[Critique et analyse] Les Indestructibles 2, des super héros « comme tout le monde »

AyantAffiche Les Indesctructibles 2.jpg vu la suite des aventures de la famille Parr le week-end dernier au cinéma, voici mes impressions « à chaud » sur le film de Brad Bird, qui a attendu 14 ans avant de livrer ce deuxième volet des « Indestructibles » à ses nombreux fans. Pour ma part, et même si ce n’est pas ma saga préférée chez Pixar, j’ai néanmoins été agréablement surprise par ce long-métrage.

Sorti en 2018.

Réalisation et scénario par Brad Bird.

Société de production : Pixar Animation Studios et Walt Disney Pictures.

Musique : Michael Giacchino.

Distribution : Walt Disney Studios Distribution.

Avec les voix françaises de Gérard Lanvin (Robert « Bob » Parr / M. Indestructible), Déborah Perret (Helen Parr / Elastigirl), Louane (Violet Parr), Timothé Vom Dorp (Dashiell « Dash » Parr / Flèche), Thierry Desroses (Lucius Best / Frozone), Jean-Bernard Guillard (Rick Dicker), Laurent Maurel (Winston Deavor), Christine Bellier (Evelyn Deavor), Amanda Lear (Edna Mode).

RGB

Synopsis : Notre famille de super-héros préférée est de retour! Cette fois c’est Hélène qui se retrouve sur le devant de la scène laissant à Bob le soin de mener à bien les mille et une missions de la vie quotidienne et de s’occuper de Violette, Flèche et de bébé Jack-Jack. C’est un changement de rythme difficile pour la famille d’autant que personne ne mesure réellement l’étendue des incroyables pouvoirs du petit dernier… Lorsqu’un nouvel ennemi fait surface, la famille et Frozone vont devoir s’allier comme jamais pour déjouer son plan machiavélique.

Ma vision du film :

Ce deuxième opus débute exactement à la scène où le premier s’était arrêté. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que peu après, l’équilibre familial de la famille Parr est déjà bien mis à mal, avec nos super héros hors-la-loi et qui se disputent, en désaccord face à cet état de fait, des enfants voulant utiliser leurs pouvoirs pour aider leurs parents, une adolescente « victime » du statut de ses parents, notamment auprès du garçon qu’elle convoite.

Car un des messages qu’a certainement voulu nous faire passer le talentueux Brad Bird, c’est que même une famille de super héros est ordinaire, peut avoir les mêmes soucis que Monsieur et Madame Tout le monde au quotidien, contre lesquels les superpouvoirs ne peuvent rien : [Attention spoilers] parachutés dans leur motel, la famille est au plus mal, les parents se demandant lequel des deux va devoir reprendre un travail « normal ». Par la suite nous voyons Bob dépassé par son statut de père au foyer : adolescente en crise, Flèche qui veut « expérimenter » tous ses pouvoirs, Jack-Jack qui voit déjà arriver les siens… Helen partie seule en mission, Bob va devoir gérer tout ce petit monde et tous ses pouvoirs ne pourront rien pour lui… [Fin des spoilers].

Jack-Jack prend beaucoup de place dans ce volet, et c’est, après lecture des premiers avis sur le film, que l’on se rend compte qu’il est un personnage qui compte et très apprécié des spectateurs, malgré son très jeune âge. Mais la place de tous les membres de la famille dans le film est équilibrée, et aucun n’est laissé pour compte. Mention spéciale pour ma part à Flèche que j’ai trouvé très amusant.

[Attention GROS spoiler] L’intrigue mettant en scène l’hypnotiseur est très bonne, malgré le fait que l’on voit venir la coupable dès le départ (ou tout du moins que l’on soupçonne les Deavor), elle offre des péripéties tout au long du film. [Fin du spoiler].

Me concernant le temps a passé très vite, et je ne me suis pas ennuyée. Les scènes d’action avec Helen/Elastigirl sont très rythmées et spectaculaires, très réussies.

Le visuel, les graphismes sont à couper le souffle, mais c’est désormais et pratiquement depuis le début une habitude avec les célèbres studios à la lampe.

Le long-métrage offre un bon dosage entre humour, action et déconvenues de la famille Parr, et même si les intrigues et la fin sont assez prévisibles, on ne boude pas notre plaisir devant cette suite très réussie.

Le premier volet des « Indestructibles » n’était pas mon métrage favori des studios à la lampe, et cette suite ne détrônera pas « Wall-E » ou « Ratatouille » dans mon cœur, mais j’ai néanmoins passé un très bon moment, et rien que pour la claque visuelle, cela vaut le coup d’aller le découvrir dans les salles obscures. J’ai beaucoup apprécié le fait qu’une famille de super héros puisse être dépeinte comme ordinaire, ayant les mêmes difficultés qu’une famille lambda. Encore une belle réussite de Brad Bird, qui assoit davantage son statut de réalisateur qui compte grandement chez Pixar.

