« Zoom » actrice : Elle Fanning

Elle Fanning dans Un jour de pluie à New York de Woody Allen

Elle Fanning fait partie de ces enfants « nés » pour briller. À tout juste 21 ans, elle a déjà une petite carrière derrière elle (elle tournait dans son premier film à 2 ans !) et fut la plus jeune membre du jury au dernier Festival de Cannes. Dans la famille, on est nés pour jouer : sa sœur, Dakota Fanning, est elle aussi actrice. Talentueuse, fraiche, spontanée, passionnée et toujours souriante, elle a toutes les qualités pour devenir une grande et avoir une longue et belle carrière. Portrait d’une jeune comédienne très prometteuse.

Nom de naissance : Mary Elle Fanning

Née le 9 avril 1998 à Conyers, Etats-Unis

Films les plus célèbres : « Super 8 », « Nouveau départ », « The Neon Demon », « Malefique », « Teen Spirit », « Un jour de pluie à New-York »

Récompenses notables : Actrice de l’année dans une comédie dramatique pour « Somewhere » (2010) à la 12e cérémonie des Young Hollywood Awards 2011 ; Lauréate du Prix Spotlight dans un thriller de science-fiction pour « Super 8 » (2011) au Festival du film de Hollywood en 2011 ; Meilleure révélation devant la caméra dans un thriller de science-fiction pour « Super 8 »(2011) à la 12e cérémonie des Phoenix Film Critics Society Awards 2011 ; Meilleure personnage d’animation dans une comédie d’animation pour « Les Boxtrolls » (2014) à la 11e cérémonie des Women Film Critics Circle Awards 2014.

The Neon Demon Elle Fanning

J’ai découvert Elle Fanning l’année dernière dans « Super 8 » de J.J. Abrams. Elle avait 13 ans au moment de la sortie du film. Elle crevait déjà l’écran, au milieu de tous ces garçons préados de cinéma étonnamment bien sages. Un naturel, une spontanéité, une fraicheur, qui ne se dément toujours pas aujourd’hui, à seulement 21 ans et quelques 50 métrages (au cinéma et à la télévision) derrière elle. La plus jeune jurée du festival de Cannes. Elle a tourné dans les films de Woody Allen, Sofia Coppola, et aux côtés des plus grands : Scarlett Johansson, Matt Damon, Angelina Jolie et j’en passe…

Un visage mutin, un sourire toujours présent, une aura qui nous fait penser, comme Woody Allen, qui l’a dirigé dans « Un jour de pluie à New York », sorti le mois dernier, que « si elle continue à bien choisir ses rôles, elle aura une carrière formidable ».

Elle Fanning dans Super 8

Jouant dans des films grand public (comme « Super 8 » donc mais aussi « Nouveau Départ », mais se mettant aussi en danger, comme dans « The Neon Demon », sorti en 2016, où elle incarne une jeune fille prête à tout pour devenir mannequin, dans un milieu impitoyable fait de coups bas et de jalousies. Mais aussi dans « Teen Spirit », sorti l’été dernier, où l’on suit au plus près de Violet, son personnage, l’ascension qui la mènera à gagner un célèbre télé-crochet en Angleterre, alors qu’elle mène une vie dure sur sa petite île, aidant sa mère à la ferme tout en travaillant pour faire bouillir la marmite et en allant au lycée. Elle chante elle-même dans le film, et plutôt très bien en plus !

Elle Fanning dans The Neon Demon

Car Elle Fanning ne prend jamais un rôle à la légère. Quand on voit son personnage de Violet dans « Teen Spirit », qui écoute de la musique tout en osant croire à devenir une vedette de la chanson, on y croit. Elle se donne corps et âme, si bien qu’on se prend au jeu de la suivre tout au long de son parcours dans le télé-crochet. La scène m’ayant marqué où on la suit dans ce couloir, moment paraissant interminable où on s’imagine à sa place, le son sourd autour de soi, dans ce moment incroyable où elle s’apprête à rentrer sur scène lors de la finale. Son regard déterminé autant que terrifié est troublant.

