[Critique et analyse] Roxane de Mélanie Auffret (2019)

Affiche film Roxane

Un agriculteur, producteur d’œufs bio en Bretagne, se bat pour sauver son exploitation en enregistrant des vidéos où il déclame des tirades de Cyrano, Sacha Guitry à ses poules en demande… Féru de littérature et de théâtre depuis l’enfance, sans le dire à son entourage, il va néanmoins ne pas avoir peur du ridicule et tenter le tout pour le tout. Après tout, se voit-il vivre sans ses poules et sa Roxane adorées ? Un premier film épatant et plein de promesses pour la carrière de la jeune réalisatrice de 28 ans, Mélanie Auffret.

Genre : comédie. Sorti le 12 juin 2019.

Durée : 1h25.

Réalisation par Mélanie Auffret.

Scénario par Mélanie Auffret et Michaël Souhaité.

Musique : Gaëtan Roussel.

Sociétés de production : Quad Films.

Société de distributions : Mars Films, TF1 Studio.

Avec Guillaume de Tonquédec (Raymond), Léa Drucker (Anne-Marie), Lionel Abelanski (Poupou), Kate Duchêne (Wendy), Michel Jonasz (Kerborgne), Jean-Yves Lafesse (Olivier), Liliane Rovère (Tante Simone).

Raymond et Roxane film 2019

Synopsis : Toujours accompagné de sa fidèle poule Roxane, Raymond, petit producteur d’œufs bio en centre Bretagne, a un secret bien gardé pour rendre ses poules heureuses : leur déclamer les tirades de Cyrano de Bergerac. Mais face à la pression et aux prix imbattables des grands concurrents industriels, sa petite exploitation est menacée. Il va avoir une idée aussi folle qu’incroyable pour tenter de sauver sa ferme, sa famille et son couple : faire le buzz sur Internet.

Ma vision du film :

Si certains s’inquiètent de la santé du cinéma français, ils feraient mieux de s’y intéresser un peu plus et de voir plus loin que certaines comédies au succès facile… sans jugement aucun de ma part néanmoins. Étant désormais au milieu d’année 2019, nous avons déjà quelques pépites : « L’incroyable histoire du facteur Cheval » en janvier, « Mon inconnue » sorti en avril, « Roxane » ce mois-ci, et sûrement d’autres passés à travers ma lorgnette de cinéphile…

Mélanie Auffret, jeune réalisatrice de 28 ans, prouve qu’elle a un avenir prometteur devant elle, et signe un premier long-métrage en tant que jeune femme s’intéressant au métier d’agriculteur et à son quotidien rude, ses difficultés poussant certains jusqu’au suicide (le beau-frère de Raymond, surnommé « Poupou », dans le film). Ici ni pathos, ni voyeurisme du malheur, mais plutôt un plaidoyer en faveur de ceux qui nous font vivre en nous nourrissant de leur terre et laissés pour compte de l’État.

Raymond dans Roxane 2019

Guillaume de Tonquédec, incarnant Raymond, le personnage principal du film, aux côtés de la désormais célèbre Roxane (surnommée à juste titre « Roxstar » par Poupou), est comme un « coq en pattes » dans la peau de cet agriculteur attaché à ses poules, et notamment à Roxane, sa poule favorite qu’il emmène partout avec lui. Il incarne un homme touchant, en homme féru de théâtre depuis l’adolescence, le cachant depuis son plus jeune âge à son entourage, et pense de façon naïve comme pourraient le penser certains (pour sa femme surtout), que des vidéos sur Internet pourraient sauver sa ferme (faire le buzz, prononcé dans le film « buzz » avec un « u » à la française par sa tante Simone, qui lui a soufflé l’idée).

Car si le film traite habilement de la dure vie d’agriculteur, il met aussi en lumière la difficulté de compréhension et d’écoute de l’entourage : le fils qui ne pense qu’à la honte que son père « lui a mise » à l’école, sa femme Anne-Marie qui voudrait qu’il parle (davantage) mais qui le juge dès que Raymond tente de défendre sa passion, et son idée afin de sauver sa ferme mais aussi et surtout, ses poules.

