[Critique et analyse] Paddington : un petit ours débarque à Londres

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Pour mon retour sur le blog après les « vacances », voici mon analyse de « Paddington ». Ce long-métrage aussi léger parait-il, conte bien plus que l’histoire d’un petit ourson qui arrive à Londres avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure et une famille. Paddington doit faire face à de nombreuses épreuves, et son parcours sera semé d’embûches. C’est cela dit une comédie mettant du baume au cœur et au message optimiste et positif. À force de persévérance, de bonté et de gentillesse, Paddington finira par se faire accepter de tous, alors que ce n’était pourtant au départ pas gagné d’avance !

Sorti en 2014.

Réalisation par Paul King.

Scénario par Paul King et Hamish McColl, d’après le personnage de Michael Bond.

Société de production : Heyday Films, Studiocanal et DHX Media.

Société distribution : Studiocanal (France), The Weinstein Company (États-Unis).

Musique : Nick Urata.

Récompenses majeures : Empire Awards 2015 : Meilleure comédie

BAFTA Children’s Awards 2015 : Meilleur film.

Paddington et vue de Londres

Avec Hugh Bonneville (M. Brown), Sally Hawkins (Mme Brown), Ben Whishaw (voix française de Guillaume Galienne) (Paddington), Imelda Staunton (VF : Marion Game) (la tante Lucy de Paddington), Michael Gambon (l’oncle Pastuzo de Paddington), Nicole Kidman (Millicent Clyde), Madeleine Harris (Judy Brown), Samuel Joslin (Jonathan Brown).

Synopsis : Paddington raconte l’histoire d’un jeune ours péruvien fraîchement débarqué à Londres, à la recherche d’un foyer et d’une vie meilleure. Il réalise vite que la ville de ses rêves n’est pas aussi accueillante qu’il croyait. Par chance, il rencontre la famille Brown et en devient peu à peu un membre à part entière.

Visage de Paddington

Ma vision du film :

Un petit ours originaire du Pérou, y coule des jours heureux avec son oncle et sa tante. Un jour, un tremblement de terre fait tomber un arbre et tue l’oncle de Paddington, Pastuzo. Sa tante Lucy décide de finir ses jours en maison de retraite, et envoie Paddington au port prendre le bateau clandestinement afin qu’il vive sa vie à Londres, la ville de ses rêves. Hélas, la vie idyllique qu’il s’est imaginée ne va pas se passer comme prévu…

Arrivé à la gare de Londres, Paddington fait par hasard la connaissance de la famille Brown. Si Mme Brown, pleine de bonté et de générosité n’écoute que son bon cœur afin d’accueillir l’ours dans leur demeure, Mr. Brown, lui s’y oppose. Mme Brown fera toujours preuve d’une extrême bienveillance envers Paddington, qu’elle estimera comme l’un de ses propres enfants. Mr. Brown, lui, grincheux et dont on pourrait dire qu’il est « l’ours mal léché de la famille », mettra plus du temps à baisser la garde et accepter Paddington dans son foyer, excédé par les catastrophes en chaine dont il est à l’origine et qui commencent également à agacer le voisinage des Brown.

Paddington, créé en images de synthèse, semble plus vrai que nature, criant de réalisme, et les poils, les pattes sont parfaitement réalisés… Paddington, de nature sage et très poli, se métamorphose en véritable goret lorsqu’il mange de la marmelade. Il peut également se mettre gentiment en colère s’il estime que la personne en face de lui dépasse les bornes et devient grossier… Peu habitué aux us et coutumes des êtres humains, il va sans cesse provoquer des catastrophes sans le vouloir, ce qui donne lieu à des scènes totalement cocasses. Néanmoins, Paddington est très éloigné du très politiquement incorrect « Ted », de Seth MacFarlane (sorti en 2012), de par son flegme, le respect et la politesse dont il fait preuve à l’égard de tous.

Néanmoins, son caractère « bonne pâte » n’empêche pas Paddington d’être victime de la double peine : il est à la fois un ours, et expatrié à Londres, ne connaissant personne. Et comme si cela ne suffisait pas, il est pourchassé par l’horrible Millicent Clyde cachée sous un physique de femme fatale et irrésistible (Nicole Kidman), qui ne cherche qu’à le  capturer afin de l’empailler, et l’exposer au Muséum d’Histoire Naturelle de Londres.

