20 ans du Festival international du film d’Aubagne : Concert hommage à la musique de film – Quand la musique de film prend aux tripes

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Du 18 au 23 mars se tenait à Aubagne la 20ème édition du Festival international du film d’Aubagne, sous le thème « Music et cinéma ». À l’occasion du 20ème anniversaire du festival, en tant que cinéphile et mélomane, je n’ai pas manqué l’occasion d’assister au concert hommage de la musique de film, magistralement interprété par l’Orchestre de la Camerata du Rhône. Une soirée magnifique, hors du temps, qui prouve une fois de plus que le cinéma et la musique sont indissociables afin de nous faire passer une palette infinie d’émotions et de sentiments.

C’est un article d’un tout autre genre que je vous propose aujourd’hui sur Rêves Animés. SI je vous ai déjà fait part de mon enthousiasme lors de ma visite au Musée Cinéma et Miniature de Lyon, ou de l’Éden Théâtre de la Ciotat, plus vieux cinéma du monde encore en activité, je n’avais encore jamais fait de chronique afin de présenter un évènement en rapport avec le cinéma.

Le Festival International du film d’Aubagne a fêté cette année son vingtième anniversaire. À cette occasion, nombre d’évènements ont été organisés lors de la semaine du 18 au 23 mars 2019. Certains compositeurs prestigieux de musiques de films étaient présents lors de la projection de certains longs-métrages pour lesquels ils ont brillamment œuvré. Bruno Coulais, pour ne citer que lui, entre autres, était présent pour l’évènement « Accords en duo » (un nouveau rendez-vous crée à l’occasion des 20 ans du festival), pour présenter le film d’animation « Le  chant de la mer » (voir mon article sur le film ICI), auprès du réalisateur du film Tom Moore, présent également lors de la projection du film.

Gaël Rassaert Camerata du Rhône

Gaël Rassaert, créateur et directeur artistique de la Camerata du Rhône.

Mais attardons-nous sur le concert hommage à la musique de film, auquel j’ai assisté le vendredi 22 mars. Idéalement placés au deuxième rang, mon époux et moi avons pu profiter au mieux de cette soirée magnifique. Pour l’un et l’autre, ce fut la première fois que nous assistions à un concert donné par un orchestre. La Camerata du Rhône, collectif de musiciens lyonnais sans chef d’orchestre (mais en ce qui concerne cette soirée, un chef d’orchestre les a tout de même dirigés). Créé et emmené par Gaël Rassaert, violoniste soliste et directeur artistique du groupe, l’orchestre était composé ce soir-là de 22 musiciens (parmi eux des violonistes donc, des violoncellistes, un pianiste, une harpiste, plusieurs instruments à vent…). Un groupe talentueux, vivant la musique, et les spectateurs des premiers rangs, nous parmi d’autres, pouvions les entendre respirer comme ils jouent, ou surtout jouer comme ils respirent !

Bruno Coulais

Le compositeur Bruno Coulais.

 

Le concert était scindé en deux parties. La première (avec un film projeté simultanément sur grand écran derrière l’orchestre) retraçait chronologiquement l’histoire du cinéma et de la musique de film, de la création du cinématographe par les frères Lumière, les premiers films de Georges Méliès, le cinéma muet, jusqu’aux films plus récents des années 1990 (d’ailleurs, à ce sujet, il fallait forcément faire des choix, mais j’étais quelque peu frustrée du fait que la « rétrospective » s’arrête à l’année 1993). Les musiques jouées rendaient hommage aux plus grands compositeurs de musiques de films : Charlie Chaplin, Michel Legrand, Maurice Jarre, John Williams…) et à leurs thèmes qui ont su marquer les plus grands films par leurs notes et leurs airs aujourd’hui reconnaissables par tous.

La seconde partie reprenait les thèmes musicaux créés spécialement pour les 20 ans du festival par une vingtaine de grands compositeurs présents lors de cette soirée, de 2008 à aujourd’hui : Bruno Coulais donc, mais également entre autres Pierre Adenot, Gilles Alonzo, Charles Papasoff, Stephen Warbeck…

Les temps modernes Charlie Chaplin

« Les temps modernes » de Charlie Chaplin.

