[Critique et analyse] En avant de Dan Scalon – Studios Pixar

En avant affiche du film

Un nouveau Pixar original, c’est toujours un évènement très attendu. Et il est enfin arrivé ! Après plusieurs suite (« Les indestructibles 2 », « Toy Story 4 » l’année dernière…), on disait les studios californiens à bout de souffle… Pourtant, « Toy Story 4 » a gagné la statuette tant convoitée, l’Oscar du meilleur film d’animation ! Si certains se demandaient encore où allaient les studios Pixar, nous avons la réponse… « En avant » !

Genre : Film d’animation. Sorti en 2020.

Durée : 1h43.

Réalisation par Dan Scanlon.

Scénario par Dan Scanlon et C. S. Anderson.

Musique : Jeff Danna et Mychael Danna.

Société de production : Pixar Animation Studios et Walt Disney Pictures.

Avec les voix françaises de Thomas Solivérès (Ian Lightfoot), Pio Marmaï (Barley Lightfoot), Juliette Degenne (Laurel Lightfoot, la mère de Ian et Barley), Maïk Darah (Corey la Manticore), Gilles Morvan (officier Colt Bronco le policier centaure), Alexis Victor (Wilden Lightfoot), Guillaume Lebon (Gaxton, l’ami d’enfance de Wilden).

Ian En avant Pixar

Synopsis : Ian et Barley Lightfoot ont perdu leur père très tôt. Ils habitent une ville de banlieue peuplée de créatures fantastiques (elfes, trolls, lutins ou encore licornes), mais dont la magie ancestrale a peu à peu disparu. Les deux jeunes frères partent à sa recherche à bord de leur van Guinevere, dans l’espoir de passer un dernier jour avec leur père.

Ma vision du film :

Désormais, lorsque l’on pense Pixar, on pense excellence, c’est presque devenu un « label », un gage de qualité. On en attend toujours plus que précédemment, toujours mieux. C’est ainsi que « En avant » et « Soul », les deux derniers films originaux annoncés à sortir cette année (mars et juin pour « Soul »), sont très attendus.

Extrait du film En avant Pixar mars 2020

Alors, qu’en est-il du 22ème long métrage des studios à la lampe ? Pixar est allé lorgner du côté de la fantasy, en nous proposant un monde peuplé d’elfes, de licornes… Pourtant aujourd’hui aux oubliettes, la vie moderne ayant pris le pas sur le monde du rêve. Ian et Barley, deux frères adolescents, ont perdu leur père il y a de ça plusieurs années. Ayant la possibilité de le faire revenir le temps d’une journée pour passer du temps avec lui, le sortilège n’ayant fonctionné qu’à moitié (Ian était débutant en magie), seulement les jambes de leur père sont apparues. Dans une course contre la montre avant le coucher du soleil pour pouvoir faire apparaitre entièrement leur défunt paternel, la folle aventure va se révéler semée d’embûches.

À mon sens, « En avant » est le Pixar où le suspense est le plus présent. Du début à la fin, cette urgence ne m’a personnellement pas quittée.

Des personnages attachants, toujours ce savant mélange où l’humour ne laisse jamais bien longtemps l’émotion s’installer jusqu’à être complètement « plombés ». Cela a toujours été le point fort de Pixar : tout est toujours savamment dosé.

En avant extrait du film

Chez Pixar, on a beau être super héros, elfes, champion automobile, robot, dinosaure… Nous avons tous nos failles, nos faiblesses. Ici, Ian et Barley grandissent, se construisent avec le manque du père et ce manque les rend touchants. Leur mère qui les porte à bout de bras, aussi. La complicité entre frères est aussi très importante dans le film, Ian avançant dans la vie avec l’image de son frère comme exemple, comme modèle, et se rendra compte de cette importance d’avoir son frère à ses côtés, malgré qu’il le trouve « encombrant » et « loser » certains jours.

[Attention spoiler] Ian ayant écrit une liste des choses qu’il aimerait faire avec son père en cette journée spéciale (qui est aussi celle de son anniversaire), il se rend compte que toutes ces choses, il les a déjà vécues. Et notamment, avec son frère. [Fin du spoiler]. Doit-on attendre que l’instant soit parfait pour vivre de beaux moments ? (ici, que le père soit « entièrement » présent physiquement ?). C’est aussi un des messages que le film fait passer. Profiter de l’ici et maintenant, car le moment présent est précieux.