Éprouvé par les nombreuses difficultés qu’il rencontre à Londres, Paddington se sent perdu, ne sait plus vraiment où est sa place. Cela donne lieu à quelques scènes très touchantes, notamment celle [Attention spoilers] où Paddington repense à son Pérou natal, ses racines, sa vie avec son oncle et sa tante… Et également cette scène très émouvante vers la fin, où se sentant de trop chez les Brown, il s’en va et se retrouve seul, la nuit, sous la pluie dans les rues de Londres. Paddington écrit souvent à sa tante Lucy restée au Pérou, lui faisant part de sa déception concernant son échec d’intégration à Londres, et dans la famille Brown. [Fin des spoilers].

Paddington et les Brown

Peu à peu, Paddington va se révéler indispensable au sein du foyer de la famille Brown et ces derniers se soutiennent dans l’adversité quand il s’agit de sauver l’ours des griffes de l’affreuse Millicent Clyde. Au final, après avoir passé des moments avec les enfants Judy et Jonathan, en étant toujours égal à lui-même, Paddington va donner un nouveau souffle à cette famille qui s’était enlisée dans la non-communication verbale. Les uns et les autres ne s’écoutaient plus et ne se comprenaient plus vraiment. Il va finir par se sentir vraiment chez lui au sein de la famille Brown, sans oublier sa tante restée au Pérou qui lui manque et à qui il donne régulièrement de ses nouvelles.

Le salut de Paddington

Déracinement, préservation des espèces, tolérance et acceptation de l’autre, volonté de ne pas oublier ses racines, hymne à l’Angleterre et à Londres… Nombreux sont les thèmes soulevés par « Paddington », premier du nom, bien moins léger qu’il n’y paraît, donc. Il fut suivi en 2017 par un deuxième opus au succès tout aussi flatteur. Un troisième volet serait apparemment en projet pour 2020…

Et vous, qu’avez-vous pensé de « Paddington » ? N’hésitez pas à réagir en commentaire !

Paddington gros plan visage

[Critique et analyse] À la recherche du bonheur : l’amour d’un fils envers et contre tout

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Quand on pense à Will Smith, « Le Prince de Bel Air » et « Men In Black » nous viennent instantanément à l’esprit. Pourtant, peu le savent mais il a également à son actif quelques rôles dramatiques, prouvant qu’il est aussi à l’aise dans ce registre. Dans « À la recherche du bonheur », sorti en 2007, il tient le rôle phare du film avec son propre fils à la vie, Jaden Smith. Une complicité qui respire le réel dans le long-métrage, leur permettant, dans le film, de survivre aux multiples épreuves auxquelles ils vont devoir faire face.

Sorti en 2007.

Réalisation par Gabriele Muccino.

Scénario par Steve Conrad.

Musique : Andrea Guerra.

Société de production : Columbia Pictures, Relativity Media, Overbrook Entertainment, Escape Artists.

Société de distributions : Columbia Pictures (USA), Gaumont Columbia Tristar Films (France).

Avec Will Smith (Chris Gardner), Thandie Newton (Linda), Jaden Smith (Christopher), Kurt Fuller (Walter Ribbon), Takayo Fischer (Mme Chu).

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Synopsis : Représentant de commerce, Chris Gardner a du mal à gagner sa vie. Il jongle pour s’en sortir, mais sa compagne supporte de moins en moins leur précarité. Elle finit par quitter Chris et leur petit garçon de cinq ans, Christopher.
Désormais seul responsable de son fils, Chris se démène pour décrocher un job, sans succès. Lorsqu’il obtient finalement un stage dans une prestigieuse firme de courtage, il se donne à fond, même si pour le moment il n’est pas payé. Incapable de régler son loyer, il se retrouve à la rue avec Christopher. Le père et le fils dorment dans des foyers ou des gares, cherchant des refuges de fortune au jour le jour.
Perdu dans la pire épreuve de sa vie, Chris continue à veiller sur Christopher, puisant dans l’affection et la confiance de son fils la force de surmonter les obstacles…

Ma vision du film :

Pour ceux qui auraient peur de visionner un film qui verserait facilement dans le « pathos », je vous rassure, ce ne sera pas le cas dans « À la recherche du bonheur », même si ce long-métrage ne vous conviendra pas si vous recherchez une comédie à vous tordre de rire.