Devenue égérie L’Oréal il y a peu, tout en ne faisant aucun mystère des raisons de son malaise lors du dernier festival de Cannes (« « Oups, j’ai eu un étourdissement ce soir dans ma robe de bal Prada des années 50, mais tout va bien !! » #robetropserrée #momentdumois déclarait-elle sur Instagram), c’est tout ce qui plaît chez Elle Fanning : une beauté ni froide ni guindée, un naturel à toute épreuve d’une jeune femme de 21 ans ne se prenant pas pour une star et pas gênée de parler des quelques « aléas » du métier et des petits tracas d’une jeune femme normale…

Elle Fanning dans Teen Spirit

Une jeune femme normale ayant vécu sous les projecteurs depuis sa plus tendre enfance, mais cela ne l’a jamais perturbé plus que cela : « Je suis issue d’une famille de sportifs. Ma mère pensait que ma sœur Dakota et moi deviendrions des joueuses de tennis professionnel. Ce n’est pas arrivé. C’est ma sœur qui m’a ouvert le chemin. J’ai tourné dans mon premier film à l’âge d’un an et demi. Je jouais Dakota bébé, lors d’un flash-back, dans Sam, je suis Sam. On peut donc dire que j’ai grandi dans cette industrie, et, de fait, elle ne me fait pas peur. De plus, je vis toujours dans le cocon rassurant de la maison de mes parents, qui me soutiennent à chaque instant. Ma scolarité a été assez normale, et mes amis ne sont pas tous dans le business : non, je n’ai pas l’impression d’avoir loupé mon enfance. », a-t-elle déclaré lors d’une interview.

Tout comme certain(e)s jeunes acteurs(trices), les réalisateurs les apprécient pour leur amour du métier intact et le fait qu’ils/elles ne soient pas encore blasé(e)s. Espérons qu’Elle garde cette fraicheur intacte encore de nombreuses années, et qu’elle nous fasse encore profiter longtemps de son talent déjà bien présent, qui ne pourra que s’étoffer davantage avec le temps… C’est encore elle qui en parle le mieux (toujours pour Madame Le Figaro) : « J’aime les challenges. Bien sûr, par la suite, j’aimerais jouer des personnages qui sont les plus éloignés possibles de moi. Devenir une bonne actrice, c’est énormément de travail et d’engagement, et j’ai encore beaucoup à apprendre. Je ne travaille pas avec un coach, je préfère laisser parler mon instinct et mon imagination plutôt que d’intellectualiser les choses. Je veux garder ma part d’enfance. Les grandes actrices ont ça, je crois. Meryl Streep, notamment. »

Elle Fanning The Neon Demon

[Critique et analyse du film] « Tous en scène » de Garth Jennings (Illumination Entertainment, 2016)

Affiche Tous en scène« Tous en scène », film d’animation concentré de bonne humeur et de délire, qui rappelle à certain(e)s la même folie douce, le même humour et l’anthropomorphisme exacerbé que « Zootopie » de Disney (sorti la même année), fut une véritable bouffée d’air frais lorsque je l’ai visionné, il y a de cela quelques semaines. Si certains pensent que certains films d’animation se suivent et se ressemblent, pour ma part le bonheur d’en voir est toujours présent et me ramène à la fraicheur et à l’insouciance de l’enfance, tout en voyant des personnages faire face aux mêmes problématiques que des êtres humains adultes.

Sorti en 2016.

Genre : Film d’animation. Durée : 1h48.

Réalisation et scénario par Garth Jennings.

Direction animation : Pierre Leduc et Patrick Delage.

Musique : Joby Talbot.

Société de production : Illumination Entertainment.

Distribution : Universal Pictures.

Extrait film Tous en scène

Avec les voix françaises de Patrick Bruel (Buster Moon), Gary Francq (Mademoiselle Crawley), Jenifer (Rosita), Vincent Ropion (Mike), Mark Lesser (Essie), Élodie Martelet (Ash), Sacha Perez (Johnny), Laurent Gerra (Günther), Chloé Renaud (Meena), Frédéric Souterelle (le père de Johnny), Marie-Madeleine Burguet-Le Doze (la mère de Meena), Benoît Allemane (le grand-père de Meena), Colette Marie (la grand-mère de Meena).

