[Critique et analyse] Minuscule 2 : Les mandibules du bout du monde

Nos symAffiche Minuscule 2pathiques insectes sont de retour ! Après le succès du premier long-métrage « Minuscule – La Vallée des fourmis perdues », sorti en 2014 (plus d’1 500 000 entrées en France, plus de 2 millions dans le monde, le film étant sorti dans 50 pays), et une myriade de récompenses glanées (dont le César du meilleur film d’animation en 2015), les coccinelles, fourmis et l’araignée mélomane nous enchantent de nouveau. Et si nos intrépides insectes vivent toujours dans le parc du Mercantour, ils vont voyager pour ce deuxième opus en Guadeloupe : dépaysement garanti et rencontres plus ou moins heureuses, sous le soleil !

Sorti en 2019.

Film d’animation français. Durée : 1h32.

Réalisation et scénario par Thomas Szabo et Hélène Giraud.

Musique : Mathieu Lamboley.

Studios d’animation : THE YARD / SUPAMONKS.

Société de production : Futurikon.

Distribution : Futurikon, Le Pacte.

Avec la présence à l’écran et les voix de Thierry Frémont (l’épicier), Bruno Salomone (l’homme qui mâche du chewing-gum), Stéphane Coulon (le conducteur du van), Sarah Cohen-Hadria (la mère).

Minuscule 2 extrait du film

Crédit photos: dossier presse Le Pacte.

Synopsis : Quand tombent les premières neiges dans la vallée, il est urgent de préparer ses réserves pour l’hiver. Hélas, durant l’opération, une petite coccinelle se retrouve piégée dans un carton… à destination des Caraïbes !
Une seule solution : reformer l’équipe de choc ! La coccinelle, la fourmi et l’araignée reprennent du service à l’autre bout du monde. Nouveau monde, nouvelles rencontres, nouveaux dangers… Les secours arriveront-ils à temps ?

Ma vision du film :

Je vais vous faire un aveu : pourtant grande « amoureuse » des animaux, j’ai toujours eu, malgré moi, depuis que je suis petite, peur des insectes, mais j’ai toujours eu de la tendresse et toujours beaucoup aimé les coccinelles (ce qui est toujours le cas aujourd’hui, d’ailleurs). Pour moi, en voir était toujours un évènement, car cela était rare. Avec « Minuscule », coccinelles bien sûr mais aussi fourmis voire araignées, me paraissent sous un jour nouveau.

Minuscule 2 Les mandibules du bout du monde

Avec « Minuscule 2 : Les mandibules du bout du monde », ces petites bêtes généreuses, solidaires, débrouillardes, courageuses et ayant le sens de l’amitié nous reviennent, pour le plus grand bonheur, nous partager leurs nouvelles aventures ; toujours dans le Mercantour, dans les Alpes du sud, mais également en Guadeloupe, où une des coccinelles va malencontreusement s’envoler. Ses ami(e)s insectes vont venir la sauver, avec entre autres une des fourmis et l’araignée mélomane au fort caractère.

Les créateurs de ce petit monde inventif et poétique, réalisateurs (Thomas Szabo et Hélène Giraud) comme animateurs, ont réussi à rendre ces « minuscules » attachantes, et en particulier donc, cette araignée inséparable de son baladeur, et dégourdie.

Minuscule 2 extrait du film_2

Ce nouvel opus est une merveille visuelle, mais également sonore : un graphisme très réaliste, une musique magnifique, ponctuant au couperet les évènements du film, et soulignant divinement les différentes ambiances (émotion, suspense, moments d’humour…). On passe en alternance d’un environnement à l’autre (de la montagne en hiver et ses couleurs froides, à la Guadeloupe et sa nature luxuriante), malgré quelques longueurs qui se font sentir au milieu du film. Les aventures de nos insectes préférés nous tiennent néanmoins en haleine jusqu’au bout, même si cela pourrait faire « décrocher » quelque peu les plus jeunes de l’écran, le film étant muet ; mais l’attachement sans doute déjà présent de ces derniers pour ces petits personnages déjà vus à la télé (la série « Minuscule » sur France 5) et la curiosité attisée par certaines scènes qui stimuleront leur imagination (mais également celle des plus grands), sauront sans nul doute les magnétiser jusqu’à la fin.