Dès le premier thème joué (« Les temps modernes » de Charlie Chaplin), en tant que cinéphile mais également mélomane (le violon est littéralement l’instrument capable de me faire tirer les larmes en quelques secondes), j’étais prise par l’émotion, ayant la gorge nouée (j’aurais été bien incapable de sortir un mot si on me parlait à ce moment-là), un visage impassible tant la magie de l’instant, créé par ces musiciens talentueux, jouant ces thèmes magnifiques dans le très beau théâtre Comoedia d’Aubagne, était telle à m’émouvoir à ce point. Je m’efforçais de me retenir de pleurer, comme quand je le faisais parfois petite, notamment devant mes parents, parce que j’avais peur de paraître ridicule (ce qui m’est déjà arrivé devant le film « E.T. l’extraterrestre » diffusé à la télé).

Lors de ces moments hors du temps, portés par la beauté, l’allégresse et l’émotion de l’instant, on se dit que vivre (en grande partie) pour sa (ses) passion(s) et la joie que cela nous procure n’est pas seulement un acte d’égoïsme, mais que cela nous permet de vivre pleinement et de partager ensuite le meilleur de nous-mêmes. C’est le cas pour tous les artistes et passionnés au monde qui se sont battus, contre vents et marées, face aux difficultés, les phrases décourageantes et assassines de leur entourage plus ou moins proche, continuer à croire en eux et en leur voie car s’ils ne voyaient pas vivre si ce n’était pas pour faire ce qu’ils aiment le plus au monde. Musiciens, comédiens, réalisateurs, compositeurs, scénaristes, chanteurs, danseurs, écrivains… Sans eux, il n’y aurait ni cinéma, ni spectacles, ni théâtre, ni concerts, ni livres, et nous vivrions dans un monde bien triste, sans ces passeurs d’émotions…

Lawrence d'Arabie

Les musiciens de la Camerata du Rhône, ainsi que les compositeurs ont été longuement ovationnés par les spectateurs du théâtre Comoedia à la fin du concert, à tel point qu’ils étaient eux-mêmes étonnés d’une telle ferveur. Mais elle était largement méritée au regard de la soirée qu’ils nous offerte et de la passion qu’ils nous ont fait partager. Une raison de plus pour moi d’aimer avec davantage de passion, s’il en était besoin, le cinéma (et la musique de film donc par la même occasion), qui déjà me fait vibrer et me donne des étoiles dans les yeux (voir ICI mon article sur ce que le cinéma m’apporte, bien au-delà des écrans).

Liste des musiques de film interprétées par le Camerata du Rhône (il est possible qu’il y ait des oublis, j’ai tenté de lister de mémoire le lendemain du concert) :

  • Les temps modernes (Charlie Chaplin, 1936, musique par Charlie Chaplin également),
  • Psychose (Alfred Hitchcock, 1960, musique par Bernard Herrmann),
  • Lawrence d’Arabie (David Lean, 1962, musique par Maurice Jarre),
  • Le Mépris (Jean-Luc Godard, 1963, musique par Georges Delerue),
  • Les demoiselles de Rochefort (Jacques Demy, 1967, musique par Michel Legrand),
  • Le Parrain (Francis Ford Coppola, 1972, musique par Nino Rota),
  • Out of Africa (Sidney Pollack, 1985, musique par John Barry),
  • La liste de Schindler (Steven Spielberg, 1993, musique par John Williams),
  • L’étrange Noël de Monsieur Jack (Henry Selick, 1993, Danny Elfmann).

Pour en savoir plus sur le Festival International du Film d’Aubagne : https://festival2019.aubagne-filmfest.fr/fr/

Sur le concert hommage à la musique de film du vendredi 22 mars 2019, et la liste des compositeurs présents : https://festival2019.aubagne-filmfest.fr/fr/musique/concert-hommage-a-la-musique-de-film

Sur le collectif de musiciens de la Camerata du Rhône : https://camerata2.wixsite.com/lacamerata/about-us

Concert hommage à la musique de film 22 mars 2019 Aubagne.jpg

La Camerata du Rhône et leur chef d’orchestre d’un soir, lors du concert hommage à la musique de film, à l’occasion des 20 ans du Festival international du film d’Aubagne – Vendredi 22 mars 2019. Crédit photo : Facebook du festival

[Critique et analyse du film] Wonder (2017) : « On ne se fond pas dans la masse quand on est né pour briller »

AdaptatiAffiche Wonder.jpgon sur grand écran du bestseller éponyme de R.J. Palacio sorti en 2012, « Wonder » est un film qui porte « merveilleusement » bien son nom. Une pépite pleine d’émotion, d’amour, de bienveillance, d’humour et d’humanité. Censé être un drame, le long-métrage n’est jamais plombant, malgré les difficultés que peut rencontrer le jeune Auggie. Un film toujours optimiste, positif et qui se veut redonner confiance en l’être humain, malgré les critiques le disant « trop plein de bons sentiments ». Mais le public a toujours raison, puisqu’il a plébiscité le film et ses interprètes : avoir la souriante et pétillante Julia Roberts et le « cool » Owen Wilson, côté ondes positives, ça aide !