Avez-vous déjà vu le film au cinéma ? Irez-vous le voir ? Si vous l’avez déjà visionné, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire.

Incredibles 2

[Critique et analyse] Mr. Hublot : un court-métrage d’animation inventif et captivant

Affiche Mr Hublot« Mr. Hublot » est un court-métrage au visuel futuriste, urbain et « industriel », coréalisé par Alexandre Espigares, « papa » du magnifique long-métrage « Croc-Blanc » sorti en mars dernier (voir mon analyse ICI). Bardé de récompenses, ce court métrage d’animation très réussi met en scène un homme bourré de TOC, dont l’arrivée imprévue d’un robot chien dans son foyer va changer quelque peu le court de sa vie et de ses habitudes.

Sorti en 2013.

Réalisation par Laurent Witz et Alexandre Espigares.

Scénario par Laurent Witz.

Musique : François Rousselot.

Société de production : ZEILT Productions, WATT Frame.

Distribution : Premium Films (diffusion en salles, France, 2014).

Récompenses majeures : Oscars 2014 – Meilleur court métrage d’animation

3D Image Festival 2013 (Pologne)- Best Animation.

Kerry Film Festival 2013 (Irlande) – Best Animation.

Synopsis : Mr Hublot vit dans un monde où les gens sont partiellement faits d’éléments mécaniques, conduisant d’énormes véhicules. L’utilisation des matériaux récupérés et le gigantisme des machines règnent en maître. Mr Hublot a peur de l’extérieur : personnage retiré aux incessants TOC, il ne sort jamais de son appartement. Mais l’arrivée d’un chien de compagnie robot va l’obliger à partager son espace vital avec cet invasif compagnon.

Ma vision du film :

Je connaissais « Mr. Hublot » de nom, sans m’y être intéressée cependant plus que ça jusqu’à présent. Ayant retrouvé par hasard cet étrange personnage sur le net, j’ai visionné pour la première fois il y a quelques jours ce court-métrage sorti chez nous en 2014.

Mr-Hublot_2

Et autant dire que ce petit film d’animation est admirable, et que le visuel est magnifique. On parvient en à peine onze minutes à rentrer dans cet univers captivant, à être intrigué par ce Mr. Hublot aussi étrange qu’attachant. Peut-être certaines personnes auront pu y voir comme moi un petit air du film « Mary et Max » en ce qui concerne les troubles du personnage principal, à l’aspect beaucoup moins bizarroïde et au graphisme plus travaillé.

Travaillé au point d’avoir poussé le détail et le perfectionnisme jusqu’à l’aspect du cuir et et des coutures de la veste marron de Mr. Hublot ! Une merveille.

Mr. Hublot est un personnage bourré de TOC, a priori phobique sociale, ne sortant jamais de son appartement. Il vit un quotidien à la mécanique bien huilée, et ne supporte pas les imprévus qui pourraient venir l’enrayer.

Mr Hublot et Robot pet

Un jour, il aperçoit un chien « fait de bric et de broc » en bas de chez lui, abandonné et perdu. Face au dilemme de rester chez lui à l’abri du monde extérieur ou d’écouter son bon cœur, il finira après son rituel de TOC à aller au-delà de ses peurs, les affronter, même s’il doit pour cela énormément prendre sur lui. Il va sortir de chez lui et accueillir le jeune chien dans son foyer.

Grossissant énormément et prenant de plus en plus de place, ce dernier va mettre Mr. Hublot face à un nouveau défi : oser changer son lieu de vie, ses habitudes et son quotidien. Mr. Hublot va réussir à partager son quotidien et son habitat avec un autre être, et même si par la suite Mr. Hublot ne va pas finir par chambouler toute sa vie au final, il aura déjà fait des efforts, qui pour lui, auront été autant d’énormes pas de faits afin d’évoluer quelque peu.

Loft Mr.Hublot

Ce court-métrage admirable au scénario tout simple parlera à tous, et particulièrement aux personnes souffrant de TOC, phobiques sociales, agoraphobes, pour qui le monde extérieur est un danger et une menace constante, mais qui souffrent énormément de ne « pouvoir » vivre comme tout le monde. Et puis, on a tous à un moment voulu se réfugier dans son cocon, chez soi, et ne pas vouloir en sortir, tant l’agression perpétuelle du monde extérieur est difficile à vivre pour les hypersensibles.

Voici le court-métrage « Mr. Hublot », ayant remporté l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation en 2014. N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire !

[Critique et analyse] Dragons : une amitié humain/dragon plus forte que tout

Affiche Dragons.jpgPremier volet d’une trilogie (dont le troisième volet arrivera en 2019, actu prochainement sur le blog), « Dragons » narre les traditions de vikings chasseurs de dragons, mêlées aux aventures du jeune Harold dépassé par ces pratiques et cet « héritage » lourds à porter, tandis qu’il se lie peu à peu d’amitié avec un dragon qu’il a surnommé affectueusement « Krokmou ». Un film au succès critique et public, des scènes spectaculaires, une musique forte et des personnages attachants : un nouveau succès pour les studios Dreamworks.