Car même si ces insectes ne parlent pas, elles ont leur propre mode de communication bien à elles, ce qui suffit à faire travailler notre imaginaire, en extrapolant ce qu’elles peuvent bien se dire entre elles. Aussi, certaines scènes pourront nous faire nous intéresser davantage à ses petites bêtes méconnues, et à leur mode de fonctionnement, leurs habitudes et leurs « rites » : ce que l’on voit d’elles, dans certaines scènes, est-ce vraiment la réalité ? (pour ce qui pourrait sembler réaliste, bien entendu ?) [Attention spoiler] Notamment lors d’une des scènes, j’y reviendrai plus bas, les cérémonies funèbres et les rituels d’incantation à la pleine lune existent-elles vraiment ? Si on sait que les fourmis par exemple, organisent ce genre de cérémonies lors de la mort de l’une d’entre elles, cela est-il régenté par des « codes » bien précis ? [Fin du spoiler].

Extrait du film Minuscule 2

Car on se doute que, dans la vraie vie, [Attention spoilers] des fourmis ne vont pas réussir à porter une planche de bois à elles toutes seules, même en s’y mettant à plusieurs ; une araignée et une fourmi ne vont pas non plus traverser la moitié du globe à bord d’un bateau « volant », transporté par des ballons de baudruche. [Fin des spoilers]. Mais c’est là toute la force et la magie du cinéma, notamment d’animation, et ce qu’on attend de lui, bien souvent : (nous) faire croire à l’impossible, nous déconnecter du quotidien et nous transporter dans une bulle de bonheur et de poésie qui fait du bien, le temps d’un film. Et la magie de « Minuscule 2 » a fonctionné sur moi.

Notamment grâce à des scènes hilarantes, comme celle où, [Attention spoiler] « enfermées » dans l’estomac du requin, la fourmi et l’araignée redoutent d’y rester ; l’araignée, n’y tenant plus, grâce à son baladeur et ses enceintes, va mettre la musique (techno) à fond afin que le requin, excédé par ce boucan à l’intérieur, les éjecte enfin. [Fin du spoiler].

Minuscule 2 extrait film bateau

Mais le film offre également quelques beaux moments d’émotion où je n’ai pu retenir ma larme. [Attention spoilers] La scène que j’évoquais plus haut, où la coccinelle de la colonie guadeloupéenne est veillée par les siens, à la pleine lune, lors de la cérémonie d’incantation, pour la faire revenir à la vie par des rites beaux et émouvants. Ou, à la fin, quand la maman coccinelle laisse son « rejeton » en Guadeloupe vivre sa vie avec son amoureuse rencontrée sur l’ile, malgré la peine que cela lui cause. [Fin des spoilers]. La musique souligne avec talent ces moments très touchants.

« Minuscule 2 : les mandibules du bout du monde » est la digne suite de son prédécesseur, sorti il y a déjà cinq ans. Je lui souhaite le même succès, car il le mérite : poétique, inventif, drôle, tendre et touchant, prônant de belles valeurs essentielles à transmettre à nos enfants dans cette société plus que trouble : la solidarité, la bienveillance, la compassion, l’amitié… Une bulle d’enchantement qui fait du bien.

Et vous, avez-vous vu « Minuscule 2 » ? Sinon, mon article vous a-t-il donné envie de le découvrir ? N’hésitez pas à réagir en laissant un commentaire !

Minuscule 2 les mandibules du bout du monde extrait_2

[Critique et analyse] Dragons 3 : Le monde caché, la fin d’une trilogie

Affiche Dragons 3 Le monde caché.jpg

Voilà, c’est fini… La fin d’une belle trilogie signée Dreamworks. Dans ce dernier opus magnifique et très réaliste visuellement, beaucoup de choses vont changer pour tous les protagonistes, membres de la tribu de Berk, et notamment pour les deux amis Harold et Krokmou. Un dernier volet riche en émotions, en souvenirs, en bouleversements divers et en images à couper le souffle. Ayant vu le film en avant-première le week-end dernier, je n’ai pas été déçue…

Sorti en 2019.

Genre : Animation.

Durée : 1h34.

Réalisation par Dean DeBlois.

Scénario par Dean DeBlois et Cressida Cowell.

Musique : John Powell.

Société de production : DreamWorks Animation.