Genre : Comédie dramatique (mais ce film n’est pas réellement triste, il n’en sort que du positif, je vous l’assure !).

Sorti en 2017. Durée : 1h50.

Réalisation par Stephen Chbosky.

Scénario par : Stephen Chbosky, Steven Conrad et Jack Thorne, d’après le bestseller Wonder de R.J. Palacio (2012).

Musique : Marcelo Zarvos.

Société de production : Lionsgate, Mandeville Films, Participant Media, Walden Media et TIF Films.

Distribution : Metropolitan FilmExport.

Wonder Auggie avec son casque de cosmonaute

Avec Jacob Tremblay (August Pullman), Julia Roberts (Isabel Pullman), Owen Wilson (Nate Pullman), Izabela Vidovic (Via Pullman, la sœur d’August), Danielle Rose Russell (Miranda), Nadji Jeter (Justin, le petit ami de Via), Mandy Patinkin (Mr. Tushman), Daveed Diggs (Mr Browne, le professeur d’anglais), Noah Jupe (Jack Will, l’ami d’August), Millie Davis (Summer), Elle McKinnon (Charlotte), Bryce Gheisar (Julian).

Synopsis : August Pullman (surnommé Auggie) est un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a empêché jusqu’à présent d’aller normalement à l’école. Aujourd’hui, il rentre en CM2 à l’école de son quartier. C’est le début d’une aventure humaine hors du commun. Chacun, dans sa famille, parmi ses nouveaux camarades de classe, et dans la ville tout entière, va être confronté à ses propres limites, à sa générosité de cœur ou à son étroitesse d’esprit. L’aventure extraordinaire d’Auggie finira par unir les gens autour de lui.

Ma vision du film :

Résolument optimiste, « Wonder » fait partie de ces rares films qui font du bien, une fois le générique de fin terminé. Sorti en 2017, je ne viens de découvrir cette pépite que très récemment. Je reste sous son « emprise » positive plusieurs jours après avoir visionné le film et j’espère le rester encore longtemps.

Wonder Parents d'Auggie

Suivant à la fois le quotidien d’Auggie dans sa nouvelle école, n’éludant aucune difficulté vécue par le jeune garçon (les scènes où Auggie est en pleurs et se confie à sa mère, son père et sa sœur sont désarmantes et tireraient une larme au plus dur), ni le « sacrifice » qu’a dû faire Isabel, ayant abandonné sa thèse (qu’elle reprendra dans le film) et sa carrière d’illustratrice, le sentiment de solitude et « d’abnégation forcée » ressenti par Via, la sœur d’Auggie, qui pourtant, n’a jamais éprouvé le moindre sentiment de rancune envers son jeune frère (et d’ailleurs, comme elle l’a si bien dit à son petit ami Justin, « ça aurait pu être moi, j’ai eu plus de chance que lui »), consciente de ce que peut éprouver Auggie. Toujours bienveillante envers ce dernier, Via est une grande sœur exemplaire.

La particularité du film réside dans le fait que le réalisateur ne nous place pas seulement du point de vue d’Auggie, mais de tout son entourage (ce qui était déjà le cas dans le roman de R.J. Palacio, également productrice exécutive du film, qui a supervisé le tournage et a veillé à ce que l’esprit de son livre soit respecté).

Wonder Via soeur d'Auggie

Via, la sœur d’Auggie.

Nous pouvons donc, en moins de deux heures, nous mettre « dans la peau » de plusieurs membres de l’entourage d’Auggie, et ainsi comprendre ce qui les amène à leurs actions, et être en empathie envers eux (plus ou moins pour certains, je vous l’accorde). L’idée est également de faire comprendre que chaque membre de l’entourage d’Auggie a sa singularité et son importance, autant individuellement qu’envers le jeune garçon (même la chienne de la famille, Daisy, présente sur l’affiche du film plus haut, aura sa propre scène dédiée dans le film, car un animal de compagnie est un membre de la famille à part entière !).