Certes, le personnage de Chris Gardner, interprété par Will Smith, va devoir faire face à de lourdes difficultés : il a du mal à vendre ses machines médicales, courant les cabinets médicaux afin d’écouler son stock toute la journée durant, quand on ne les lui vole pas. Sa femme Linda, lassée de cette situation précaire et rejetant la faute sur son conjoint, quitte le foyer familial, laissant seuls Chris et leur fils Christopher à leur triste sort. Accumulant les dettes, Chris va tout faire pour s’en sortir, porté par l’amour de son fils. Tout en essayant de vendre ses dernières machines pour maintenir la tête hors de l’eau financièrement, il décroche un stage dans une firme de courtage, où seul un élu sur une vingtaine de stagiaires sera embauché. Comptant sur sa ténacité et contraint de tenir pour son fils, étant tous les deux ballotés de foyers en abris de fortune pour la nuit, Chris va tout faire pour s’en sortir.

Les interprétations de Will Smith et son fils Jaden dans les rôles de Chris et Christopher, sonnent toujours juste, et Will Smith prouve ici qu’il peut exceller dans d’autres genres cinématographiques que les films d’action et / ou comédies, bien qu’il ait déjà montré une autre facette de son jeu d’acteur dans « I, Robot ».

Christopher

Le duo père-fils est très touchant et leur complicité est à chaque instant palpable derrière l’écran. Will Smith est désarmant dans son rôle de père faisant tout pour rendre heureux son fils (et lui-même), malgré les galères professionnelles, la précarité, et le départ (voire l’abandon) de sa compagne Linda. Il ne peut s’imaginer sa vie sans son fils à ses côtés, ce fils qui est désormais le seul lien le retenant à la vie, le faisant tenir. Il ne peut être séparé de lui même pour une nuit, quand il ne reste qu’une seule place dans un foyer.

[Attention spoilers] Certaines scènes sont très fortes émotionnellement, notamment celle où Chris et son fils jouent au basket, et qu’il lui dit de « ne jamais laisser quiconque le faire renoncer à ses rêves » (voir image avec la citation) ; également la scène où le duo se trouve à l’église et écoutent du gospel, tentant de retrouver un peu de chaleur et d’espoir. [Fin des spoilers].

Paroles de Chris à Christopher citation 2

On voit quelquefois Chris pleurer, ses larmes couler. Voir un homme pleurer au cinéma est un fait très rare, car en général, on préfère montrer une image virile, la force chez les hommes, plutôt que leur sensibilité et leur part de fragilité.

Christopher est un jeune garçon très fort, faisant déjà preuve de beaucoup de courage pour son jeune âge. Le manque de sécurité, de stabilité et de confort, le départ de sa mère sont autant d’épreuves dont il ne se plaint pourtant que très rarement, et rassure même Chris sur le fait qu’il est un bon papa.

[Attention spoiler] Bien sûr le film va se terminer sur un happy end, d’un point de vue relatif, tout du moins « matériellement », car c’est là la faiblesse principale du long-métrage : un « American dream » peut-être trop prononcé, laissant penser que le bonheur est aussi simple que de trouver en quelque sorte « le Graal » (du moins pour Chris) : un travail de courtier. [Fin du spoiler].

« À la recherche du bonheur » est un film très touchant, malgré quelques longueurs. Will Smith est très juste dans son rôle de « père courage ». Les rôles plus dramatiques lui vont également à merveille. Des scènes poignantes, mais le long-métrage réussit le tour de force de ne jamais verser dans le « tire-larmes » abusif.

Citation 1 de Chris

Connaissez-vous ce long-métrage ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire !

Chris et Christopher dans le bus

[Critique et analyse] À la folie… pas du tout : elle ne cessera jamais d’y croire

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Le final d’« À la folie… pas du tout » fait froid dans le dos. Mais pour découvrir le retournement improbable de ce thriller romantique français, sorti en 2002, il va falloir visionner le film, où on découvre tout d’abord l’histoire du point de vue d’Angélique (Audrey Tautou) puis de Loïc (Samuel le Bihan). Ce traitement de scénario est bien pensé et permettra de remettre dans le bon ordre les pièces du puzzle.

Sorti en 2002.

Réalisation par Lætitia Colombani.

Scénario par Lætitia Colombani et Caroline Thivel.

Musique : Jérôme Coullet.

Société de production : Telema ; TF1 Films Production (coproduction).

Société de distributions : Fox France ; Les Films de l’Élysée (Belgique), Les Films Séville (Québec), Filmcoopi (Suisse).

