Joyeux Noël à tous, chers lecteurs de Rêves Animés !

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Avec Wall-E… With Wall-E…

Wall-E Noël.jpg

(http://adventureswithwalle.tumblr.com/)

 

[Critique et analyse] Le Pôle Express : « Le grelot du Père Noël sonne toujours pour ceux qui y croient vraiment »

Affiche Le Pôle Express

En cette période de fêtes de fin d’année, j’aimerais vous proposer un film de Noël. Bien que n’affectionnant pas particulièrement ce genre de films, s’il ne devait en rester qu’un pour ma part, ce serait « Le Pôle Express ». Sorti avant les fêtes en 2004, ce premier film d’animation utilisant la technique du « motion capture » signe la troisième collaboration entre Tom Hanks et le réalisateur Robert Zemeckis, après les immenses succès légitimes qu’ont été « Forrest Gump » en 1994 et « Seul au monde » en 2000.

Sorti en 2014.

Réalisation par Robert Zemeckis.

Scénario par Robert Zemeckis, Andrew Adamson et William Broyles Jr., d’après le roman Boréal-express de Chris Van Allsburg.

Société de production : ImageMovers, Castle Rock Entertainment, Shangri-La Entertainment, Playtone, Golden Mean, Universal CGI, Warner Bros.

Distribution : Warner Bros.

Musique : Alan Silvestri et Harry Gregson-Williams.

Récompenses majeures : Bambi 2004 : prix du meilleur film international.

Grammy Awards 2006 : meilleure chanson originale écrit pour la télévision ou le cinéma pour Believe écrite par Glen Ballard et Alan Silvestri.

ASCAP Film and Television Music Awards 2005 : meilleure musique d’un blockbuster pour Alan Silvestri.

Le jeune garçon du Pôle Express

Avec les voix (originales) de Tom Hanks, plusieurs personnages : le jeune héros (capture de mouvement) / le père du garçon / le chef de train / le vagabond / Scrooge / le Père Noël, Daryl Sabara (le jeune héros (voix)), Nona Gaye (la jeune fille héroïne), Peter Scolari (Billy), Eddie Deezen (Je-sais-tout), Michael Jeter (les machinistes du train).

Synopsis : Un jeune garçon qui se met à douter de l’existence du père Noël monte dans un train mystérieux en partance pour le pôle Nord. A mesure que le Pôle Express s’enfonce dans des contrées enchantées, l’aventure est au rendez-vous et les jeunes passagers prennent conscience de l’étendue de leurs dons.

Ma vision du film :

« Le Pôle Express », de par la technique choisie pour sa réalisation, est en quelque sorte, un long-métrage « historique » : il s’agit en effet du premier film d’animation tourné exclusivement en motion capture, technique permettant d’enregistrer les positions et rotations d’objets ou de membres d’êtres vivants, pour en contrôler une contrepartie virtuelle sur ordinateur (en savoir plus ICI).

Le Pôle Express le jeune garçon et le conducteur

Si l’animation des personnages est perfectible, notamment celle des enfants, cela ne gâche en rien la magie qui se dégage du film, ni les messages positifs qu’il véhicule : il ne suffit pas de voir pour croire, l’important n’est pas où l’on va, mais de prendre le train en marche… Les enfants entre eux, notamment les trois personnages principaux, le jeune garçon, la jeune fille et Billy, ont une bonne « mentalité », s’entraident et nouent une amitié qui ne perdurera pas au-delà du voyage, mais les moments inoubliables qu’ils ont vécu ensemble feront qu’ils ne s’oublieront jamais les uns les autres.

[Attention spoilers] Lorsque le train arrive au pôle Nord, au village du Père Noël, avec l’usine à jouets dirigée par les lutins, les rues où les maisons sont éclairées, mystérieuses et à l’intérieur desquelles on aimerait tant savoir ce qui s’y passe, les rennes, tout le folklore avant minuit… [Fin des spoilers]. Tout ceci est l’image de ce qu’on se fait de Noël quand on est petit, ce qui me faisait rêver enfant lorsque je laissais mon imaginaire vagabonder et que je me demandais à quoi pouvait bien ressembler « l’univers » de « Noël ». Les paysages féériques de Laponie, le ciel la nuit avec les aurores boréales, les effets spéciaux lorsque le train s’emballe et que l’on s’imagine, cramponné comme les enfants, comme dans un grand huit… Tout participe à faire de cet instant un enchantement pour les yeux, pour l’imaginaire, oublier le temps d’un film la dureté et les difficultés de la vie.

Qu’importe où va ce train. L’important, c’est d’y monter.