Il aurait également été intéressant de se mettre dans la peau d’un des harceleurs d’Auggie, Julian par exemple, pour comprendre ce qui pousse ces enfants à devenir aussi malveillants envers leurs camarades [Attention spoiler] (même si à un certain moment du film, on comprend que la jalousie est un moteur plus ou moins aidant, car Auggie devient apprécié de ses camarades grâce à sa gentillesse et son humour, mais également parce qu’avec Jack, ils gagnent le concours de science). [Fin du spoiler].

Wonder Auggie pleure

Si certaines critiques blâment le film en prétendant que tout l’entourage d’Auggie est bien trop parfait (la gentillesse est une denrée dont la portée universelle semble s’être éteinte en même temps que l’ère des réseaux sociaux, et du tout et tout le monde toujours connecté), il est vrai que la bienveillance et l’attention du professeur d’anglais M. Browne et du principal M. Tushman), de la famille d’Auggie et de certains de ses camarades, font chaud au cœur dans un monde aussi trouble. Certains n’ont pas eu la chance d’avoir autant de prévenance, d’un entourage attentif et aimant, prônant la confiance en soi, et le vivre un peu « par procuration » auprès d’Auggie dans ce long-métrage peut procurer à beaucoup un réel sentiment de quiétude et d’apaisement.

Julia Roberts maman d'Auggie Wonder

Chaque acteur joue juste, qu’il s’agisse de Julia Roberts, qui, après des années de carrière, n’a plus rien à prouver (même si on peut toujours surprendre et que rien n’est jamais acquis pour personne), et qu’on l’apprécie ou pas, il faut reconnaitre que son sourire et sa bienveillance envers son fiston de fiction sont toujours plaisants à voir. Quant à Owen Wilson, s’il ne fait pas forcément partie des acteurs que j’affectionne particulièrement, il fut un choix judicieux pour interpréter la papa d’Auggie, à la fois complice, papa-copain et prêt à faire rire Auggie pour dédramatiser certaines situations difficiles, et bon conseiller auprès de lui. Les jeunes comédiens interprétant Via, Miranda et Justin sont également promis à un bel avenir. J’ai pour ma part beaucoup apprécié le jeune acteur interprétant Jack, l’ami d’Auggie (Noah Jupe). Il porte déjà, malgré son jeune âge, la bonhomie et la douceur sur son visage. Quant à Jacob Tremblay, que je ne connaissais absolument pas, on se demande qui d’autre aurait pu incarner Auggie. Le maquillage est impressionnant, à tel point que je me suis demandé si le jeune acteur avait vraiment une malformation faciale !

Wonder Auggie et sa maman

Un très beau film que l’on prend plaisir à suivre, et on s’attache très vite à Auggie et à son entourage. On ressent réellement que chacun y a mis tout son cœur. Victimes de harcèlement scolaire, ayant vécu une enfance et/ou une adolescence difficile, des épreuves à tout moment de la vie, nous pouvons tous avoir été meurtris, mais rien n’est irréversible.

 Si vous me lisez et que vous connaissez une personne de votre entourage victime de harcèlement scolaire, ou que vous en êtes vous-même victime, ne restez pas seuls ou insistez auprès de votre proche pour en parler : https://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/

Voici aussi un blog où Serena vous aidera de par ses articles consacrés aux victimes de harcèlement scolaire : https://serenamente.fr/comment-lutter-harcelement-scolaire/

Wonder all the Pullman family

L’Éden Théâtre de la Ciotat : le plus vieux cinéma du monde retrouve une énième jeunesse

Façade Eden Théâtre de la Ciotat

À la Ciotat, se trouve un joyau où les prodigieux frères Lumière ont créé et projeté les premiers films qui allaient marquer l’origine du cinéma. Il s’agit de l’Éden Théâtre. Si son passé a bien failli plus d’une fois le mener à la destruction, il a été sauvé en 2013 grâce à une équipe de bénévoles passionnée qui en a fait un véritable lieu où se mêlent séances de films à la programmation Art et Essai, évènements prestigieux et visites de l’édifice. Ayant eu la chance de le visiter il y a quelques mois, j’espère réussir à vous en retranscrire toute l’âme qui l’habite par ces quelques lignes.

Quel plus grand cinéphile pourrait imaginer que la plus vieille salle de cinéma au monde aurait pu être laissée à l’abandon, en ruine, sans la sauvegarder ni la protéger ? Ce qui semble presque impensable aujourd’hui, était encore une réalité il y a quelques années. L’Éden Théâtre qui s’écroule chaque jour davantage, avec comme seule promesse d’avenir la démolition. Si l’histoire de cette salle légendaire n’a pas été de tout repos, entre les deux guerres mondiales, l’assassinat de son gérant dans les années 1980, sa fermeture après une tentative de relance commerciale par le frère du défunt, son état de délabrement avancé après des années d’abandon… Mais 10 ans après sa fermeture, en 1992, le lieu est racheté par la municipalité de la Ciotat. En 1996, le cinéma est inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, le sauvant des griffes d’une démolition.

