[Critique et analyse] Fantastic Mr Fox (réalisé par Wes Anderson, 2009)

Affiche Fantastic Mr Fox

Neuf ans avant « L’ile aux chiens » (voir mon article sur le film ICI) sorti il y a un an, Wes Anderson s’essayait à la réalisation de films en stop-motion, adaptant le roman de Roald Dahl, « Fantastique Maître Renard » en un film d’animation caustique, « Fantastic Mr. Fox ». On y retrouve la patte (de renard…) du réalisateur au style si particulier, presque inédit dans le paysage cinématographique, si cher aux inconditionnels du metteur en scène américain.

Genre : Film d’animation. Durée : 1h27.

Sorti en 2009.

Réalisation par Wes Anderson.

Scénario par Wes Anderson et Noah Baumbach, d’après le roman « Fantastique Maître Renard » de Roald Dahl.

Musique : Alexandre Desplat.

Société de production : Twentieth Century Fox Film Corporation, Indian Paintbrush, Regency Enterprises, American Empirical Pictures et Fox Animation Studios.

Distribution : 20th Century Fox.

Récompenses majeures : Cristal du meilleur long métrage au Festival international du film d’animation d’Annecy 2010.

Capture film Fantastic Mr Fox

Avec les voix françaises de Mathieu Amalric (George Clooney en VO) (Mr. F.F. « Foxy » Fox), Isabelle Huppert (Meryl Streep en VO) (Mrs. Felicity Fox), Alexis Tomassian (Ash Fox, le fils de Mr. et Mrs. Fox), Emmanuel Garijo (Kristofferson Silverfox, le neveu de Mr. et Mrs. Fox), Patrick Floersheim (Bill Murray en VO) (Clive Badge, le « blaireau »), Philippe Bozo (Kylie Sven Opposum), Dominique Collignon-Maurin (le Rat), Xavier Fagnon (Wes Anderson en VO) (Belette), Pierre Dourlens (Franklin Bean, un des fermiers).

Synopsis : M. Fox, le plus rusé des voleurs de poules, sa femme, Mme Fox, Ash, son fils, le cousin Kristofferson et tous les autres animaux de la forêt défient trois odieux fermiers. Ils vont vivre la plus périlleuse et délirante des aventures.

Ma vision du film :

J’ai longtemps cru, jusqu’alors, que Wes Anderson était britannique. Mais notre singulier réalisateur est américain, né à Houston, au Texas. Comment aurais-je pu l’imaginer d’une autre nationalité que britannique, tant il manie l’humour pince-sans-rire habituel des Anglais (et c’est, venant de moi, ce que j’estime être bien sûr, un compliment), mieux que personne ?

Scène de Fantastic Mr Fox

Dans ce premier film d’animation « fabriqué » de manière artisanal, par la technique du stop-motion (ou image par image, voir mon article sur le sujet ICI), on reconnaît instantanément le style distinct, original et remarquable, du réalisateur : un découpage par chapitres ou parties ; des répliques bien trouvées, bien placées, drôles et grinçantes (voir citations) ; des détails visuels et des « clins d’œil », pour lesquels il nous faudrait plusieurs visionnages afin de tous les voir et/ou en étant fin observateur. [Attention spoilers] Par exemple, dans la scène où les deux enfants, Ash et Kristofferson jouent au Whack-Bat (sport mêlant cricket et baseball), un avion avec une banderole publicitaire passe au même moment dans le ciel, au-dessus des personnages. Il faudrait faire un arrêt sur image afin de pouvoir tout bien lire, mais on peut apercevoir l’annonce de l’ouverture prochaine du supermarché Boggis, Bunce et Bean, des noms des trois fermiers ennemis de Mr. Fox, le même supermarché que l’on retrouvera à la fin, située au bout de la conduite d’égouts… où tous les animaux finiront par trouver de quoi s’alimenter afin de survivre, alors que les mêmes fermiers attendent Mr. Fox de pied ferme… Si ça, ce n’est pas un comble ! Une trouvaille de génie.

Capture d'écran scène du film Fantastic Mr Fox.

Également, on pourra retrouver (pour ceux ayant déjà visionné « L’ile aux chiens » avant « Fantastic Mr. Fox »), vers la fin du film, sur le chien ayant la rage, la même médaille que l’un des chiens dans « L’ile aux chiens », sorti 9 ans après. Flemmardise ou clin d’œil, chacun y verra ce qu’il voudra néanmoins ! [Fin des spoilers].

