[Critique et analyse] Paddington 2 : un deuxième opus drôle, émouvant et tendre

Affiche Paddington 2.jpgUn « sweety bear » pour bien commencer cette nouvelle année ! Si en 2014, « Paddington » (voir mon article sur le film ICI), la comédie britannique avait attendri les spectateurs grâce à son ours émigré à Londres, tentant tant bien de mal de s’intégrer à son nouveau pays, sa nouvelle ville et son nouveau quartier, la suite « Paddington 2 », sorti en 2017, met en scène un ours désormais intégré à sa nouvelle vie, sans néanmoins oublier sa tante, restée au Pérou. Un opus très réussi, peut-être même davantage que le précédent. Un succès critique et public, si bien qu’un troisième volet des aventures du célèbre ours est prévu pour 2020.

Sorti en 2017.

Réalisation par Paul King.

Scénario par Paul King et Simon Farnaby, d’après le personnage créé par Michael Bond.

Société de production : Heyday Films, Studiocanal et DHX Media.

Société distribution : Studiocanal (France), Warner Bros. (États-Unis).

Musique : Dario Marianelli.

Avec Hugh Bonneville (M. Brown), Sally Hawkins (Mary Brown), Ben Whishaw (voix française de Guillaume Galienne) (Paddington), Imelda Staunton (VF : Marie-Martine) (la tante Lucy de Paddington), Michael Gambon (la voix de l’oncle Pastuzo de Paddington), Madeleine Harris (Judy Brown), Samuel Joslin (Jonathan Brown), Hugh Grant (VF : Thibault de Montalembert) (Phoenix Buchanan), Brendan Gleeson (VF : Patrick Béthune) (« Knuckles » McGinty), Julie Walters (Mme Bird), Peter Capaldi (M. Curry).

paddington 2_3

Synopsis : Paddington coule des jours heureux chez les Brown, sa famille d’adoption, dans un quartier paisible de Londres, où il est apprécié de tous. Alors qu’il recherche un cadeau exceptionnel pour les cent ans de sa tante adorée, il repère un magnifique livre animé, très ancien, chez un antiquaire. Pas de temps à perdre : il enchaîne les petits boulots pour pouvoir l’acheter ! Mais lorsque le précieux ouvrage est volé, Paddington est accusé à tort et incarcéré. Convaincus de son innocence, les Brown se lancent dans une enquête pour retrouver le coupable…

Ma vision du film :

Paddington, s’il a eu du mal à s’intégrer chez les Brown (et notamment par le père de famille), et dans le voisinage du quartier où ils résident à Londres, est désormais un ours heureux en Angleterre, n’oubliant pas pour autant sa brave tante Lucy, restée au Pérou.

paddington 2 dans la salle de bains

Fort de sa nouvelle expérience de vie, il souhaite désormais s’émanciper et gagner sa vie en travaillant, notamment afin d’offrir à Lucy un beau cadeau pour son anniversaire : un magnifique livre pop-up animé de Londres, elle qui n’a jamais pu voyager et visiter la capitale britannique. Une des scènes du début, notamment, est très réussie lorsque Paddington feuillette le pop-up, et où il imagine sa tante Lucy, en escapade à Londres auprès de lui.

Dès lors, Paddington enchaine les petits boulots : coiffeur, laveur de vitres… Désireux de bien faire, mais maladroit, il finit avec sa naïveté touchante d’ours, par se faire, malgré lui, des ennuis, en étant accusé, à tort, d’avoir volé le livre pop-up chez l’antiquaire… [Attention spoilers] Car, si l’ours a eu bien du mal à se faire accepter des humains, il n’a pour autant pas besoin d’être « leur semblable » en ce qui concerne le fait d’être jugé et d’être emprisonné, alors même qu’il est innocent… [Fin des spoilers].

paddington 2 laveur de vitres

Mais Paddington, comme à son habitude depuis son arrivée à Londres, va finir par s’intégrer et devenir indispensable en prison, grâce à sa gentillesse, à son amabilité et à sa générosité : l’ours a insufflé un peu de joie et d’humanité, parmi les prisonniers.