Scène du film Roxane 2019

Les plus belles scènes du film sont les moments de complicité entre Raymond et ses poules, notamment lorsqu’il leur « fait la lecture ». Et pour la petite anecdote mignonne et sympa, Guillaume de Tonquédec a dit dans une interview pour « Télé 7 Jours » s’être tant attaché à Roxane dans la vie, qu’il souhaiterait si possible l’adopter !

Également, les scènes où Raymond prend des cours de théâtre avec sa voisine anglaise, ex-professeur de français, notamment celle où cette dernière, personnage haut en couleur important du film, déclame le texte de Sacha Guitry, sont très émouvantes et prenantes : j’étais littéralement comme « happée » lors de certaines scènes, prise dans leurs monologues respectifs.

À noter la chanson de Gaëtan Roussel, reprise comme thème musical du film, venant souligner et magnifier des moments purs d’émotion. Et les apparitions de Jean-Yves Lafesse et Michel Jonasz.

Roxane et Raymond en vidéo

Il n’y a eu pour ma part, aucun moment d’ennui à suivre ce très beau « Roxane », comme une mascotte qui rappellerait que, si l’on voit surtout le métier d’agriculteur comme trop rude voire impossible à « exercer », certains agriculteurs sont si attachés à leur métier, leurs bêtes, à leur terre, que l’idée même de les perdre les tuerait, en plus du fait d’être endettés, et de se sentir seuls et abandonnés avec leurs difficultés (à l’image de la réplique de Raymond à son épouse Anne-Marie « Je n’ai pas envie de faire autre chose… »).

Depuis quelques années, on voit davantage de films (documentaires ou de fiction), autour des agriculteurs (« Petit paysan », « Normandie nue »…).

Pour son premier film « Roxane », Mélanie Auffret a su bien s’entourer et distiller les émotions dans ce film tantôt mélancolique, tantôt optimiste, qui fait du bien et redonne du baume au cœur. Une ode à la nature, aux animaux et à leur pouvoir « guérisseur », à la persévérance, à l’entraide, au partage, de l’importance d’avoir des passions dans la vie (qui sont bien souvent salvatrices). Mention spéciale à Guillaume de Tonquédec, désarmant de sincérité, et au regard très expressif, et à sa poule Roxanne, première gallinacée star de cinéma : une bonne chose de mettre en avant la poule, animal dont l’intelligence est souvent sous-estimée.

Raymond et Roxane

[Critique et analyse] Une vie de chat (de Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, studios Folimage)

Affiche Une vie de chatCinq ans avant le très réussi « Phantom Boy », les studios Folimage avaient déjà réalisé « Une vie de chat », toujours un dessin animé sous fond d’intrigue policière. L’action se déroule à Paris, décor particulier où on y suit un chat se partageant entre deux familles, la nuit, et finira sans le vouloir, à rapprocher deux êtres aux antipodes l’un de l’autre. Musique jazzy, voix et dialogues de qualité, style d’animation bien reconnaissable : les studios Folimage, situés près de Valence dans la Drôme, sont garants d’une animation française de qualité.

Sorti en 2010. Durée : 1h10.

Genre : dessin animé, polar.

Réalisation par Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli.

Scénario par Alain Gagnol.

Musique : Serge Besset.

Production : Jacques-Rémy Girerd.

Distribution : Gebeka Films (France), Films Distribution (à l’international).

Le chat dans Une vie de chat

Avec les voix de Dominique Blanc (Jeanne), Bruno Salomone (Nico), Oriane Zani (Zoé), Jean Benguigui (Victor Costa), Bernadette Lafont (Claudine), Bernard Bouillon (Lucas), Jacques Ramade (« Monsieur Bébé »).

Synopsis : Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame…

Jeanne et Costa dit le Colosse dans Une vie de chat

Ma vision du film :

Si, dans « Une vie de chat », tout comme dans « Phantom Boy », les situations de départ semblent tristes (ici la petite fille a perdu son père policier tué par Costa, et se retrouve avec sa mère également policière, désormais seule pour élever sa fille et faire face ; dans « Phantom Boy » le petit Léo, 11 ans, se bat courageusement contre la maladie), elles ne plombent jamais vraiment l’ambiance générale du film ; il y a toujours de l’humour, de la musique gaie, des personnages positifs… pour contrebalancer et ne pas déboussoler un public majoritairement composé d’enfants.