Le conducteur du Pôle Express et les enfants

Billy, le jeune garçon arrivé en dernier dans le train, est absolument touchant et d’ailleurs, c’est le seul personnage qui a un prénom. Il arrive désenchanté, semblant ne plus croire en rien, pour son jeune âge. [Attention spoilers] On ne sait pas pour quelles raisons Noël est pour lui un moment si triste, mais on imagine un quotidien, une vie familiale malheureuse (volets fermés, pas de lumière, pas de vie lorsqu’on passe devant sa maison à l’aller…), même si le concernant la fin du film redonne quelque peu espoir : lorsqu’au retour, le train le dépose chez lui, on aperçoit un sapin illuminé à travers la fenêtre, une certaine chaleur retrouvée dans la chaumière… et il est le premier enfant à avoir eu son cadeau. [Fin des spoilers].

[Attention spoilers] Un moment que j’ai beaucoup aimé dans le film, est celui où avant le trajet retour du Pôle Express, le conducteur du train, ayant poinçonné deux lettres à l’aller dans chacun des billets des enfants, poinçonne cette fois un mot entier dans le billet de chacun, correspondant à une sorte de « mantra », de leçon à apprendre de la vie, sur eux-mêmes, destinée à les guider dans leur évolution en tant que personne pour l’avenir, leur « montrer le chemin » : « apprendre » pour l’enfant « je sais tout », « guider/mener » pour la jeune fille, qui semble déjà avoir l’âme d’une « leader », d’une personnalité apte à aller de l’avant et à entrainer les autres dans une bonne mouvance ; « se fier à », comme pour pousser Billy à faire confiance, à lui-même et aux autres ; et enfin, bien sûr « croire » pour le jeune garçon. [Fin des spoilers].

Billet le Pôle Express Croire

Le point fort de ce long-métrage est notamment le fait que la plupart des choses sont suggérées, faisant très fortement appel à l’imaginaire du spectateur, plutôt que de tout montrer. Noël est pour beaucoup la fête de tous les possibles, des miracles, des rêves qui se réalisent, et imaginer que tout peut arriver, est une composante nécessaire à tout bon film de Noël qui se déclame comme tel. Croire que tout est possible, juste pour une veillée, une nuit, une journée de Noël. Ne parle-ton pas de « trêve de Noël » ? Si ce terme s’applique surtout aux conflits, il peut être aussi synonyme de soucis, de tourments, de blessures qui nous pèsent dans notre vie de tous les jours, que l’on peut en quelque sorte déposer, comme un sac trop lourd à porter, près du sapin, pour quelques instants. Le temps d’un Noël…

Le Pôle Express le jeune garçon et le père Noël

« Le Pôle Express » est un film d’animation qui « respire » la magie de Noël, fait travailler l’imaginaire et « rend » leur âme d’enfant, le temps d’un film, à toutes celles et ceux qui l’auraient malheureusement perdu. Un long-métrage émouvant, sans être ni niais ni mièvre. Une réussite du réalisateur Robert Zemeckis.

Je vous souhaite, un peu en avance, de très bonnes fêtes de Noël, et n’oubliez pas :

Parfois on ne croit que ce que l’on voit, mais les choses les plus importantes au monde sont souvent celles que l’on ne voit pas.

Le Pôle Express le train

[Critique et analyse] The Artist : la déchéance puis la renaissance d’une star du cinéma muet, grâce à l’Amour

Affiche The Artist.jpgSi je mets parfois du temps à voir certains films qualifiés de « chefs-d’œuvre », c’est parce qu’à l’époque, le phénomène a pu m’échapper, et qu’à force de tapage autour du dit long-métrage, on se dit que c’est peut-être beaucoup de bruit pour pas grand-chose… C’est aussi pour prendre du recul et de la distance, d’une certaine manière, et pour ne pas être influencée en visionnant le film, par l’agitation qui gravite tout autour… « The Artist », que je viens seulement de visionner il y a peu, a pourtant mérité ses multiples récompenses à travers le monde. Et si je connaissais déjà quelque peu le travail de Michel Hazanavicius par ses très réussis « OSS 117 », déjà avec Jean Dujardin à l’affiche, le long-métrage m’a donné le goût du cinéma muet, domaine dans lequel je suis totalement novice.

Sorti en 2011.

Réalisation et scénario par Michel Hazanavicius.

Musique : Ludovic Bource, interprétée par le Brussels Philharmonic et le Brussels Jazz Orchestra.

Société de production : La Petite Reine ; La Classe américaine, France 3 Cinéma, Studio 37, JD Prod, uFilm, Jouror Productions (coproductions).