Distribution : Universal Pictures.

toute la troupe dragons 3 le monde caché

Avec les voix françaises de Donald Reignoux  (Harold), Florine Orphelin  (Astrid), Isabelle Gardien (Valka, la mère d’Harold), Féodor Atkine (Grimmel le Grave), Emmanuel Jacomy (Stoïck la brute), Michel Dodane (Gueulfor), Émilie Rault (Kognedur Thorston), Pascal Grull (Kranedur Thorston), Arthur Pestel (Rustik), Jim Redler (Erett).

Synopsis : Harold est maintenant le chef de Berk au côté d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent.

magnifiques couleurs fluorescentes dans dragons 3

Ma vision du film :

Clap de fin pour la célèbre saga d’animation des studios Dreamworks. Nous nous étions attachés, au fil des deux premiers volets de la saga, à cette belle et indéfectible amitié nouée entre Harold et Krokmou. Il va falloir maintenant leur dire au revoir, au cours de ce troisième et dernier opus.

Le dénouement est à la hauteur des attentes des fans de la première heure, ce qui a du moins été le cas pour ma part. Visuellement, ce dernier métrage est sans aucun doute le plus réussi des trois : un réalisme poussé à son paroxysme, et notamment en ce qui concerne les détails : fourrure, poils, écailles… [Attention spoiler] Et un monde caché aux couleurs flamboyantes et fluorescentes, très réussi par les animateurs. [Fin du spoiler].

[Attention spoiler] Le film démarre fort, donnant le ton du long-métrage, avec une scène de combat spectaculaire, entre la tribu de Berk dont Harold est désormais à la tête, et les chasseurs de dragons. [Fin du spoiler].

dragons 3 le monde caché harold et krokmou

Ayant vu Dragons, deuxième du nom il y a de ça un petit moment déjà, j’ai eu du mal à me remémorer la fin de ce précédent opus. Mais des personnes n’ayant jamais vu les deux premiers auparavant, peuvent sans problème suivre ce troisième épisode de la saga, alternant entre combats qui en jettent, émotion et souvenirs très présents, notamment lorsque [Attention spoilers] Harold se remémore quelques souvenirs passés, petit, auprès de son père. Il se souvient que ce dernier lui a parlé d’un monde caché à découvrir au cas où la tribu des Vikings devraient  abandonner leurs terres actuelles afin de se réfugier dans un lieu plus tranquille, en cas de danger. Ce qu’Harold devra faire à tout prix ici pour sa survie et celle de la tribu Berk. [Fin des spoilers].

Il est également ici beaucoup question du fait, pour Harold, de prendre ses responsabilités de chef de tribu, lui qui doute encore énormément de ses choix (peu aidé dans la confiance en soi notamment par Kranedur), mais rassuré par sa mère et sa compagne Astrid, [Attention spoiler] avec laquelle il sera notamment question de mariage, bien que cela les laisse tous les deux quelque peu hésitants dubitatifs au départ. [Fin du spoiler]. Devenir un homme, chef de tribu, s’imposer face à son clan dans ses décisions : tels seront les objectifs d’Harold.

krokmou dans dragons 3 le monde caché

[Attention spoilers importants] S’il s’agit pour Harold de s’affirmer et de prendre conscience en lui et de ses capacités à diriger la tribu Berk, il s’agira également de s’affranchir et de devenir plus fort, notamment sans l’aide de Krokmou, qui va voler de ses propres ailes. Harold, prenant conscience qu’il devient nécessaire pour son fidèle ami de vivre sa vie, va lui donner sa liberté. Mais pour Krokmou, qui fait la rencontre d’une femelle furie éclair (à qui on n’a pas donné de nom !) et désormais amoureux (la scène de la parade ratée est à ce propos hilarante, avec un Krokmou facétieux et peu habituer à « draguer » !), tiraillé entre sa nouvelle vie qui lui tend les bras et le sentiment d’abandonner son ami Harold, prend néanmoins de l’assurance, et son indépendance, lui aussi. Il deviendra notamment « roi » du monde caché découvert auparavant par Harold et Astrid, avec à ses côtés la femelle furie éclair. Après un ultime et véhément combat contre Grimmel le Grave, le plus dangereux chasseur de dragons, au cours duquel il faudra sauver Harold, les « au revoir » seront poignants entre Harold et Krokmou (pour eux, comme pour nous, spectateurs), les deux amis si fusionnels. Mais sans en dire plus sur le final de cette épatante saga, ce ne seront pas des adieux, juste des au revoir… [Fin des spoilers].