Synopsis : Buster Moon est un élégant koala qui dirige un grand théâtre, jadis illustre, mais aujourd’hui tombé en désuétude. Buster est un éternel optimiste, un peu bougon, qui aime son précieux théâtre au-delà de tout et serait prêt à tout pour le sauver. C’est alors qu’il trouve une chance en or pour redorer son blason tout en évitant la destruction de ses rêves et de toutes ses ambitions: une compétition mondiale de chant. Cinq candidats sont retenus pour ce défi: Une souris aussi séduisante que malhonnête, un jeune éléphant timide dévoré par le trac, une truie mère de famille débordée par ses 25 marcassins, un jeune gorille délinquant qui ne cherche qu’à échapper à sa famille, et une porc épic punk qui peine à se débarrasser de son petit ami à l’égo surdimensionné pour faire une carrière solo. Tout ce petit monde va venir chercher sur la scène de Buster l’opportunité qui pourra changer leur vie à jamais.

Mike la souris Tous en scène

Ma vision du film :

Je suis de retour cette semaine avec un film d’animation musical positif, plein de bonne humeur et aux personnages attachants : « Tous en scène ». L’anthropomorphisme tourne ici à pleins tubes : tous ont une vie, un travail, une famille, des problèmes, tout comme nous… Mais la différence est que, transposé sur des animaux de fiction, tout devient plus comique et savoureux dans des situations qui ne dérideraient pas les spectateurs s’ils touchaient des humains dans un film en PVR.

L’histoire de Buster Moon, très attachant koala gérant d’un théâtre étant toute sa vie, traverse une période difficile : son théâtre est en difficultés financières, peinant à se renouveler. Il trouve alors une idée qui pourrait le sortir de ses problèmes : un concours de chant, avec un prix à la clé pour le gagnant. [Attention spoiler] Sa dévouée mais néanmoins dépassée (et âgée) assistante au flegme bien anglais, Mademoiselle Crawley, a laissé son doigt appuyé sur la touche du 0 sur son clavier, faisant passer le lot de 1000 à 100 000 $ (que Moon est bien loin de posséder !) sur les tracts de promotion du concours. De là les aventures cocasses ne vont pas tarder à venir assombrir l’avenir du théâtre de Moon… [Fin du spoiler].

Tous en scène Johnny

Car l’amour de Moon pour le théâtre ne date pas d’hier. Son père l’ayant emmené à une représentation théâtrale lorsqu’il était enfant, il en est aussitôt tombé amoureux. Son rêve, alors, fut d’avoir son théâtre : son père (aujourd’hui décédé) a dès lors travaillé dur afin de réaliser le rêve de son fiston, lavant des voitures dans un car wash. Travailler dur pour obtenir ce que l’on veut et réaliser ses rêves : cela ne va pas de soi, même pour des animaux !

Les candidats au concours de chant affluant au théâtre de Moon viennent tous avec leurs espoirs, leurs rêves mais aussi leur passif, leur quotidien pas toujours fringuant : Meena a peur de  chanter sur scène et son trac irrépressible l’empêche de vivre sa passion ;  Johnny se sent « bloqué » par son père et son gang de « voyous » ; Rosita est maman de 25 cochonnets, un mari qui ne l’écoute et ne la regarde plus, elle est ce qu’on peut appeler une « desperate housewife »; Ash porc-épic rockeuse au fort caractère, se fait tromper par son petit ami… Et personnage haut en couleur malgré sa petite taille, Mike, souris jazzman de talent qui n’a pas la langue dans sa poche, rêve de toucher le pactole afin d’offrir la grande vie à sa prétendante ! Tous veulent donc participer pour différentes raisons : fuir un quotidien morne de mère au foyer, se révéler et se surprendre soi-même, gagner l’argent du prix… (présentation des personnages du film ICI).

Tous en scène Ash sur scène

Tout ce petit monde va devoir apprendre à dépasser ses peurs, s’entendre et former un groupe, jusqu’au jour où ils découvriront la vérité. Loin de se laisser gagner par leur rancœur vis-à-vis de Moon, ils feront tout pour l’aider.

Tout comme beaucoup de films d’animation avant lui, en plus d’être un concentré de bonne humeur qui donne le sourire, il met en avant des valeurs positives : persévérance, passion, confiance et estime de soi, amitié, entraide, courage…

Mais « Tous en scène » est aussi un film musical à la B.O. survitaminée, jalonnée de tubes connus ou originaux créés tout spécialement pour le film, notamment la chanson interprétée par Ash.