Ce deuxième opus, alternant tendresse, émotion, aventure et comédie, ne cesse de retranscrire les différentes émotions traversant Paddington : nostalgique, il écrit, à chaque moment de blues, à sa tante Lucy, comme si une part de lui, une partie de son cœur, était restée en Amérique du sud. Ce malgré son intégration désormais réussie à Londres et au sein de la famille Brown, tous les efforts de cette derrière pour faire de lui un membre de la famille à part entière, et l’attachement profond de Paddington envers sa famille adoptive. Drôle aussi, souvent bien malgré lui, donnant des scènes cocasses et hilarantes, lors de ses essais chez le coiffeur ou comme laveur de vitres.

paddington 2 en prison

Lorsque la famille Brown « rate » la visite de Paddington en prison, ce dernier, se sentant « abandonné », nous donne droit à une scène poignante lorsqu’une de ses larmes fait pousser des plantes et où il s’imagine au Pérou avec sa tante Lucy. La nostalgie et la sensation de déracinement reviennent à chaque sentiment d’abandon et de tristesse passagère que ressent l’ours.

[Attention spoilers] Comme si cela ne suffisait pas, ses « acolytes » prisonniers, ayant préparé un plan pour s’évader de prison, l’abandonnent « à la sortie » alors qu’ils lui avaient promis de l’aider. Paddington se retrouve de nouveau seul, de nuit. La scène de course-poursuite dans le train, impressionnante, nous prouve une fois encore que Paddington est rusé et malin.On a peur pour lui lorsque son wagon tombe à l’eau, puis troublés, lors de cette scène, touchante, vers la fin avec Mme Brown, lorsqu’ils pensent que Paddington ne s’en sortira pas. Ses anciens camarades prisonniers, pris de remords, viennent le sauver. [Fin des spoilers].

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Il est bien convenu qu’au final, la bonté l’emporte toujours. [Attention spoilers] Paddington est bien entendu reconnu innocent concernant le vol du livre pop-up chez l’antiquaire, reconnaissant de fait le fourbe Phoenix Buchanan (interprété par Hugh Grant) coupable du vol. Tous les voisins et amis de Paddington, heureux de le retrouver parmi eux, le remercient de tout ce qu’il a fait pour eux depuis qu’il est des leurs. Ils se sont tous cotisés, pour que Paddington puisse offrir à sa tante Lucy le plus beau des cadeaux, meilleur encore qu’un pop-up de Londres : un voyage dans la capitale pour que Lucy puisse visiter la ville de son neveu et passer de beaux moments avec lui. [Fin des spoilers].

Si la série des « Paddington » est parfois moquée, décriée de par sa « simplicité » prétendument évidente, il n’empêche que ce deuxième opus est loin de se contenter des facilités du genre : si tout semble si facile pour Paddington, aujourd’hui apparemment heureux en Angleterre, les moments de nostalgie, de vague à l’âme ne sont pas rares, et le moindre sentiment d’abandon, même minime, suffit à rouvrir la plaie béante provoquée par la séparation d’avec sa tante et le manque de son pays d’origine. Le besoin d’un retour aux sources, de retrouver ses origines se fera-t-il sentir pour notre brave ours, et cela sera-t-il le propos du troisième volet de « Paddington » attendu en 2020 ? À suivre…

Et vous, avez-vous apprécié ce second volet des aventures de « Paddington » ? Quels sentiments cela vous inspire-t-il ? N’hésitez pas à réagir en commentaire !

paddington 2 au salon de coiffure

[Critique et analyse] The Artist : la déchéance puis la renaissance d’une star du cinéma muet, grâce à l’Amour

Affiche The Artist.jpgSi je mets parfois du temps à voir certains films qualifiés de « chefs-d’œuvre », c’est parce qu’à l’époque, le phénomène a pu m’échapper, et qu’à force de tapage autour du dit long-métrage, on se dit que c’est peut-être beaucoup de bruit pour pas grand-chose… C’est aussi pour prendre du recul et de la distance, d’une certaine manière, et pour ne pas être influencée en visionnant le film, par l’agitation qui gravite tout autour… « The Artist », que je viens seulement de visionner il y a peu, a pourtant mérité ses multiples récompenses à travers le monde. Et si je connaissais déjà quelque peu le travail de Michel Hazanavicius par ses très réussis « OSS 117 », déjà avec Jean Dujardin à l’affiche, le long-métrage m’a donné le goût du cinéma muet, domaine dans lequel je suis totalement novice.

