Jefferson : ce roman vous apportera bien plus que ce que vous attendiez !

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Déjà auteur de bon nombre d’ouvrages, Jean-Claude Mourlevat, auteur que je ne connaissais pas jusqu’alors, vient de publier, chez Gallimard Jeunesse, « Jefferson », un roman absolument addictif, mettant en scène des animaux vivant comme tout un chacun leur petite vie dans un pays en parallèle des humains. Un livre qui m’a absolument remué après sa lecture, et que je ne suis pas prête d’oublier…

Résumé : En ce radieux matin d’automne, le hérisson Jefferson décide d’aller chez son coiffeur se faire rafraîchir la houppette. Comment pourrait-il imaginer, alors qu’il arrive plein d’entrain au salon Défini-Tif, que sa vie est sur le point de basculer ? Accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis, le brave Jefferson, 72 cm de frousse et de courage, est jeté dans une aventure qui le mènera, pour le meilleur et pour le pire, au pays des êtres humains. Dans un polar haletant, parfois féroce, mais où dominent la tendresse, l’amitié et le bonheur de vivre, Jean-Claude Mourlevat aborde de façon inédite la question de notre rapport aux animaux.

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Ma vision du livre :

En débutant la lecture de « Jefferson », je pensais simplement passer un bon moment, avec l’histoire de ce petit hérisson (qui m’a intrigué sur la couverture du livre), et de ses amis. Mais j’ai trouvé bien plus que ça, si bien qu’il m’a bouleversé et que j’ai mis un certain temps après l’avoir achevé, à reprendre mes esprits. C’est ce genre de surprise que j’aime tant connaitre à la lecture d’un livre, ou lors du visionnage d’un film. Être cueillie, touchée, chamboulée, et parfois plus encore, qu’on me fasse évoluer en tant que personne.

Si au départ, Jefferson est accusé d’avoir tué son coiffeur et devient vite l’ennemi public n°1, on se prend vite à s’attacher à ce petit hérisson à la gentillesse sincère, loyal et téméraire. Plus l’intrigue s’installe, plus le voyage de Jefferson et Gilbert, son fidèle ami, au pays des humains, va prendre des tournures inattendues. S’ils pensaient, lors de leur excursion en car avec les voyages Ballardeaux, pouvoir mener leur petite enquête sereinement, ils se trompaient. Ils vont non seulement réussir au fil des jours, entre visites avec leur groupe dans la ville de Villebourg, et recherches d’indices les menant au vrai coupable, à trouver ce qu’ils étaient venus chercher, mais bien plus encore. Ils vont également découvrir, au-delà de leurs attentes, d’autre valeurs : l’entraide entre animaux, l’amitié et pour Jefferson même, la naissance de sentiments amoureux. Mais aussi, l’effroi, la peur, et la découverte d’un combat mené par leur ami disparu, qui lui a certainement coûté la vie, révélé par la jeune guide de leur excursion.

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C’est indéniablement ce combat, parti pris évident de l’auteur, qui m’a entre autres, autant bouleversé. L’auteur fait passer, habilement et avec des mots simples, sa vision de « l’insensibilité » dont peuvent parfois faire preuve les humains avec les animaux, dans quelques courts passages, sans trop choquer, mais d’une manière assez percutante pour nous faire provoquer une prise de conscience.

Seulement, si ce roman est dit junior (à partir de 9 ans), ces dits passages pourront peut-être heurter la sensibilité des plus jeunes et des plus sensibles au sort des animaux. Mais parfois, cela peut être nécessaire afin de faire réfléchir à toutes ces questions, et il faut bien parfois être un peu « bousculé » dans ses certitudes pour pouvoir évoluer, et parfois même, faire naitre des convictions et provoquer de futurs combats à mener. Mais si les enfants et adolescents sont sans doute le premier public visé, notre responsabilité d’adulte est bien sûr mise à mal, car ce sont d’abord nous et nos ainés qui avons tant à faire pour changer nos comportements et nos habitudes.

Quant à l’intrigue policière en elle-même, certains moments vont nous faire trembler pour ce petit Jefferson, notamment vers la fin. On suit chapitre après chapitre les aventures rocambolesques de Jefferson et de ses amis, et on se met à espérer, pour lui et avec lui, que tout se finisse bien à la fin. On va se prendre à vouloir aider et protéger le petit animal, suite aux émotions fortes vécues par ce dernier. Le happy end sera-t-il au rendez-vous ? Rassurez-vous, bien au-delà des attentes de notre hérisson héros… Pour le découvrir, il vous faudra lire « Jefferson ». Vous ne le regretterez pas.