Société de distribution : Warner Bros. France (France) ; Alliance Vivafilm (Québec), Cinéart (Belgique), Praesens film (Suisse romande), The Weinstein Company (autres).

Récompenses majeures : le film a reçu a travers le monde plus de 100 récompenses, autant dire qu’en faire la liste détaillée ici prendrait un temps infini, et je vous invite ICI si vous souhaitez consulter une liste assez complète des principales récompenses glanées par « The Artist ». Mais bien entendu, les récompenses ultimes restent les 5 Oscars gagnés en 2012 : Meilleur Film, Meilleur Réalisateur pour Michel Hazanavicius, Meilleur Acteur pour Jean Dujardin, Meilleurs Costumes pour Mark Bridges, Meilleure Musique pour Ludovic Bource.

George et Uggie The Artist

Avec Jean Dujardin (George Valentin), Bérénice Béjo (Peppy Miller), Uggie (Jack, le chien de George), James Cromwell (Clifton, le chauffeur/valet), John Goodman (Al Zimmer, le patron des studios Kinograph), Penelope Ann Miller (Doris, la femme de George), Missi Pyle (Constance, la partenaire de George dans le film A Russian Affair).

Synopsis : Hollywood 1927. George Valentin est une vedette du cinéma muet à qui tout sourit. L’arrivée des films parlants va le faire sombrer dans l’oubli. Peppy Miller, jeune figurante, va, elle, être propulsée au firmament des stars. Ce film raconte l’histoire de leurs destins croisés, ou comment la célébrité, l’orgueil et l’argent peuvent être autant d’obstacles à leur histoire d’amour.

Peppy Miller Bérénice BéjoThe Artist

Ma vision du film :

À force de voir depuis toujours des films dits « modernes », parlants et d’être habitués à (presque) toujours tout comprendre, nous oublions parfois qu’à l’origine, le cinéma était muet et qu’il se devait de retranscrire au mieux, afin d’être compréhensible par le plus grand nombre de spectateurs, les émotions et pensées des personnages par des gestes, mimiques et expressions faciales et corporelles exagérées.

J’avoue, jusqu’à présent, ne pas m’être intéressée davantage par le cinéma muet, mais « The Artist », de par la volonté de son réalisateur, Michel Hazanavicius, de réaliser un film muet, en noir et blanc, dans les années 2010, était un moyen de me mettre, petit à petit, dans le bain afin de découvrir par la suite des « classiques » du cinéma muet d’époque.

The Artist Peppy Miller

Ayant tout à apprendre dans ce domaine, j’ai également plaisir à lire les articles d’un passionné et fin connaisseur en la matière, Quentin, créateur du blog partenaire et ami des premiers jours de Rêves Animés, À la rencontre du septième art. Un de ses articles sur le sujet, passionnant et passionné, vous donne les 4 raisons de s’intéresser au cinéma muet, avec la liste de quelques œuvres majeures pour vous faire découvrir cet Art à part entière. Si tout comme moi vous êtes néophyte, vous ne pourrez que sortir de cette lecture intéressés par le sujet, et vous pourrez vous y initier, peut-être en visionnant en premier lieu « The Artist », étant en quelque sorte « rassurés » de voir des acteurs aux visages connus, en les personnes de Jean Dujardin et Bérénice Béjo.

Ce qui fut également mon cas lorsque j’ai voulu récemment mettre un « pied dedans », en regardant le seul film muet de ces dernières années, un sacré pari et une envie réelle et profonde pour Michel Hazanavicius. En s’entourant de personnes qui lui sont familières et avec qui il se sent à l’aise, qu’ils soient notamment acteurs (Jean Dujardin et Bérénice Béjo, sa compagne), ou producteur (Thomas Langmann), le réalisateur a pu faire en sorte que chacun donne le meilleur de lui-même, sans avoir à devoir prendre des pincettes sur le tournage. Mais aussi, la complicité déjà présente des deux principaux protagonistes, ayant déjà joué ensemble sur « OSS 117 : Le Caire nid d’espions » (2006), a grandement aidé à la crédibilité de leur duo.

George Valentin Jean Dujardin The Artist

[Attention spoilers] Dans « The Artist », George et Peppy se rencontrent fortuitement, à la sortie de l’avant-première du dernier film dans lequel George Valentin est une nouvelle fois la vedette. Le culot de la jeune Peppy Miller, gonflée à bloc par sa petite « notoriété » suite à sa rencontre improvisée avec George Valentin, va se présenter à une audition pour un film, pour incarner une figurante sachant danser. Elle va se retrouver, sans le savoir préalablement, à partager l’affiche avec… George Valentin, bien entendu. [Fin des spoilers].