Sorti en 2011.

Réalisation et scénario par Michel Hazanavicius.

Musique : Ludovic Bource, interprétée par le Brussels Philharmonic et le Brussels Jazz Orchestra.

Société de production : La Petite Reine ; La Classe américaine, France 3 Cinéma, Studio 37, JD Prod, uFilm, Jouror Productions (coproductions).

Société de distribution : Warner Bros. France (France) ; Alliance Vivafilm (Québec), Cinéart (Belgique), Praesens film (Suisse romande), The Weinstein Company (autres).

Récompenses majeures : le film a reçu a travers le monde plus de 100 récompenses, autant dire qu’en faire la liste détaillée ici prendrait un temps infini, et je vous invite ICI si vous souhaitez consulter une liste assez complète des principales récompenses glanées par « The Artist ». Mais bien entendu, les récompenses ultimes restent les 5 Oscars gagnés en 2012 : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur pour Michel Hazanavicius, Meilleur Acteur pour Jean Dujardin, Meilleurs Costumes pour Mark Bridges, Meilleure Musique pour Ludovic Bource.

George et Uggie The Artist

Avec Jean Dujardin (George Valentin), Bérénice Béjo (Peppy Miller), Uggie (Jack, le chien de George), James Cromwell (Clifton, le chauffeur/valet), John Goodman (Al Zimmer, le patron des studios Kinograph), Penelope Ann Miller (Doris, la femme de George), Missi Pyle (Constance, la partenaire de George dans le film A Russian Affair).

Synopsis : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L’arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l’oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va, elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l’histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l’orgueil et l’argent peuvent être autant d’obstacles à leur histoire d’amour.

Peppy Miller Bérénice BéjoThe Artist

Ma vision du film :

À force de voir depuis toujours des films dits « modernes », parlants et d’être habitués à (presque) toujours tout comprendre, nous oublions parfois qu’à l’origine, le cinéma était muet et qu’il se devait de retranscrire au mieux, afin d’être compréhensible par le plus grand nombre de spectateurs, les émotions et pensées des personnages par des gestes, mimiques et expressions faciales et corporelles exagérées.

J’avoue, jusqu’à présent, ne pas m’être intéressée davantage par le cinéma muet, mais « The Artist », de par la volonté de son réalisateur, Michel Hazanavicius, de réaliser un film muet, en noir et blanc, dans les années 2010, était un moyen de me mettre, petit à petit, dans le bain afin de découvrir par la suite des « classiques » du cinéma muet d’époque.

The Artist Peppy Miller

Ayant tout à apprendre dans ce domaine, j’ai également plaisir à lire les articles d’un passionné et fin connaisseur en la matière, Quentin, créateur du blog partenaire et ami des premiers jours de Rêves Animés, À la rencontre du septième art. Un de ses articles sur le sujet, passionnant et passionné, vous donne les 4 raisons de s’intéresser au cinéma muet, avec la liste de quelques œuvres majeures pour vous faire découvrir cet Art à part entière. Si tout comme moi vous êtes néophyte, vous ne pourrez que sortir de cette lecture intéressés par le sujet, et vous pourrez vous y initier, peut-être en visionnant en premier lieu « The Artist », étant en quelque sorte « rassurés » de voir des acteurs aux visages connus, en les personnes de Jean Dujardin et Bérénice Béjo.

Ce qui fut également mon cas lorsque j’ai voulu récemment mettre un « pied dedans », en regardant le seul film muet de ces dernières années, un sacré pari et une envie réelle et profonde pour Michel Hazanavicius. En s’entourant de personnes qui lui sont familières et avec qui il se sent à l’aise, qu’ils soient notamment acteurs (Jean Dujardin et Bérénice Béjo, sa compagne), ou producteur (Thomas Langmann), le réalisateur a pu faire en sorte que chacun donne le meilleur de lui-même, sans avoir à devoir prendre des pincettes sur le tournage. Mais aussi, la complicité déjà présente des deux principaux protagonistes, ayant déjà joué ensemble sur « OSS 117 : Le Caire nid d’espions » (2006), a grandement aidé à la crédibilité de leur duo.