Le chat et Zoé Une vie de chat

L’atmosphère particulière de ces films me plaît beaucoup et, dans « Une vie de chat », l’ambiance de Paris la nuit, vue depuis les toits, ce côté mystérieux, et les scènes finales se déroulant sur les toits de Notre-Dame de Paris, comme souvent objet de convoitises et de légendes avec son architecture particulière et ses gargouilles, dont on saisit davantage l’ampleur et la ferveur qu’elle suscite, après l’incendie dramatique qui a frappé l’édifice en avril dernier.

Les films de Folimage ont également cette particularité de donner l’envie de retomber en enfance, même aux adultes les plus réfractaires à se laisser aller, parfois, à oublier dans le tourbillon de la vie pendant cinq minutes, que l’on est justement un enfant dans un corps d’adulte (qui, parmi nous, a choisi de grandir ?), de retrouver le rêve, l’insouciance : leurs longs-métrages sont là pour rêver, imaginer, être dans les nuages, malgré les situations difficiles que traversent les familles dans ces films.

Nico dans Une vie de chat

Comme toujours, les studios Folimage nous proposent un dessin animé (on ne parle pas ici de film d’animation puisque l’on réalise encore chez Folimage des dessins animés « traditionnels », en 2D), un film accrocheur, des personnages très attachants, une ambiance particulière et des dialogues particulièrement soignés. Les studios Folimage apportent toujours un soin particulier au choix des voix pour doubler leurs personnages, ce qui participe beaucoup à la réussite de ces films, dont la voix des adultes et personnages plus âgés contrebalancent avec un graphisme du dessin animé plus « enfantin », qui a également son charme.

Une musique jazzy pour « Une vie de chat » signée Serge Besset, correspondant parfaitement à l’atmosphère noctambule parisienne, sous fond de polar. On peut également entendre ce magnifique thème symphonique enregistré notamment avec l’orchestre philharmonique Bulgare.

Le chat Une vie de chat

« Une vie de chat » prouve une nouvelle fois que l’animation française est de qualité, que beaucoup nous envient (même le géant Pixar s’inspire de certains films d’animation français !). Depuis le début des années 2000, beaucoup d’animateurs français s’exportent à l’étranger et leur savoir-faire n’est plus à prouver ; l’animation française a encore de beaux jours devant elle, et ce malgré un travail encore artisanal en 2D, en aquarelle ou en stop-motion (très peu de studios français travaillent, même de nos jours, en 3D). Je consacrerai prochainement sur le blog un article sur l’animation française.

Nico et le chat sur les toits de Paris dans Une vie de chat

[Affiche, photos et bande-annonce] « En avant », le nouveau Pixar original – Sortie le 4 mars 2020

Affiche en avant Pixar sortie 2020

Après plusieurs suites au compteur (« Cars 3 » en été 2017, « Les Indestructibles 2 » sorti en 2018, le très attendu « Toy Story 4 » sortant en salles le 26 juin prochain), on attendait tous, fans des studios Pixar, un nouveau long-métrage original, après le très réussi « Coco », le dernier en date sorti en novembre 2017. « En avant » sera donc celui-ci, prenant un détour fantastique pour les célèbre studio à la lampe… Sortie prévue en mars 2020. Pour patienter, voici l’affiche, le synopsis, les premières photos et informations. Et bien sûr, la première bande-annonce !

Réalisé par Dan Scanlon. Scénario par Dan Scanlon et C. S. Anderson. Musique par Jeff Danna et Mychael Danna. Sortie en France le 4 mars 2020.

Avec les voix originales de Chris Pratt, Tom Holland, Julia Louis-Dreyfus et Octavia Spencer

Synopsis: Barley et Ian Lightfoot ont perdu leur père très tôt. Ils habitent une ville de banlieue peuplée de créatures fantastiques (elfes, trolls, lutins ou encore licornes), mais dont la magie ancestrale a peu à peu disparu. Les deux jeunes frères partent à sa recherche à bord de leur van Guinevere, dans l’espoir de passer un dernier jour avec leur père.