Mrs Fox. (à Mister Fox) « Je t’aime, mais je n’aurais jamais dû t’épouser. »

Le fils dans Fantastic Mr Fox

Les personnages principaux de « Fantastic Mr. Fox » sont logiquement « pourvus » d’un humour loufoque. Mr. Fox parle lui-même de sa marque de fabrique, ce fameux « tintement de bouche » » suivi d’un sifflement ; le mot « flûte » est très souvent employé à la place de mots ou d’expressions trop grossières, certainement pour ne pas « choquer » le jeune public : « se faire enflûter », « fils de flûte »… On entend aussi souvent durant le long-métrage, cette comptine comme une rengaine, décrivant les fermiers (au physique aussi ingrat que leur caractère, dans le film) : « Boggis, Bean, et Bunce, un petit, un gros, un mince, horribles truands, bien que différents, ils sont tous les trois si méchants… ».

Quasiment chacun des personnages possède une tare, un défaut : Mr. Fox ne peut s’empêcher de voler aux humains des poules et du cidre, il est désinvolte et a la tête dure, mais il est également quelque peu prétentieux ; Ash est jaloux de Kristofferson, impulsif ; le blaireau, complice « forcé » de Mr. Fox, ne s’impose jamais face à ce dernier, et semble partir on ne sait où lorsqu’on lui explique quelque chose (à voir ses yeux devenir psychédéliques)… Tous ces animaux sont imparfaits, tout comme nous autres êtres humains.

Mrs Fox. (à Mister Fox) « S’il se passe ce que je crois qu’il se passe, ça va mal se passer. »

Le couple Fantastic Mr Fox

Même s’il s’agit d’animaux sauvages (Mr. Fox ne cessera d’ailleurs de le répéter tout au long du film, afin sans doute de se donner une excuse d’être un voleur de poules mettant sa famille et ses semblables en danger), ils ont les mêmes préoccupations familiales, professionnelles et morales qu’un être humain : gagner sa vie, devenir propriétaire, se sentir rejeté et jamais assez bien pour son père (Ash, le fils), la jalousie de ce dernier envers Kristofferson, le neveu, qui semble si parfait… Le pardon, la résilience, la  rédemption, la confiance sont des valeurs abordées tout au long du film, des valeurs souvent mises à mal par l’instinct de l’animal sauvage, reprenant le dessus sur tout le reste.

Mister Fox – « Ma mission suicide est annulée. Nous la remplaçons par une mission sauvetage tout-ou-rien.

Scène Fantastic Mr Fox

« Fantastic Mr. Fox » est un film grouillant de détails aussi bien visuels que de clins d’œil à repérer pour les plus observateurs, de répliques bien senties et de dialogues piquants. Malgré tout, ma préférence va à « L’ile aux chiens », au propos plus « fin », plus nuancé et sans doute plus humaniste (à mon humble avis). Ces deux films d’animation, ainsi que « The Grand Budapest Hotel », sont les trois films de Wes Anderson que j’ai visionnés pour le moment, mais ils suffisent déjà se faire une idée bien précise du style Wes Anderson. Ses deux films d’animation me donne envie (entre autres réalisateurs), de m’intéresser davantage à la technique du stop-motion et de réaliser un film d’animation par ce biais.

Pour les passionnés du stop-motion et de Wes Anderson, voici deux très beaux ouvrages (en anglais) sur les coulisses de la réalisation de « Fantastic Mr. Fox » et « L’ile aux chiens » :

Fantastic Mr. Fox: The Making of the Motion Picture (lien vers l’éditeur américain Rizzoli)

Wes Anderson collection isle of dogs (lien vers l’éditeur Abrams)

La famille Fantastic Mr Fox

[Critique et analyse] Dragons 2 : quand la saga de Dreamworks bat son plein

Alors que le Affiche Dragons 2.jpgtroisième et dernier volet de la trilogie Dragons, « Le monde caché », rencontre un véritable succès en salles actuellement (2 millions de spectateurs, rien qu’en France, il s’empare de la première place du box-office !), nous savons désormais que nous ne retrouverons pas nos fidèles amis sur grand écran. Ne reste alors plus que la nostalgie, puisque ayant écrit mon analyse du premier volet de la saga (voir mon article ICI) et du dernier, vu à sa sortie ce mois-ci (ICI), je n’avais pas encore donné mon avis sur « Dragons 2 ». C’est désormais chose faite, et la trilogie sera donc dorénavant complète sur Rêves Animés !

 

Genre : Film d’animation, aventure. Durée : 1h43.

Sorti en 2014.

Réalisation par Dean DeBlois.

Scénario par Dean DeBlois et Cressida Cowell.

Musique : John Powell.

Société de production : DreamWorks Animation.

Distribution (France) : 20th Century Fox.