George Valentin Jean Dujardin The Artist

[Attention spoilers] Dans « The Artist », George et Peppy se rencontrent fortuitement, à la sortie de l’avant-première du dernier film dans lequel George Valentin est une nouvelle fois la vedette. Le culot de la jeune Peppy Miller, gonflée à bloc par sa petite « notoriété » suite à sa rencontre improvisée avec George Valentin, va se présenter à une audition pour un film, pour incarner une figurante sachant danser. Elle va se retrouver, sans le savoir préalablement, à partager l’affiche avec… George Valentin, bien entendu. [Fin des spoilers].

Ces auditions, visiblement ouvertes à tou(te)s, prouvaient-elles véritablement, qu’à l’époque, tout le monde pouvait devenir figurant(e), puis star montante du cinéma, sous couvert d’être un peu « culotté(e) » et de savoir un minimum « jouer » ?  Voici une question intéressante qui mérite d’être posée, quand certaines personnes, pourtant passionnées, sont découragées, de nos jours, à devenir acteur/actrice, pensant (à tort ou à raison ?) que les étapes à parvenir sont bien trop longues et fastidieuses.

Peppy, de par son talent et sa fraicheur, va charmer Hollywood (qui à l’époque, pour l’anecdote, avait encore toutes les lettres de son enseigne sur la colline, HollywoodLand, voir photo plus bas), et va gravir un à un les échelons de la célébrité et devenir une des premières starlettes du cinéma parlant. Son énergie communicative, son sourire, sa bonne humeur perpétuelle, font d’elle la « girl next door » de l’époque des années folles, la jeune femme positive et énergique que nous aurions toutes aimé avoir comme amie, celle qui remonte toujours le moral des troupes durant les moments difficiles. George, préoccupé par son déclin, et par son couple qui bat de l’aile, tombera bien évidemment sous le charme de Peppy, mais sera plus lent et réticent que Peppy à vivre cette histoire d’amour.Hollywoodland

[Attention spoilers] Cette scène au début, quand Peppy se rend dans la loge de George, où elle se drape dans la veste de ce dernier, et où nous voyons cette main (celle de George) qu’imagine Peppy l’enlacer, est très bien pensée, poétique et romantique. Malgré tout, par la suite, nous ne verrons jamais une véritable « idylle » entre eux à l’écran, dans le sens où aucun baiser ne sera échangé, et qu’aucune étreinte ne sera visible…. juste une très belle complicité et un amour véritable que l’on imagine. Car si au départ, cela était prévu, l’équipe du film, après avoir débattu la question, a jugé plus approprié de laisser leur histoire « platonique », par rapport à la pudeur de rigueur pour l’époque. [Fin des spoilers]. Cela n’enlève en rien au charme de leur duo, bien au contraire, cela renforçant en quelque sorte leur complicité par une ambiance plus poétique, fragile et « sur le fil », évitant de réduire leur histoire à des scènes d’amour charnel trop faciles.

En ce qui concerne la descente aux enfers et lente déchéance de Gorge, rien ne lui sera, ni nous ne sera épargné : son déclin à l’arrivée du cinéma parlant, sa séparation, sa ruine financière… [Attention spoilers] Par deux fois, désespéré, il tentera de mettre fin à ses jours, donnant lieu à deux scènes poignantes : la première, où il met le feu à son domicile, en brûlant les pellicules de tous ses films, n’épargnant que celle du film où il partage l’affiche avec Peppy (même si nous ne savons pas vraiment, au final, si c’est une réelle tentative ou s’il mettra le feu à ses pellicules dans un accès de colère) ; il sera sauvé par son chien fidèle petit chien, Jack. La deuxième, où une bonne trouvaille de mise en scène, astucieuse « pirouette », nous fait croire qu’il se tue avec son revolver, lorsque le panneau intertitre « Bang » se révèle être, heureusement, le choc de la voiture de Peppy, venue le sauver, qui percute un arbre. [Fin des spoilers].

Peppy Miller dans The Artist

Mention spéciale à Uggie, le Jack Russell compagnon de George (décédé en 2015). Il a reçu un « Palme Dog » au Festival de Cannes en 2011, et a même écrit ses mémoires ! Ce petit chien n’est pas qu’un « accessoire » mais se révèlera être un personnage à part entière (voir plus haut), mais il fera partie des fidèles soutiens de son maitre, un de ses « anges gardien », au même titre que Peppy et Clifton, son chauffeur et majordome.

