène finale est très touchante et nous fait voir Anton Ego sous un jour plus humain.

« Ratatouille » est un pur joyau, véritable hommage à Paris, à sa gastronomie. Mais plus que tout, ce film nous pousse à croire très fort en nos rêves, à ne jamais abandonner malgré les embûches et les oiseaux de mauvais augure (ici, en l’occurrence, ce serait plutôt un rat, le père de Rémy…). Quoi qu’il arrive, il est nécessaire de toujours tenter de faire preuve de persévérance, de courage et d’audace. Le travail, la créativité et la ténacité finissent toujours par payer, qui que l’on soit. Si vous avez déjà vu cette pépite, rien que pour la morale (et pour le plaisir aussi), une piqûre de rappel s’impose. Si vous ne l’avez encore jamais vu… remédiez vite à cette grave erreur !

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