Récompenses majeures : Golden Globes 2015 : meilleur film d’animation.

National Board of Review Awards 2014 : meilleur film d’animation.

Avec les voix françaises de Donald Reignoux  (Harold), Florine Orphelin  (Astrid), Emmanuel Jacomy  (Stoïck la Brute), Isabelle Gardien (Valka, la mère d’Harold), Julien Kramer (Gueulfor), Arthur Pestel  (Rustik), Nathanel Alimi  (Varek), Émilie Rault (Kognedur), Pascal Grull (Kranedur), Jim Redler (Erett, fils d’Erett).

Krokmou et un autre dragon Dragons 2

Synopsis : Tandis qu’Astrid, Rustik et le reste de la bande se défient durant des courses sportives de dragons devenues populaires sur l’île, notre duo désormais inséparable parcourt les cieux, à la découverte de territoires inconnus et de nouveaux mondes. Au cours de l’une de leurs aventures, ils découvrent une grotte secrète qui abrite des centaines de dragons sauvages, dont le mystérieux Dragon Rider. Les deux amis se retrouvent alors au centre d’une lutte visant à maintenir la paix. Harold et Krokmou vont se battre pour défendre leurs valeurs et préserver le destin des hommes et des dragons.

Ma vision du film :

Alors que le monde découvre actuellement le troisième et ultime volet de la saga « Dragons » de Dreamworks, la chaine France 4 a rediffusé dernièrement « Dragons 2 », son prédécesseur. Une petite piqûre de rappel bienvenue me concernant, me permettant de se rendre compte de la portée universelle d’une trilogie désormais mythique dans l’histoire du cinéma d’animation. Si les studios ont connu de réels succès critiques et commerciaux, et sont désormais habitués des sagas au long cours (Quatre longs-métrages pour « Shrek », trois pour « Kung-Fu Panda », trois également pour « Madagascar »…), beaucoup sous-estimaient la portée de leurs œuvres, dont on se rend compte avec le temps qu’elles ont pourtant inspiré toute une génération, dont je fais partie.

La mère d'Harold Dragons 2

En revoyant « Dragons 2 » après avoir visionné « Dragons 3 : le monde caché », on se rend compte, en quelque sorte, qu’il ouvrait la voie à un épilogue, qui finalement, ne surprend guère : à chaque long-métrage, son « drame » : [Attention spoilers] l’accident d’Harold et la perte de sa jambe dans le premier, la mort de son père dans ce deuxième opus, alors qu’il vient de retrouver sa mère et que le bonheur pourrait être total auprès de tous les siens réunis, la « séparation » d’Harold et Krokmou, qui prend son « indépendance », dans le troisième et ultime volet… [Fin des spoilers]. Si Harold cache en quelque sorte ses peines et est bien plus fort que ce qu’il ne pense, les épreuves ne l’auront pas épargné tout au long des aventures du village de Berk.

Si au début du film, Harold ne veut pas entendre parler de prendre la succession de son père et devenir chef du village (il s’en confiera d’ailleurs à Astrid), aura comme une sorte de « crise identitaire », et sera désinvolte à ce sujet, [Attention spoilers] il n’aura désormais plus le choix lorsque son père, Stoïck, aura trouvé la mort, tué involontairement par Krokmou, sur qui le mâle Alpha de l’ennemi, Drago, a pris le contrôle. Pour la première fois depuis leur rencontre,  où ils se sont dès lors liés d’une amitié indéfectible, cette dernière sera mis à mal par cet évènement charnière, habilement amené par les scénaristes, à la fois climax et point de non-retour pour notre pauvre Harold. [Fin des spoilers].

Le mâle Alpha Dragons 2

[Attention spoilers] C’est également dans cet opus que nous aurons les clés pour comprendre tout le passé autour de la disparition de Valka, la mère d’Harold, dont nous ne savons pas grand-chose dans le premier « Dragons »., tout le monde pensant même qu’elle était décédée. Véritable soutien de son fils, Valka va s’avérer être cette épaule et cette piqûre de rappel de confiance en lui, si besoin est, les nombreuses fois où Harold doutera de lui et se des capacités à être un bon chef. [Fin des spoilers].

Harold va réellement devenir au fur et à mesure un homme, et « Dragons 2 » est un entre-deux où il ne sera plus tout à fait un jeune garçon, mais pas encore tout à fait un homme (homme qu’il deviendra réellement, en fait, à la fin de la trilogie, puisque le changement physique sera bien visible. [Attention spoiler] La mort de son père va l’y préparer, et le forcer à mûrir plus vite. [Fin du spoiler] Astrid sera également une alliée de poids, et va évoluer, grandir au même rythme qu’Harold, même si elle avait en quelque sorte une longueur d’avance sur lui en étant un peu plus réaliste, et étant depuis plus longtemps que lui « ancrée » dans cette réalité. Harold a dû apprendre et intégrer à vitesse grand V le fait de « diriger » un dragon mais également tout un village.