Uggie The Artist

« The Artist » est bien plus qu’un hommage au cinéma muet, c’est un véritable film muet à part entière de notre époque, tour à tour drôle, burlesque, sensible et poétique, parfois sombre aussi. Jean Dujardin incarne à merveille un George Valentin aux multiples facettes, et Bérénice Béjo une Peppy expressive, mutine, enjouée, passionnée, amoureuse, bienveillante et protectrice envers George. Un long-métrage qui m’a donné le goût du cinéma muet, et qui s’avère être une véritable réussite. Quelques scènes trainant quelque peu en longueur ne gâchent en rien ce beau spectacle, habilement mis en scène par un Michel Hazanavicius inspiré.

Avez-vous déjà vu « The Artist » ? Si oui, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à donner votre avis !

The Artist George et Peppy

[Critique et analyse] La La Land : la rencontre de deux rêveurs, dans la Cité des Anges

Affiche La La LandComédie musicale moderne aux multiples récompenses, « La La Land » est souvent dépeint comme un chef-d’œuvre. Venant pour ma part de visionner ce long-métrage dont tout le monde parle depuis sa sortie l’année dernière, je ne connaissais que très peu voire pas du tout Emma Stone, et n’avait que pour référence cinématographique « First Man » en ce qui concerne Ryan Gosling (ainsi que le réalisateur de ces deux films, Damien Chazelle). N’étant pas non plus particulièrement adepte des comédies musicales portées sur grand écran (mis à part « West Side Story »), j’ai regardé, en quelque sorte, d’un œil neuf, cet étrange phénomène. En voici mon avis.

Sorti en 2017.

Réalisation et scénario par Damien Chazelle.

Société de production : Black Label Media, Gilbert Films, Impostor Pictures et Marc Platt Productions.

Sociétés de distribution : Lionsgate (États-Unis), Entertainment One (Canada), SND (France).

Musique : Justin Hurwitz.

Récompenses majeures : Oscars 2017 : Meilleur réalisateur pour Damien Chazelle, Meilleure actrice pour Emma Stone, Meilleure photographie, Meilleurs décors,  Meilleure musique originale et Meilleure chanson originale City of Stars pour Justin Hurwitz.

Mostra de Venise 2016 : Coupe Volpi de la meilleure interprétation féminine pour Emma Stone.

Mia et Sebastian dansent La La Land

Avec Ryan Gosling (Sebastian Wilder), Emme Stone (Mia Dolan), John Legend (Keith), Rosemarie DeWitt (Laura, la sœur de Sebastian), J. K. Simmons (Bill), Callie Hernandez (Tracy), Jessica Rothe (Alexis), Finn Wittrock (Greg).

Synopsis Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

Ma vision du film :

Heure de pointe sur le Judge Harry Pregerson Interchange, célèbre échangeur autoroutier de Los Angeles. Dans les embouteillages, les conducteurs prennent leur mal en patience, semblant banalement habitués à cet encombrement quotidien. Soudain, afin de mettre un peu de couleur et de joie à leur train-train quotidien, tous les occupants des véhicules se livrent à un véritable numéro, chantant et sautillant sur les véhicules, donnant le « la » (la land) à un long-métrage étonnant, alternant passages chantés et dansés par les deux protagonistes principaux, et scènes « classiques » où nos deux idéalistes romantiques tenteront d’atteindre les étoiles dans la Cité des Anges, tout passionnés qu’ils sont dans leurs « domaines »  respectifs.

Mia dans la scène finale La La Land

[Attention spoiler] Se détester avant de s’aimer. Dans cette mémorable scène d’ouverture, Sebastian et Mia font connaissance, se glorifiant d’un doigt d’honneur en guise de présentations dans les embouteillages. [Fin du spoiler] Ne cessant de se croiser au début du film, l’amour vache s’imposera avant de laisser place à une relation où les deux rêveurs se trouveront des points communs, dont un pas des moindres : la passion. Mia pour la comédie, rêvant de devenir actrice, mais enchainant les auditions décevantes, contrainte en attendant de servir des cafés à des clients parfois désagréables. Sebastian, fou de jazz, vit comme il le peut, enchainant les contrats précaires de claviériste, « engoncé » dans un répertoire imposé, loin de son idéal de musicien libre et d’artiste accompli.