femelle furie éclair dragons 3

Dans cet ultime rendez-vous avec nos amis Vikings et dragons, les personnages secondaires  seront davantage mis en avant. Cela sera notamment le cas pour Kranedur et Kognedur, les terribles frères et sœurs, Eret ou Rustik. Une façon d’un peu mieux les connaitre avant de leur dire au revoir, à eux aussi…

Une véritable réussite, une belle fin pour une saga des studios Dreamworks qui fera date. Un épilogue à ne pas rater pour les fidèles fans des deux amis Harold et Krokmou.

Et vous, comptez-vous aller voir ce troisième et dernier opus de la saga « Dragons » dans les salles obscures ? N’hésitez pas à laisser vos commentaires !

dragons 3 krokmou et harold

[Critique et analyse] Le Pôle Express : « Le grelot du Père Noël sonne toujours pour ceux qui y croient vraiment »

Affiche Le Pôle Express

En cette période de fêtes de fin d’année, j’aimerais vous proposer un film de Noël. Bien que n’affectionnant pas particulièrement ce genre de films, s’il ne devait en rester qu’un pour ma part, ce serait « Le Pôle Express ». Sorti avant les fêtes en 2004, ce premier film d’animation utilisant la technique du « motion capture » signe la troisième collaboration entre Tom Hanks et le réalisateur Robert Zemeckis, après les immenses succès légitimes qu’ont été « Forrest Gump » en 1994 et « Seul au monde » en 2000.

Sorti en 2014.

Réalisation par Robert Zemeckis.

Scénario par Robert Zemeckis, Andrew Adamson et William Broyles Jr., d’après le roman Boréal-express de Chris Van Allsburg.

Société de production : ImageMovers, Castle Rock Entertainment, Shangri-La Entertainment, Playtone, Golden Mean, Universal CGI, Warner Bros.

Distribution : Warner Bros.

Musique : Alan Silvestri et Harry Gregson-Williams.

Récompenses majeures : Bambi 2004 : prix du meilleur film international.

Grammy Awards 2006 : meilleure chanson originale écrit pour la télévision ou le cinéma pour Believe écrite par Glen Ballard et Alan Silvestri.

ASCAP Film and Television Music Awards 2005 : meilleure musique d’un blockbuster pour Alan Silvestri.

Le jeune garçon du Pôle Express

Avec les voix (originales) de Tom Hanks, plusieurs personnages : le jeune héros (capture de mouvement) / le père du garçon / le chef de train / le vagabond / Scrooge / le Père Noël, Daryl Sabara (le jeune héros (voix)), Nona Gaye (la jeune fille héroïne), Peter Scolari (Billy), Eddie Deezen (Je-sais-tout), Michael Jeter (les machinistes du train).

Synopsis : Un jeune garçon qui se met à douter de l’existence du père Noël monte dans un train mystérieux en partance pour le pôle Nord. A mesure que le Pôle Express s’enfonce dans des contrées enchantées, l’aventure est au rendez-vous et les jeunes passagers prennent conscience de l’étendue de leurs dons.

Ma vision du film :

« Le Pôle Express », de par la technique choisie pour sa réalisation, est en quelque sorte, un long-métrage « historique » : il s’agit en effet du premier film d’animation tourné exclusivement en motion capture, technique permettant d’enregistrer les positions et rotations d’objets ou de membres d’êtres vivants, pour en contrôler une contrepartie virtuelle sur ordinateur (en savoir plus ICI).

Le Pôle Express le jeune garçon et le conducteur

Si l’animation des personnages est perfectible, notamment celle des enfants, cela ne gâche en rien la magie qui se dégage du film, ni les messages positifs qu’il véhicule : il ne suffit pas de voir pour croire, l’important n’est pas où l’on va, mais de prendre le train en marche… Les enfants entre eux, notamment les trois personnages principaux, le jeune garçon, la jeune fille et Billy, ont une bonne « mentalité », s’entraident et nouent une amitié qui ne perdurera pas au-delà du voyage, mais les moments inoubliables qu’ils ont vécu ensemble feront qu’ils ne s’oublieront jamais les uns les autres.