Ces auditions, visiblement ouvertes à tou(te)s, prouvaient-elles véritablement, qu’à l’époque, tout le monde pouvait devenir figurant(e), puis star montante du cinéma, sous couvert d’être un peu « culotté(e) » et de savoir un minimum « jouer » ?  Voici une question intéressante qui mérite d’être posée, quand certaines personnes, pourtant passionnées, sont découragées, de nos jours, à devenir acteur/actrice, pensant (à tort ou à raison ?) que les étapes à parvenir sont bien trop longues et fastidieuses.

Peppy, de par son talent et sa fraicheur, va charmer Hollywood (qui à l’époque, pour l’anecdote, avait encore toutes les lettres de son enseigne sur la colline, HollywoodLand, voir photo plus bas), et va gravir un à un les échelons de la célébrité et devenir une des premières starlettes du cinéma parlant. Son énergie communicative, son sourire, sa bonne humeur perpétuelle, font d’elle la « girl next door » de l’époque des années folles, la jeune femme positive et énergique que nous aurions toutes aimé avoir comme amie, celle qui remonte toujours le moral des troupes durant les moments difficiles. George, préoccupé par son déclin, et par son couple qui bat de l’aile, tombera bien évidemment sous le charme de Peppy, mais sera plus lent et réticent que Peppy à vivre cette histoire d’amour.Hollywoodland

[Attention spoilers] Cette scène au début, quand Peppy se rend dans la loge de George, où elle se drape dans la veste de ce dernier, et où nous voyons cette main (celle de George) qu’imagine Peppy l’enlacer, est très bien pensée, poétique et romantique. Malgré tout, par la suite, nous ne verrons jamais une véritable « idylle » entre eux à l’écran, dans le sens où aucun baiser ne sera échangé, et qu’aucune étreinte ne sera visible…. juste une très belle complicité et un amour véritable que l’on imagine. Car si au départ, cela était prévu, l’équipe du film, après avoir débattu la question, a jugé plus approprié de laisser leur histoire « platonique », par rapport à la pudeur de rigueur pour l’époque. [Fin des spoilers]. Cela n’enlève en rien au charme de leur duo, bien au contraire, cela renforçant en quelque sorte leur complicité par une ambiance plus poétique, fragile et « sur le fil », évitant de réduire leur histoire à des scènes d’amour charnel trop faciles.

En ce qui concerne la descente aux enfers et lente déchéance de Gorge, rien ne lui sera, ni nous ne sera épargné : son déclin à l’arrivée du cinéma parlant, sa séparation, sa ruine financière… [Attention spoilers] Par deux fois, désespéré, il tentera de mettre fin à ses jours, donnant lieu à deux scènes poignantes : la première, où il met le feu à son domicile, en brûlant les pellicules de tous ses films, n’épargnant que celle du film où il partage l’affiche avec Peppy (même si nous ne savons pas vraiment, au final, si c’est une réelle tentative ou s’il mettra le feu à ses pellicules dans un accès de colère) ; il sera sauvé par son chien fidèle petit chien, Jack. La deuxième, où une bonne trouvaille de mise en scène, astucieuse « pirouette », nous fait croire qu’il se tue avec son revolver, lorsque le panneau intertitre « Bang » se révèle être, heureusement, le choc de la voiture de Peppy, venue le sauver, qui percute un arbre. [Fin des spoilers].

Peppy Miller dans The Artist

Mention spéciale à Uggie, le Jack Russell compagnon de George (décédé en 2015). Il a reçu un « Palme Dog » au Festival de Cannes en 2011, et a même écrit ses mémoires ! Ce petit chien n’est pas qu’un « accessoire » mais se révèlera être un personnage à part entière (voir plus haut), mais il fera partie des fidèles soutiens de son maitre, un de ses « anges gardien », au même titre que Peppy et Clifton, son chauffeur et majordome.

Uggie The Artist

« The Artist » est bien plus qu’un hommage au cinéma muet, c’est un véritable film muet à part entière de notre époque, tour à tour drôle, burlesque, sensible et poétique, parfois sombre aussi. Jean Dujardin incarne à merveille un George Valentin aux multiples facettes, et Bérénice Béjo une Peppy expressive, mutine, enjouée, passionnée, amoureuse, bienveillante et protectrice envers George. Un long-métrage qui m’a donné le goût du cinéma muet, et qui s’avère être une véritable réussite. Quelques scènes trainant quelque peu en longueur ne gâchent en rien ce beau spectacle, habilement mis en scène par un Michel Hazanavicius inspiré.

Avez-vous déjà vu « The Artist » ? Si oui, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à donner votre avis !

The Artist George et Peppy