Harold et Astrid Dragons 2

La qualité visuelle et graphique monte d’un cran depuis la sortie du premier volet en 2010, avec des images, des couleurs et des textures époustouflantes. Ce sera également le cas avec un « Dragons 3 » encore plus impressionnant que les précédents. La saga des « Dragons » semble être la plus aboutie visuellement, à mon sens, de tous les films d’animation créés par les studios Dreamworks.

Quatre ans auront passé entre le premier et le deuxième « Dragons », puis cinq ans entre le deuxième et le troisième (et l’ultime). Le temps de mûrir un scénario digne de ce nom pour chaque suite, ainsi que de peaufiner visuellement une identité graphique désormais bien reconnaissable et rôdée. La fin de « Dragons 2 » était ouverte et laissait entrevoir un troisième opus qui se devait de ne pas décevoir les fans. Si celui-ci mettait a posteriori tout le monde d’accord, les avis sont plus mitigés concernant l’épilogue de « Dragons 3 » et de cette saga épique. Ce dernier venant de sortir, laissant aux plus déçus le temps de « digérer » ce final et ces adieux et de revoir, avec le recul des années, qu’au final, tout est bien qui finit bien pour nos inoubliables amis Harold et Krokmou.

Krokmou et Harold Dragons 2

[Critique et analyse] Minuscule 2 : Les mandibules du bout du monde

Nos symAffiche Minuscule 2pathiques insectes sont de retour ! Après le succès du premier long-métrage « Minuscule – La Vallée des fourmis perdues », sorti en 2014 (plus d’1 500 000 entrées en France, plus de 2 millions dans le monde, le film étant sorti dans 50 pays), et une myriade de récompenses glanées (dont le César du meilleur film d’animation en 2015), les coccinelles, fourmis et l’araignée mélomane nous enchantent de nouveau. Et si nos intrépides insectes vivent toujours dans le parc du Mercantour, ils vont voyager pour ce deuxième opus en Guadeloupe : dépaysement garanti et rencontres plus ou moins heureuses, sous le soleil !

Sorti en 2019.

Film d’animation français. Durée : 1h32.

Réalisation et scénario par Thomas Szabo et Hélène Giraud.

Musique : Mathieu Lamboley.

Studios d’animation : THE YARD / SUPAMONKS.

Société de production : Futurikon.

Distribution : Futurikon, Le Pacte.

Avec la présence à l’écran et les voix de Thierry Frémont (l’épicier), Bruno Salomone (l’homme qui mâche du chewing-gum), Stéphane Coulon (le conducteur du van), Sarah Cohen-Hadria (la mère).

Minuscule 2 extrait du film

Crédit photos: dossier presse Le Pacte.

Synopsis : Quand tombent les premières neiges dans la vallée, il est urgent de préparer ses réserves pour l’hiver. Hélas, durant l’opération, une petite coccinelle se retrouve piégée dans un carton… à destination des Caraïbes !
Une seule solution : reformer l’équipe de choc ! La coccinelle, la fourmi et l’araignée reprennent du service à l’autre bout du monde. Nouveau monde, nouvelles rencontres, nouveaux dangers… Les secours arriveront-ils à temps ?

Ma vision du film :

Je vais vous faire un aveu : pourtant grande « amoureuse » des animaux, j’ai toujours eu, malgré moi, depuis que je suis petite, peur des insectes, mais j’ai toujours eu de la tendresse et toujours beaucoup aimé les coccinelles (ce qui est toujours le cas aujourd’hui, d’ailleurs). Pour moi, en voir était toujours un évènement, car cela était rare. Avec « Minuscule », coccinelles bien sûr mais aussi fourmis voire araignées, me paraissent sous un jour nouveau.

Minuscule 2 Les mandibules du bout du monde

Avec « Minuscule 2 : Les mandibules du bout du monde », ces petites bêtes généreuses, solidaires, débrouillardes, courageuses et ayant le sens de l’amitié nous reviennent, pour le plus grand bonheur, nous partager leurs nouvelles aventures ; toujours dans le Mercantour, dans les Alpes du sud, mais également en Guadeloupe, où une des coccinelles va malencontreusement s’envoler. Ses ami(e)s insectes vont venir la sauver, avec entre autres une des fourmis et l’araignée mélomane au fort caractère.