Sorti en 2010.

Réalisation par Dean DeBlois et Chris Sanders.

Scénario par Dean DeBlois et Chris Sanders, d’après le roman de Cressida Cowell (2003).

Musique : John Powell et Michael Weiner.

Société de production : DreamWorks Animation, Mad Hatter Entertainment, Mad Hatter Films et Vertigo Entertainment.

Distribution (France) : Paramount Pictures France.

Dragons Krokmou et Harold

Récompenses majeures : Mostra de Venise 2010 : 3-D Award pour Chris Sanders et Dean DeBlois.

38e cérémonie des Annie Awards : 9 prix dont ceux du Meilleur film d’animation pour DreamWorks Animation et Meilleure réalisation pour le cinéma pour Chris Sanders et Dean DeBlois.

Dragons toute la troupe

Avec les voix françaises de Donald Reignoux  (Harold), Emmanuel Jacomy  (Stoïck la Brute), Julien Kramer (Gueulfor), Arthur Pestel  (Rustik), Nathanel Alimi  (Varek), Florine Orphelin  (Astrid), Émilie Rault (Kognedur), Pascal Grull (Kranedur), Emmanuel Karsen (voix additionnelles).

Synopsis : L’histoire d’Harold, jeune Viking peu à son aise dans sa tribu où combattre les dragons est le sport national. Sa vie va être bouleversée par sa rencontre avec un dragon qui va peu à peu amener Harold et les siens à voir le monde d’un point de vue totalement différent.

Ma vision du film :

Lorsque l’on lit le synopsis du film « Dragons », on pourrait se dire « encore une histoire d’un jeune garçon qui se lie d’amitié avec un être différent », et qui « renie les traditions de son peuple/de sa famille ». Si l’on convient que le scénario n’est pas inédit (et pour ce qui est du côté traditions de famille que l’on renie, « Rebelle » des studios Pixar reprendra le « filon » deux ans plus tard), il n’en reste pas moins que « Dragons » s’avère être une réussite.

Krokmou et Harold_2

Car je trouve pour ma part, notamment, que le film traite assez bien de la relation père-fils entre Stoïk et Harold (et plus généralement des relations parents-enfants), et que le simple fait de communiquer, de s’écouter vraiment, pour comprendre le point de vue de l’autre, pourrait amplement suffire à aplanir et à dénouer des relations tendues.

Harold veut notamment faire comprendre à son père « borné » à ne pas l’écouter, que les dragons ne sont pas les créatures féroces prêtes à tout pour en découdre. Ils ne font que se défendre aux attaques des Vikings, qui ne cherchent pas à les connaitre ni à les comprendre.

On se méfie donc de ceux qui sont différents de nous, comme s’ils étaient forcément une menace.

Dragons Krokmou

Krokmou, le dragon avec qui Harold se lie d’amitié, est sans nul doute le plus attachant et le plus touchant de tous les personnages du film. Il est très réussi visuellement et ses yeux sont très expressifs.

Il réside comme une sorte « d’évidence » parfois, au cinéma, entre deux êtres qui se lient à ce point, sans qu’on ne puisse expliquer ni comprendre ce fait. C’est cette relation qui existe entre Harold et Krokmou. [Attention spoiler] Harold devait tuer Krokmou, mais il n’a pas réussi à le faire. Il ne sait lui-même pas expliquer pourquoi il ne l’a pas fait, notamment à Astrid, quand elle le lui demande. [Fin du spoiler].

Dans le film, les Vikings nous font quelque peu penser à certains personnages tout droit sortis d’ « Astérix ». Peut-être est-ce là une des clés pour comprendre l’attachement de nombreux spectateurs à ce film et ses personnages ; quoique la clé de voûte du succès s’explique pour ma part dans le duo si touchant Harold-Krokmou. Harold, à son âge, n’a pas encore véritablement l’allure (et surtout la carrure) d’un Viking.

[Attention spoiler] Lors d’une des scènes finales, assez mouvementée, tout se finit bien pour nos deux amis et le reste des Vikings, mais Harold a perdu une partie de sa jambe, remplacée par une prothèse fabriquée par les siens. Il sera plus que jamais lié à Krokmou, et on retrouvera ce duo plein de surprise lors du deuxième volet (analyse à voir prochainement sur le blog). [Fin du spoiler].

Alors, si les aventures d’Harold et Krokmou ne sont certes pas inédites, le cinéma peut (et se doit) d’être aussi là pour nous « rassurer », nous apporter une nouvelle fois un message positif d’amitié, de tolérance et d’entraide, et cela ne peut jamais nous faire de mal…  « Dragons » est un beau film des studios Dreamworks, plein d’émotion, d’humour, d’images extraordinaires, de personnages attachants (notamment le duo Harold-Krokmou bien sûr, mais également Astrid ou Stoïk).

Et vous, avez-vous déjà vu « Dragons » ? Qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à partager votre avis en commentaire !

Krokmou et Harold