Avec Audrey Tautou (Angélique), Samuel le Bihan (Loïc le Garrec), Isabelle Carré (Rachel), Clément Sibony (David), Sophie Guillemin (Héloïse), Élodie Navarre (Anita).

Angélique A la folie... pas du tout

Synopsis : Angélique, une jeune fille insouciante, partage sa vie entre ses études aux Beaux-Arts et son travail de serveuse dans un bar. Un jour, elle tombe amoureuse de Loïc, un cardiologue dont l’épouse attend un enfant, et tente l’impossible pour séparer le couple.

Ma vision du film :

Désireuse de connaitre davantage le cinéma français tant critiqué ces dernières années, je me suis décidée à visionner « À la folie… pas du tout » ces dernières semaines. Audrey Tautou est une actrice que j’apprécie beaucoup, même si je n’ai pas encore vu tous les films de sa filmographie.

Pendant la première moitié du film, on voit les choses se dérouler sous le point de vue d’Angélique, incarnée donc par Audrey Tautou, étudiante aux Beaux-Arts, enthousiaste, chaleureuse et pleine de vie. Pensant que son voisin Loïc, lui offrant un soir une rose en rentrant du travail (dans l’euphorie de son bonheur d’apprendre qu’il va être papa), lui fait des avances, Angélique va elle aussi se mettre à lui offrir des fleurs, faire envoyer un tableau peint de ses propres mains, à son cabinet pour son anniversaire… Mettant ainsi le doute dans la tête de sa femme Rachel qui va finir par apprendre le pot aux roses, créant ainsi de vives tensions au sein du couple.

David, le meilleur ami d’Angélique, est amoureux d’elle, mais Angélique ne le voit pas, tout à son bonheur de faire partager le bonheur qu’elle vit avec Loïc. Pendant la première moitié du film donc, on la verra attendre l’homme de sa vie qui la fera se morfondre à cause de rendez-vous ratés, ne venant pas à l’aéroport, laissant Angélique malheureuse, elle qui tenait tant à ce week-end en amoureux…

Angélique va faire vaciller dangereusement le couple de Loïc et Rachel. Puis, à la seconde moitié du film, on voit l’histoire se dérouler du point de vue de Loïc, et c’est lorsque l’on comprend tout que cela nous glace le sang, et que l’on espère ne jamais vivre une chose pareille dans sa propre vie…

[Attention gros spoiler] Car Angélique est en fait atteinte d’érotomanie : une forme de psychose paranoïaque, une conviction délirante d’être aimé(e). Dans l’esprit de l’érotomane, c’est l’autre qui a choisi de l’aimer : « C’est lui le premier qui est tombé amoureux, le premier qui a fait des avances ». Cette petite rose que lui a offerte Loïc le soir où il a croisé Angélique par hasard, sans ambigüité aucune de sa part, simplement parce qu’il était euphorique d’apprendre que sa femme Rachel attendait un enfant, a fait de sa vie un enfer, sans qu’il ne puisse imaginer l’ampleur de ce geste. [Fin du spoiler].

La façon de traiter les points de vue de chacun, le retournement final sont très judicieux de la part de Lætitia Colombani, la réalisatrice du film. Audrey Tautou, est comme toujours, très juste, et la naïveté extrême du personnage qu’elle incarne, sa fraicheur, son insouciance, sont à l’antipode de l’enfer qu’elle va faire vivre à Loïc et à sa femme, Rachel.

Le jeune Clément Sibony (David), le meilleur ami d’Angélique cherchant à tout prix à la protéger, est touchant dans son rôle d’amoureux transi qui ne sait que faire pour lui faire entendre raison.

Pas de fioritures dans ce long-métrage, mais la seule habileté dans la construction de la trame et de son final, en fait un film qui nous marque à long terme. La fin du film nous laisse un peu sur notre faim, et on se demande bien ce qui pourrait se passer ensuite… [Attention spoiler] Angélique va-t-elle retrouver Loïc et faire de nouveau vivre un enfer à sa famille ? [Fin du spoiler].

Je vais clore cette analyse en laissant cette petite phrase prononcée par Angélique dans le film : « Bien que mon amour soit fou, ma raison calme les trop vives douleurs de mon cœur en lui disant de patienter, et d’espérer toujours ».

Et vous, avez-vous déjà vu ce long-métrage ? Si oui, vous a-t-il plu ? N’hésitez pas à réagir en laissant un commentaire !

À LA FOLIE… PAS DU TOUT