En avant Barley

[Attention spoiler] Et Ian, lors d’une scène où il avancera entre deux falaises en n’étant plus tenu par la corde, n’avancera au-dessus du vide que parce qu’il croit en chacun de ses pas, après qu’un sort ait été lancé par les deux frères. Il avance, seulement par la volonté de chaque pas qu’il fait. [Fin du spoiler].

Au niveau du graphisme, en ayant vu les premières images avant la sortie du film, on se demandait si la qualité serait moins au rendez-vous. Même si cette dernière est moins poussée que sur certains autres Pixar (« Wall-E », « Coco »…), cela n’entache pas le plaisir que l’on prend à suivre les aventures de la famille Lightfoot.

« En avant » est encore une belle surprise des studios Pixar. Je pense qu’il fait désormais partie de mon top 5, mais à force de vouloir faire rentrer la quasi-totalité des Pixar dans mon top 5, cela va finir par craquer ! Je suis tout de même plus sensible à cet univers qu’à celui de « Coco », que j’avais néanmoins beaucoup apprécié également. J’ai désormais hâte de pouvoir visionner « Soul » dans quelques mois ! Pixar est toujours plein de surprises, 25 ans après ses débuts.

En avant Pixar mars 2020 extrait du film

Les 2 ans de Rêves Animés

Image article 2 ans de Rêves Animés

Me voici de retour avec l’article anniversaire du blog, que j’ai hésité à publier. Je le fais donc avec un peu de retard, puisque Rêves Animés a fêté ses 2 ans mi-février.

Et oui ! Deux ans déjà ! Deux ans déjà que j’essaie de partager au mieux ma passion du cinéma avec vous. Tenir un blog est un travail de longue haleine, et malgré ma passion dévorante du cinéma (mais aussi du théâtre, de la musique, du dessin…), garder une motivation constante est parfois difficile.

Après une montée en puissance du nombre de visiteurs en milieu d’année dernière, le blog a connu une descente dont j’ai essayé de comprendre les raisons…. Il est parfois difficile de garder la motivation d’écrire quand l’on pense ne pas être beaucoup lue ni suivie. Néanmoins, j’essaie de continuer à garder la flamme.

Anniversaire les 2 ans de Rêves Animés

Car malgré tout, je remercie mon noyau de fidèles lecteurs qui sont toujours là. Merci ! Quel bonheur également quand parfois, j’ouvre ma boite mail et que j’ouvre des mails très touchants qui me poussent à continuer. Comme cette lectrice, qui se reconnaitra si elle lit cet article, qui m’a envoyé un mail très touchant après la sortie de « L’extraordinaire voyage de Marona ». Je remercie les personnes qui prennent le temps d’appuyer sur « J’aime », de m’écrire un petit commentaire ou un mail.

Après avoir fait des plans sur la comète, des projets d’article que je n’ai pas forcément tenus depuis l’année dernière, je préfère ne plus me « mettre la pression » et faire selon mon feeling, la sortie de films et surtout à l’intuition et à l’envie.

À ce jour, en comptant celui-ci, j’ai écrit 140 articles sur le blog, avec une moyenne d’un article par semaine quand je le peux.

Voilà ! Un article bref, concis, mais je voulais tout de même prendre le temps de souhaiter joyeux anniversaire à Rêves Animés, et tout comme l’année dernière, encore, remercier les fidèles lecteurs, les abonnés de la première heure, les nouveaux venus, les lecteurs de passage, celles et ceux qui prennent le temps de me lire. Merci de me lire et de me suivre.

Élodie, créatrice et auteure du blog Rêves Animés.

Illustration article les 2 ans de Rêves Animés

[Critique et analyse] Un peu, beaucoup, aveuglément de Clovis Cornillac (2015)

Affiche Un peu, beaucoup, aveuglément

Pour son premier essai en tant que réalisateur, après des années de carrière en tant que comédien, Clovis Cornillac met en scène « Un peu, beaucoup, aveuglément », d’après une idée originale de sa compagne à la ville, Lilou Fogli (qui joue également dans le film). Une comédie romantique qui change un peu des classiques du genre, ça fait du bien, surtout en France.

Genre : Comédie romantique. Durée : 1h31.

Sorti en 2015.

Réalisation par Clovis Cornillac.

Scénario par Lilou Fogli, Clovis Cornillac, Tristan Schulmann et la collaboration de Mathieu Oullion d’après une idée originale de Lilou Fogli.

Musique : Guillaume Roussel.

Société de production : Cine Nomine, Chaocorp Films, Fair Play Production, Monkey Pack Films, Orange studio et Vamonos Films.

Société de distribution : Paramount Pictures France et Orange studio.