Les créateurs de ce petit monde inventif et poétique, réalisateurs (Thomas Szabo et Hélène Giraud) comme animateurs, ont réussi à rendre ces « minuscules » attachantes, et en particulier donc, cette araignée inséparable de son baladeur, et dégourdie.

Minuscule 2 extrait du film_2

Ce nouvel opus est une merveille visuelle, mais également sonore : un graphisme très réaliste, une musique magnifique, ponctuant au couperet les évènements du film, et soulignant divinement les différentes ambiances (émotion, suspense, moments d’humour…). On passe en alternance d’un environnement à l’autre (de la montagne en hiver et ses couleurs froides, à la Guadeloupe et sa nature luxuriante), malgré quelques longueurs qui se font sentir au milieu du film. Les aventures de nos insectes préférés nous tiennent néanmoins en haleine jusqu’au bout, même si cela pourrait faire « décrocher » quelque peu les plus jeunes de l’écran, le film étant muet ; mais l’attachement sans doute déjà présent de ces derniers pour ces petits personnages déjà vus à la télé (la série « Minuscule » sur France 5) et la curiosité attisée par certaines scènes qui stimuleront leur imagination (mais également celle des plus grands), sauront sans nul doute les magnétiser jusqu’à la fin.

Car même si ces insectes ne parlent pas, elles ont leur propre mode de communication bien à elles, ce qui suffit à faire travailler notre imaginaire, en extrapolant ce qu’elles peuvent bien se dire entre elles. Aussi, certaines scènes pourront nous faire nous intéresser davantage à ses petites bêtes méconnues, et à leur mode de fonctionnement, leurs habitudes et leurs « rites » : ce que l’on voit d’elles, dans certaines scènes, est-ce vraiment la réalité ? (pour ce qui pourrait sembler réaliste, bien entendu ?) [Attention spoiler] Notamment lors d’une des scènes, j’y reviendrai plus bas, les cérémonies funèbres et les rituels d’incantation à la pleine lune existent-elles vraiment ? Si on sait que les fourmis par exemple, organisent ce genre de cérémonies lors de la mort de l’une d’entre elles, cela est-il régenté par des « codes » bien précis ? [Fin du spoiler].

Extrait du film Minuscule 2

Car on se doute que, dans la vraie vie, [Attention spoilers] des fourmis ne vont pas réussir à porter une planche de bois à elles toutes seules, même en s’y mettant à plusieurs ; une araignée et une fourmi ne vont pas non plus traverser la moitié du globe à bord d’un bateau « volant », transporté par des ballons de baudruche. [Fin des spoilers]. Mais c’est là toute la force et la magie du cinéma, notamment d’animation, et ce qu’on attend de lui, bien souvent : (nous) faire croire à l’impossible, nous déconnecter du quotidien et nous transporter dans une bulle de bonheur et de poésie qui fait du bien, le temps d’un film. Et la magie de « Minuscule 2 » a fonctionné sur moi.

Notamment grâce à des scènes hilarantes, comme celle où, [Attention spoiler] « enfermées » dans l’estomac du requin, la fourmi et l’araignée redoutent d’y rester ; l’araignée, n’y tenant plus, grâce à son baladeur et ses enceintes, va mettre la musique (techno) à fond afin que le requin, excédé par ce boucan à l’intérieur, les éjecte enfin. [Fin du spoiler].

Minuscule 2 extrait film bateau

Mais le film offre également quelques beaux moments d’émotion où je n’ai pu retenir ma larme. [Attention spoilers] La scène que j’évoquais plus haut, où la coccinelle de la colonie guadeloupéenne est veillée par les siens, à la pleine lune, lors de la cérémonie d’incantation, pour la faire revenir à la vie par des rites beaux et émouvants. Ou, à la fin, quand la maman coccinelle laisse son « rejeton » en Guadeloupe vivre sa vie avec son amoureuse rencontrée sur l’ile, malgré la peine que cela lui cause. [Fin des spoilers]. La musique souligne avec talent ces moments très touchants.

« Minuscule 2 : les mandibules du bout du monde » est la digne suite de son prédécesseur, sorti il y a déjà cinq ans. Je lui souhaite le même succès, car il le mérite : poétique, inventif, drôle, tendre et touchant, prônant de belles valeurs essentielles à transmettre à nos enfants dans cette société plus que trouble : la solidarité, la bienveillance, la compassion, l’amitié… Une bulle d’enchantement qui fait du bien.

Et vous, avez-vous vu « Minuscule 2 » ? Sinon, mon article vous a-t-il donné envie de le découvrir ? N’hésitez pas à réagir en laissant un commentaire !

Minuscule 2 les mandibules du bout du monde extrait_2