Une suite est prévue pour 2021. En effet, la fin reste ouverte et l’on peut se demander ce que va devenir cette joyeuse troupe et le théâtre de Moon. En espérant que les prochaines aventures de notre petite troupe soient aussi réussies que celles du premier opus, et que l’on ne tire pas trop sur la corde des suites comme ce fut le cas d’autres studios d’animation.

« Tous en scène » est un film d’animation réussi, aux personnages attachants (j’ai beaucoup apprécié Moon, Johnny et Mike pour ma part), à la bonne humeur contagieuse (de par sa musique entrainante notamment), communiquant des valeurs positives, à faire partager aux plus jeunes dans une époque de pessimisme ambiant. Une réussite !

Tous en scène une partie du groupe

[Critique et analyse] Ad Astra de James Gray (2019)

Affiche Ad Astra

« Ad Astra » est le film évènement de la rentrée, beaucoup de spectateurs étant curieux de voir Brad Pitt en astronaute. Pour ma part, c’est le premier film que je visionne avec l’acteur à l’affiche ! Et si la justesse de son jeu, tout en intériorité, semble faire l’unanimité (que j’ai apprécié également par ailleurs), certaines scènes m’ont fait ressentir un sentiment mitigé concernant le long-métrage de James Gray.

Genre : Science-fiction, thriller. Durée : 2h04

Sorti en 2019.

Réalisation par James Gray.

Scénario par James Gray et Ethan Gross.

Musique : Max Richter et Lorne Balfe.

Société de production : 20th Century Fox, Regency Enterprises, Plan B Entertainment, Bona Film Group, RT Features, Keep Your Head Productions et MadRiver Pictures

Sociétés de distribution : Walt Disney Studios Distribution (États-Unis), 20th Century Fox France (France).

Avec Brad Pitt (Roy McBride), Tommy Lee Jones (Clifford McBride), Ruth Negga (Helen Lantos), Liv Tyler (Eve McBride, la compagne de Roy), Donald Sutherland (le colonel Pruitt), Jamie Kennedy (Peter Bello), Donnie Keshawarz (la capitaine Lawrence Tanner).

Ad Astra extrait poursuite sur la Lune

Synopsis L’astronaute Roy McBride s’aventure jusqu’aux confins du système solaire à la recherche de son père disparu et pour résoudre un mystère qui menace la survie de notre planète. Lors de son voyage, il sera confronté à des révélations mettant en cause la nature même de l’existence humaine, et notre place dans l’univers.

ATTENTION CERTAINES SCÈNES PEUVENT CHOQUER LES SPECTATEURS PLUS SENSIBLES

Ma vision du film :

Dès les premières scènes du film « Ad Astra », on plonge dans le spectaculaire, et nous n’en sortirons plus jusqu’à la fin du film. Brad Pitt incarne Roy McBride, un astronaute respecté mais resté surtout dans l’ombre de son « héros » de père, Clifford McBride. Ce dernier a dédié sa vie entière à son métier, et au projet Lima visant à établir une base sur Neptune et à rechercher toute forme de vie extraterrestre… Des surtensions venant a priori de Neptune mettant la vie des Terriens en danger, Roy va devoir partir à la recherche de son père et les découvertes qu’il va faire « en chemin » vont ébranler l’équilibre mental et psychologique de Roy…

Extrait première scène d'Ad Astra

Et le pari de James Gray pour son long-métrage fut d’équilibrer images spectaculaires, et plongée dans l’intériorité de Roy, que l’on « entend penser » très souvent (en voix-off) durant le film. Solitude, doutes sur le fait d’avoir été trop froid, distant avec ses proches, sa compagne (Liv Tyler) l’ayant quitté, souvenirs d’enfance avec ses parents… N’ayant jamais vu auparavant de film avec Brad Pitt, je n’ai donc aucun élément de comparaison concernant certains autres de ses rôles, mais sa prestation est digne de la complexité d’un tel long-métrage où froideur et distance sont souvent de mise (« Gravity », « First Man » plus récemment…), et en ce sens « Ad Astra » ne déroge pas à la règle. À mon sens, et parmi les films que j’ai déjà vus se déroulant dans l’espace, seul « Seul sur Mars » avait réussi à injecter un peu de chaleur humaine et d’humour par le biais de son interprète principal, Matt Damon. Et « Ad Astra » s’il relève du genre science-fiction, est aussi un thriller psychologique intense.

