[Critique et analyse] M. Peabody et Sherman : Les Voyages dans le temps

Réalisé par le créatAffiche M. Peabody et Shermaneur (entre autres) du « Roi Lion » de Disney en 1994 et des deux volets de « Stuart Little », Rob Minkoff, qui n’est donc pas un débutant, « M. Peabody et Sherman : Les Voyages dans le temps » met en scène un chien savant et son fils adoptif, dans de folles aventures grâce à une machine à voyager dans le temps. Époque des pharaons, de Léonard de Vinci peignant la Joconde, guerre de Troie… Un père et son fils vont resserrer leurs liens tout en faisant face aux ennemis de tous temps, en faisant fi de ceux qui veulent les séparer à cause de leurs différences. Ce long-métrage d’animation est adapté de la série animée des années 1960 du même nom.

 

Sorti en 2014.

Réalisation par Rob Minkoff.

Scénario par Craig Wright.

Compositeur : Danny Elfman

Société de production : DreamWorks Animation.

Distribution : 20th Century Fox.

Avec les voix françaises de Guillaume Gallienne (M. Peabody), Jules Timmerman (Sherman), Garance Pauwels (Penny Peterson), Vincent Ropion (Paul Peterson), Marie-Eugénie Maréchal (Patty Perterson), Pauline Larrieu (Mlle Grunion, l’assistante sociale).

Sherman, Penny et Peabody

Synopsis : M.Peabody est la personne la plus intelligente au monde. Il est à la fois lauréat du prix Nobel, champion olympique, grand chef cuisinier… et il se trouve aussi être un chien ! Bien qu’il soit un génie dans tous les domaines, M. Peabody est sur le point de relever son plus grand défi : être père. Pour aider Sherman, son petit garçon adoptif, à se préparer pour l’école, il décide de lui apprendre l’histoire et construit alors une machine à voyager dans le temps. Les choses commencent à mal tourner quand Sherman enfreint les règles et perd accidentellement dans le temps Penny, sa camarade de classe.

Ma vision du film :

Un chien surdoué. Jusque-là, rien de bien surprenant. On l’a déjà vu dans certains films ou certaines séries animées (Corneil de « Corneil et Bernie » et son Q.I. de 250), mais un chien qui adopte un bébé abandonné dans la rue… Si M. Peabody a été Prix Nobel ou champion olympique entre autres, il doit aujourd’hui apprendre à être père.

Penny et Sherman

Si Sherman a de la chance de pouvoir apprendre d’un père adoptif aussi brillant, à l’école, il se fait quotidiennement chahuter par ses camarades de classe, qui se moquent de lui parce que son père est un chien. [Attention spoiler] La plus tenace reste sans doute Penny, qui va finir par être mordue par Sherman après l’avoir poussé à bout. Pour s’expliquer concernant ce fâcheux incident, M. Peabody, diplomate, va inviter chez lui les parents de Penny, ce que Sherman trouve injuste ! Voulant néanmoins impressionner Penny le trouvant ennuyeux, il va par malheur révéler le secret de leur machine à voyager dans le temps, envoyant tout droit Penny en Égypte à l’époque des Pharaons… [Fin du spoiler]. S’ensuivront des aventures impossibles afin de se sortir de ce mauvais pas, mais nos trois protagonistes devront auparavant affronter des ennemis, des guerres… et le regard de ceux qui pensent qu’un chien ne peut pas être le père d’un enfant, surtout Mlle Grunion, des services sociaux, dont la seule volonté est de séparer Sherman de M. Peabody.

Penny, petite fille imbue d’elle-même au début du film, va, après avoir vécu tant d’aventures auprès de Sherman et M.Peabody, les voir différemment que jusqu’alors. Surtout que ces deux derniers vont la sortir de bien des mauvais pas, à toutes les époques…

Si le film veut éblouir en offrant un grandiose voyage dans le temps, il invite à une véritable réflexion sur la différence en général, et plus particulièrement sur le fait que, qui que l’on soit, si on est capable d’aimer un enfant, rien ni personne ne devrait s’opposer au fait que cette personne puisse l’adopter.

Sherman et Penny_2

Si M. Peabody, au début du film, émet une certaine réserve à dire à répondre à Sherman qu’il l’aime, quand ce dernier le lui dit, il lui répond ceci : « J’ai moi aussi une profonde affection pour toi, Sherman ». Par fierté ? Par orgueil ? Par peur qu’il ne soit séparé de lui ? [Attention spoiler] Il le lui dira néanmoins à la fin du film, leurs aventures vécues ensemble ayant renforcé et scellé leurs liens père-fils à jamais. [Fin du spoiler].

Car M. Peabody est un personnage ayant un certain détachement et une certaine « froideur », malgré le fait que ce soit un chien, pourtant considéré le meilleur ami de l’homme, souvent chaleureux et affectueux. D’ailleurs, personne n’est « autorisé » à l’appeler par un autre nom, pas même Sherman qui ne l’appelle pas « papa » au début du film, mais bien son nom, M. Peabody.

Penny et Sherman.

Le canidé donc, pourtant Prix Nobel, grand intellectuel savant, digne de confiance et responsable, aura toujours du mal à se défaire du regard des autres qui pensent que la différence entre lui et Sherman l’empêche de l’élever comme son fils. Notamment l’assistante sociale rigide Mlle Grunion, qui malgré l’évidence d’un lien profond unissant Sherman et M. Peabody, même à la fin du film, n’arrivera pas à passer outre le fait que ce dernier est un chien. Et ce même si Sherman insiste lui-même sur le fait qu’il est heureux avec lui… Les préjugés ont la vie dure, pour ceux qui veulent garder leurs œillères… ou parce qu’ils (ici Mlle Grunion) préfèrent les chats aux chiens.

Ce long-métrage est une belle réussite des studios Dreamworks, imaginatif et bien réalisé visuellement. Tout le monde y trouvera son compte, que ce soit les inconditionnels des voyages dans le temps, ou celles et ceux qui seront sensibles à la relation touchante entre M. Peabody et Sherman.

Sherman et Peabody_2