[Attention spoilers] Lorsque le train arrive au pôle Nord, au village du Père Noël, avec l’usine à jouets dirigée par les lutins, les rues où les maisons sont éclairées, mystérieuses et à l’intérieur desquelles on aimerait tant savoir ce qui s’y passe, les rennes, tout le folklore avant minuit… [Fin des spoilers]. Tout ceci est l’image de ce qu’on se fait de Noël quand on est petit, ce qui me faisait rêver enfant lorsque je laissais mon imaginaire vagabonder et que je me demandais à quoi pouvait bien ressembler « l’univers » de « Noël ». Les paysages féériques de Laponie, le ciel la nuit avec les aurores boréales, les effets spéciaux lorsque le train s’emballe et que l’on s’imagine, cramponné comme les enfants, comme dans un grand huit… Tout participe à faire de cet instant un enchantement pour les yeux, pour l’imaginaire, oublier le temps d’un film la dureté et les difficultés de la vie.

Qu’importe où va ce train. L’important, c’est d’y monter.

Le conducteur du Pôle Express et les enfants

Billy, le jeune garçon arrivé en dernier dans le train, est absolument touchant et d’ailleurs, c’est le seul personnage qui a un prénom. Il arrive désenchanté, semblant ne plus croire en rien, pour son jeune âge. [Attention spoilers] On ne sait pas pour quelles raisons Noël est pour lui un moment si triste, mais on imagine un quotidien, une vie familiale malheureuse (volets fermés, pas de lumière, pas de vie lorsqu’on passe devant sa maison à l’aller…), même si le concernant la fin du film redonne quelque peu espoir : lorsqu’au retour, le train le dépose chez lui, on aperçoit un sapin illuminé à travers la fenêtre, une certaine chaleur retrouvée dans la chaumière… et il est le premier enfant à avoir eu son cadeau. [Fin des spoilers].

[Attention spoilers] Un moment que j’ai beaucoup aimé dans le film, est celui où avant le trajet retour du Pôle Express, le conducteur du train, ayant poinçonné deux lettres à l’aller dans chacun des billets des enfants, poinçonne cette fois un mot entier dans le billet de chacun, correspondant à une sorte de « mantra », de leçon à apprendre de la vie, sur eux-mêmes, destinée à les guider dans leur évolution en tant que personne pour l’avenir, leur « montrer le chemin » : « apprendre » pour l’enfant « je sais tout », « guider/mener » pour la jeune fille, qui semble déjà avoir l’âme d’une « leader », d’une personnalité apte à aller de l’avant et à entrainer les autres dans une bonne mouvance ; « se fier à », comme pour pousser Billy à faire confiance, à lui-même et aux autres ; et enfin, bien sûr « croire » pour le jeune garçon. [Fin des spoilers].

Billet le Pôle Express Croire

Le point fort de ce long-métrage est notamment le fait que la plupart des choses sont suggérées, faisant très fortement appel à l’imaginaire du spectateur, plutôt que de tout montrer. Noël est pour beaucoup la fête de tous les possibles, des miracles, des rêves qui se réalisent, et imaginer que tout peut arriver, est une composante nécessaire à tout bon film de Noël qui se déclame comme tel. Croire que tout est possible, juste pour une veillée, une nuit, une journée de Noël. Ne parle-ton pas de « trêve de Noël » ? Si ce terme s’applique surtout aux conflits, il peut être aussi synonyme de soucis, de tourments, de blessures qui nous pèsent dans notre vie de tous les jours, que l’on peut en quelque sorte déposer, comme un sac trop lourd à porter, près du sapin, pour quelques instants. Le temps d’un Noël…

Le Pôle Express le jeune garçon et le père Noël

« Le Pôle Express » est un film d’animation qui « respire » la magie de Noël, fait travailler l’imaginaire et « rend » leur âme d’enfant, le temps d’un film, à toutes celles et ceux qui l’auraient malheureusement perdu. Un long-métrage émouvant, sans être ni niais ni mièvre. Une réussite du réalisateur Robert Zemeckis.

Je vous souhaite, un peu en avance, de très bonnes fêtes de Noël, et n’oubliez pas :

Parfois on ne croit que ce que l’on voit, mais les choses les plus importantes au monde sont souvent celles que l’on ne voit pas.

Le Pôle Express le train