Roy McBride Ad Astra

Et au regard des obstacles éprouvés par Roy tout au long de l’aventure, on se dit que certaines autres conquêtes spatiales cinématographiques pourraient passer, à côté d’ « Ad Astra », pour un épisode de « L’ile aux enfants ». Certaines scènes sont très dures [Attention spoiler] la scène où l’équipage va secourir un vaisseau qui a lancé un mayday, avec les singes affolés et devenant fous notamment) [Fin du spoiler] et pour ma part, pourtant habituée des films de science-fiction, j’ai été parfois choquée de ce que j’ai pu voir. Le film n’ayant pas vocation à être un « film d’horreur », il aurait été opportun de suggérer plutôt que de montrer durant de longues secondes. Mais sans doute d’autres ne seront-ils pas de mon avis, et c’est en cela que l’interprétation que l’on fait d’un long-métrage peut être subjective d’un individu à l’autre.

Chose intéressante également dans le film de James Gray, c’est le portrait qu’il brosse des humains ayant « colonisé » une partie de la Lune pour en faire une copie d’une société de consommation identique à la Terre : [Attention spoilers] merchandising et goodies souvenirs  sont à rapporter sur Terre, où désormais les vols commerciaux vers la Lune sont devenus fréquents. Pirates dans les zones non colonisées de la Lune sont sans foi ni loi. [Fin des spoilers] L’être humain n’apprendra donc t-il jamais de ses erreurs passées ? De telles scènes font froid dans le dos et font se demander si de telles choses pourraient devenir réelles à l’avenir… D’autres films de science-fiction, même d’animation, notamment « Wall-E » d’Andrew Stanton (studios Pixar), ont déjà traité de ce sujet, de manière intelligente et poétique.

Reflet lune dans le casque de Roy McBride AdAstra

Autre question intéressante soulevée par « Ad Astra », est donc la sempiternelle croyance aux autres formes de vie extraterrestre, quête d’une vie pour le père de Roy considéré comme un héros national, Clifford McBride. Au terme de ses presque 20 ans de « vie » dans son vaisseau près de Neptune, cette recherche est devenue viscérale, le menant tout droit à l’asociabilité, voire à la folie. [Attention spoiler] Lorsque, vers la fin du film, Roy retrouve son père, celui-ci n’a aucun état d’âme à lui dire que ni son fils ni son épousé ne lui ont manqué. [Fin du spoiler] On voit une larme couler sous le casque de Roy, et la scène qui va suivre va ébranler ses certitudes quant à l’avenir.

Mais cette « rencontre » avec son père va permettre à Roy d’avancer et d’enfin lui permettre de se rendre compte des choses essentielles de la vie : l’importance d’avoir une vie sociale, l’amour, profiter des choses simples, de ses proches… choses qu’il s’était « interdit » (inconsciemment ou non) jusqu’à présent. Conscient des erreurs commises par son père et déterminé à ne pas les reproduire, il va reprendre le chemin qui est bon pour lui. Au fond, le spectaculaire et la mission que Roy doit mener à bien pour sauver la Terre n’est encore une fois qu’un « prétexte » à une morale bien sentie.

Ad Astra Brad Pitt est Roy McBride

C’est la grande force du film de James Gray : suivre Roy tout du long dans son cheminement intérieur, jusqu’à la fin où cette « morale », les mots prononcés par Roy résonnent en nous et trouvent un écho. En ferons-nous quelque chose, de cette morale ? C’est à chacun d’en décider… Car au risque de me répéter, le cinéma c’est aussi et surtout ça : s’émerveiller tout en faisant prendre conscience.

« Ad Astra » deviendra certainement un classique du genre, et ce sera certainement mérité. Le jeu tout en intériorité et en justesse de Brad Pitt, les images spectaculaires de l’espace, de la Lune, de Neptune, les scènes intenses évitant tout temps mort, ne laissent déjà, quelques jours après sa sortie, les spectateurs et critiques indifférents. J’ai apprécié « Ad Astra » pour toutes ses qualités mentionnées plus haut, mais il m’a laissé un sentiment mitigé de par certaines scènes que j’ai trouvées assez dures.

Extrait Ad Astra Brad Pitt