Si, tout le film durant, Sebastian semble se montrer plus passionné que Mia, il ne va pas tarder à « vendre son âme de musicien » au diable, [Attention spoilers] acceptant, afin de gagner convenablement sa vie, de devenir claviériste dans le célèbre groupe de Keith (interprété par le chanteur John Legend, producteur exécutif du film), avec qui il partira pour un temps déterminé en tournée, ne faisant plus que croiser celle qui est désormais devenue sa compagne. [Fin des spoilers].

Sebastian dans la boite de jazz La La Land

Dans une scène de dispute intense et mémorable, Mia va tenter de faire entendre raison à celui qui, pendant des années, n’a cessé de courir après son rêve de devenir un musicien de jazz, libre et épanoui. Mia, de son côté, écrit sa propre pièce de théâtre où elle est seule en scène. Humiliée de n’avoir seulement eu qu’une poignée de spectateurs lors de sa première, cette dernière, ne croyant plus en son rêve de devenir comédienne, [Attention spoilers] retourne vivre chez ses parents à l’autre bout du pays. Sebastian va la retrouver, prêt à sacrifier son histoire d’amour pour laisser sa promise réaliser son rêve, puisqu’après une dernière audition improvisée, elle finira par partir vers son destin à Paris, signant là la fin du couple de rêveurs. Et si la scène finale se révèle être la plus réussie et la plus poignante, elle pose là une question qui nous laisse méditatifs à la fin du film : si Mia a pu « atteindre son but », était-il inévitable que son couple avec Sebastian soit sacrifié pour autant ? S’il fallait bien, en quelque sorte, un « unfortunate end » amoureux en contrepartie d’un « happy end » pour chacun des deux personnages, le sacrifice de la vie commune heureuse qui aurait pu être la leur est un véritable crève-cœur, pour eux comme pour nous, spectateurs. [Fin des spoilers].

La La Land Mia scène finale

Si les passages de comédie musicale m’ont quelque peu laissé indifférente voire ennuyée durant le film, certaines scènes se révèlent être éblouissantes, tant au niveau de la photographie que de la mise en scène, bien orchestrée. Notamment cette scène, poétique et romantique sans être niaise ni mièvre, au désormais célèbre observatoire Griffith de Los Angeles, que vous avez sans doute pu apercevoir dans bon nombre de films, notamment dans « La fureur de vivre » en 1955 avec James Dean. Les couleurs, la poésie de ces moments que l’on croirait réellement se dérouler dans les étoiles, font de ce lieu, mythique et céleste, l’écrin idéal pour abriter l’idylle de ces doux rêveurs. Los Angeles fut également le décor parfait, le témoin des rêves réprimés, mais bel et bien chevillés au corps et au cœur, torpillés de nouveau mais indélogeables, véritables raisons de vivre de deux jeunes écorchés vifs, qui ont décidé d’y croire plus fort que les autres, et qui auront, grâce à leur persévérance parfois mise à mal, chacun à leur manière, réalisé enfin leur rêve, mais à quel prix…

La La Land scène du Planetarium

La scène céleste et poétique à l’observatoire de Los Angeles.

Ryan Gosling, en musicien passionné et passionnant, a su me convaincre, bien moins taiseux que son personnage taciturne de Neil Armstrong dans le très récent « First Man » du même réalisateur, Damien Chazelle (voir mon article sur le film ICI). En ce qui concerne Emma Stone, si je ne connaissais pas son travail auparavant, il m’était néanmoins possible de mettre un nom sur le visage mutin et expressif de cette jeune actrice certes prometteuse, mais je que j’ai trouvé pour ma part quelque peu en dessous de son partenaire, notamment dans l’expression de sa passion pour son Art, que j’aurais espéré aussi « viscérale » que pour Sebastian.

Si pour ma part, le long-métrage n’est pas réellement le chef-d’œuvre annoncé (ce qui est souvent le cas quand nous attendons beaucoup d’un phénomène proclamé), « La La Land » nous offre de beaux moments, de belles scènes hors du temps, notamment la scène finale, bouleversante, qui m’a pour ma part laissé en larmes.

Avez-vous déjà vu « La La Land » ? Si oui, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à réagir en commentaire !

La La Land scène de l'observatoire