Souvent drôle, parfois émouvant et bouleversant, on passe du rire aux larmes à la lecture de « Jefferson ». Amitié, entraide, amour, suspense, peur, empathie, protection des animaux… On ne s’ennuie pas une seule seconde et on vit un véritable tour de montagnes russes émotionnelles à chaque chapitre. Il ne fait aucun doute que « Jefferson » restera longtemps au creux de mon âme et de mon cœur, et que je ne suis pas prête de l’oublier de sitôt. Merci, Monsieur Mourlevat.

AVT_Jean-Claude-Mourlevat_8933Ci -contre : l‘auteur, Jean-Claude Mourlevat.

« Jefferson », roman junior (dès 9 ans). Auteur : Jean-Claude Mourlevat. Illustré par Antoine Rozon. Illustrateur de couverture : Lisa d’Andrea.

Paru le 1er mars 2018 chez Gallimard Jeunesse.

Pax et le petit soldat : les liens du cœur plus forts que tout !

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   Roman jeunesse écrit par Sara Pennypacker, illustré par Jon Klassen et traduit en français par Faustina Fiore, Pax et le petit soldat, sorti en 2017, a déjà reçu de prestigieux prix littéraires : Prix Sorcières et Prix jeunesse des libraires du Québec. Gallimard Jeunesse prouve une fois de plus qu’il publie des romans destinés aux jeunes, de qualité.

Résumé : Une guerre est imminente. Lorsque le père de Peter s’engage dans l’armée, il oblige son fils à abandonner Pax, le renard qu’il a élevé depuis son plus jeune âge, et envoie le garçon vivre chez son grand-père à cinq cents kilomètres de là. Mais Peter s’enfuit, à la recherche de son renard. Pendant ce temps, Pax affronte seul les dangers d’une nature sauvage et se trouve confronté à ceux de son espèce.

Ma vision du livre :

Depuis peu, j’ai pris goût à la lecture de romans destinés à la « littérature jeunesse ». Cela dit, même s’ils sont souvent destinés à des enfants, certains me plaisent particulièrement, car ils possèdent une spontanéité, des émotions pures, qui me manquent parfois dans la littérature pour adultes, même si bien entendu, je continue à lire ces derniers. D’ailleurs, que veut dire littérature jeunesse ? Je suis, à 28 ans, certes bien une adulte, mais j’ai souvent besoin d’évader mon esprit, comme tout un chacun, d’un quotidien « parfois lourd ». Et bien souvent, ces romans ou les films d’animation, dessins animés, sont souvent les plus à même de remettre un peu de spontanéité, d’espoir, de sincérité, dans nos vies bien trop souvent imprégnées d’habitudes toutes faites, du tout connecté et de pessimisme ambiant.

J’ai lu un article récemment sur le fait que de plus en plus d’adultes lisent des romans destinés aux jeunes. Pour moi, les belles histoires n’ont pas d’âge pour pouvoir les lire, les aimer, et même s’en inspirer…

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Revenons à Pax et le petit soldat. Le roman est construit en chapitres assez courts, alternant à chaque fois la narration de Peter et de Pax. Ce qui permet de se mettre dans la peau de l’un et de l’autre à chaque chapitre. Cela permet de sentir que, malgré les aventures de l’un et de l’autre et leur séparation, la seule volonté de chacun est de se retrouver, à tout prix. On ressent réellement le lien indéfectible qui les lie l’un à l’autre, redonnant à chacun l’espoir, malgré les difficultés vécues par chacun, de continuer à avancer. Cela dit, j’ai un peu moins apprécié les passages où Peter se retrouve chez Vola après sa blessure. Vola était en effet souvent difficile à comprendre et insaisissable, mais là est le but: de personnes qui se subissent presque l’un autre au départ et sont obligés de cohabiter, elles vont finir par créer un lien « de cœur » vers la fin. J’ai particulièrement apprécié les chapitres consacrés aux aventures de Pax, et sans raconter la fin, elle va très certainement vous surprendre.

Le plus émouvant dans cette histoire, et ce qu’a particulièrement réussi à nous retranscrire l’auteur, est la presque fusion de Peter et de Pax, ressentant chacun dans leur chair, les pensées et les blessures de l’autre. On pourrait presque parler de télépathie et de télesthésie. Pax et Peter ont, pendant les années passées ensemble, tissé des liens uniques d’attachement mutuel, comme on en voit parfois dans certaines relations homme-animal.

Je vous conseille donc sans surprise, la lecture de ce roman très réussi, pour les personnes qui apprécient la littérature jeunesse et/ou pour vos enfants (à partir de 11 ans, certains passages concernant la guerre ne sont pas très explicites, mais pourraient tout de même heurter la sensibilité des plus jeunes). D’autres analyses de romans du même acabit arriveront très prochainement, toujours dans le catalogue Gallimard Jeunesse.

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« Pax et le petit soldat », roman junior (dès 11 ans). Auteur : Sara Pennypacker. Illustré par Jon Klassen.

Paru le 12 janvier 2017 chez Gallimard Jeunesse.