Avec Clovis Cornillac (Machin), Mélanie Bernier (Machine), Lilou Fogli (Charlotte, la sœur de Machine), Philippe Duquesne (Artus, le meilleur ami de Machin), Grégoire Oestermann (Evguenie), Oscar Copp (Dan), Manu Payet (le caissier de chez Picard), Boris Terral (l’inconnu italien), Arnaud Lechien (Paul).

Machine Mélanie Bernier dans Un peu, beaucoup, aveuglément

Synopsis : Lui est inventeur de casse-têtes. Investi corps et âme dans son travail, il ne peut se concentrer que dans le silence. Elle est une pianiste accomplie et ne peut vivre sans musique. Elle doit préparer un concours qui pourrait changer sa vie. Ils vont devoir cohabiter sans se voir…

Ma vision du film :

« Un peu, beaucoup, aveuglément » est un film qui aurait pu figurer en bonne place dans mon article Des comédies romantiques pas comme les autres. Pour son premier film en tant que réalisateur, Clovis Cornillac, d’après l’idée originale de sa compagne Lilou Fogli : un inventeur bougon, dont l’un des murs de son appartement est très mal insonorisé, fait tout pour que l’appartement d’à côté ne soit pas loué. Malgré tout ses efforts, il finira par l’être par une jeune pianiste préparant un concours.  On ne connaitra jamais leurs prénoms, puisqu’ils s’appelleront « machin » et « machine » durant tout le film.

Un peu, beaucoup, aveuglément scène du film

Machin et Machine vont tenter de « cohabiter » tant bien que mal en mettant en place un emploi du temps, vont se parler à travers le mur, et des liens vont finir par se créer. Une histoire va naître « intra-muros » : nous aurons droit à des quiproquos, des comiques de situation bien senties. Ils partageront leur quotidien comme n’importe quel couple, sauf qu’eux ne se sont jamais vus.

Certains auraient voulu déménager ou trouver une solution pour insonoriser les appartements au mieux. Machin et machine s’en accommoderont et finiront par faire de ce mur un lien, un « trait d’union », alors qu’au départ ils ne pouvaient se supporter l’un et l’autre.

Un peu, beaucoup, aveuglément extrait du film

Machin vivait reclu, machine est une jeune femme quelque peu « coincée », dont le potentiel est étouffé sous la coupe d’Evguenie, dont on ne sait pas vraiment s’il est son père, ou autre membre de son entourage… Mais dont on sait qu’il a une mauvaise influence sur elle.

[Attention spoilers] L’un et l’autre ont leurs raisons d’être comme ils sont. On comprend vers la fin du film que l’épouse de Machin est décédé il y a de cela sept ans et qu’il s’est réfugié, voire enfermé dans le travail. Machine garde la tête dans le guidon en vue de préparer son concours, donne des cours pour gagner sa vie, mais est sous la coupe d’Evguenie. [Fin des spoilers]. Machin va apprendre à Machine de se libérer de ses carcans, Machine va apporter à Machin de la fantaisie, une touche de douceur féminine. Ils vont chacun s’apporter ce qu’il manque à l’autre, tout ça juste en parlant, sans jamais se voir…

Machin Clovis Cornillac dans Un peu, beaucoup, aveuglément

Certaines scènes retiendront notre attention, [Attention spoilers] comme celle du repas à quatre avec le mur entre les convives, ou encore celle où Machine se « lâche » au piano sous les conseils de Machin [Fin des spoilers]. J’ai été surprise de ne pas voir à ce point le temps passer, de vouloir suivre à chaque scène ce qu’il se passerait à celle d’après. « Un peu, beaucoup, aveuglément » n’est certes pas un chef d’œuvre du genre (et encore, peut-être l’est-il pour certains spectateurs, cela est subjectif), mais il est assez différent des comédies romantiques que l’on peut voir habituellement. Certes, on se doute de la fin qui est sans doute « cousue » de fil blanc, tout comme l’on peut connaitre la fin de beaucoup de choses dans la vie. Mais le plus important est le chemin pris pour en arriver à cette fin.

Chacun verra en « Un peu, beaucoup, aveuglément » ce qu’il veut y voir : une énième comédie romantique (quoi qu’en France, on en voit de moins en moins je trouve !) mignonne, ou un film qui change un peu de l’ordinaire. Je préfère retenir cette deuxième option, puisqu’il m’a marqué assez pour que je pense m’en souvenir un bon moment et pour avoir l’envie de vous le faire partager aujourd’hui.

Scène du film Un peu, beaucoup, aveuglément