Intérieur de l'Eden Théâtre de la Ciotat avant rénovation

L’Éden Théâtre de la Ciotat tombant quasiment en ruine durant des années avant sa rénovation, et sa réouverture, en octobre 2013.

Le 9 octobre 2013, après 16 mois de travaux indispensables à sa rénovation, l’Éden Théâtre rouvre ses portes. Reconstruit tel qu’il fut à l’époque, en 1889, pour ne pas perdre l’âme des lieux, il possède néanmoins l’équipement moderne des cinémas actuels, capable de diffuser tous les formats de métrage : 35 mm, numérique et 3D. Une association, Les lumières de l’Éden, crée en 2002 par Gilles Trarieux-Lumière, l’arrière-petit-fils de Louis Lumière, se bat depuis pour faire de ce lieu un endroit que l’on visite pour ne pas oublier, un lieu où l’on vient pour la fonction première de l’édifice : regarder des films dans un lieu chargé de souvenirs et d’histoire, tout en profitant de l’équipement cinématographique moderne. Mais aussi et surtout, un lieu où chaque année, on organise des évènements importants : avant-premières de films en présence des réalisateurs et/ou acteurs, projections d’anciens films avec également, la présence des principaux créateurs du métrage, ciné-gourmands (avec goûter bio à la fin de la séance) pour les enfants (et les grands enfants), accueil de festivals, de conférences, des projections nocturnes à thème, l’été (plusieurs films projetés toute une nuit sur un thème commun, un véritable rêve « éveillé » pour un cinéphile !).

En 2017, le cinéma acquiert la classification Art & Essai, avec les labels Patrimoine et Répertoire, et Jeune Public. Et il faut bien reconnaitre que sa programmation est exemplaire, et variée. Pour ma part, j’ai eu la chance de voir plusieurs films d’animation dans ce lieu mythique : « Wall-E », « Ma vie de Courgette » ou le singulier film réalisé en aquarelle, « Louise en hiver » de Jean-François Laguionie. Quel bonheur de voir ou revoir de tels films dans un lieu où l’on ressent chaque seconde l’âme de ce lieu, qui a pourtant été reconstruit mais où on a su conserver l’essence même de l’époque.

Intérieur du cinéma Eden Théâtre

L’intérieur de l’Éden Théâtre, avec les outils de projection de l’époque des frères Lumière.

Les bénévoles et membre de l’association Les lumières de l’Éden sont formidables et donnent de leur temps et de leur personne pour faire revivre et partager l’histoire du plus vieux cinéma au monde. Une sorte de « pèlerinage » que devrait effectuer chaque cinéphile de passage dans le sud de la France, du côté de Marseille. Ce qu’ont réussi à accomplir ces passionnés se trouve au-delà d’un sauvetage : c’est un véritable miracle, et tout cela a été accompli avec intelligence et passion. Nul autre meilleur hommage n’aurait pu être rendu aux frères Lumière qui ont contribué à la création du cinématographe et donc, à la naissance d’un (septième) art qui enchante bon nombre de cinéphiles depuis sa création.

Intérieur de l'Eden Théâtre la Ciotat

Et d’ailleurs, il était normal que les récompenses soient là pour gratifier cette équipe qui a tant fait pour que ce lieu devienne ce qu’il est devenu : des adhérents à l’association Les lumières de l’Éden toujours plus nombreux (400 en 2018), ainsi qu’une hausse des spectateurs chaque année. Et en 2018, le CNC a gratifié l’Éden du « prix spécial de la salle innovante 2018 » à Deauville, pour sa capacité à « allier tradition et modernité à travers la mise en valeur résolument moderne d’un patrimoine historique exceptionnel ». Mais l’équipe doit faire face aux dépenses notamment d’entretien de l’édifice, et il n’est pas toujours facile de continuer sereinement avec les charges qui pèsent de plus en plus lourd sur la salle légendaire qui a vu naître le septième art…

C’est pour cela qu’il est plus que jamais nécessaire de soutenir et de rendre ce que ce lieu nous a tant donné : la naissance de notre art favori.

Pour plus d’informations sur l’Éden Théâtre de la Ciotat (son histoire, les films à l’affiche, les évènements, les visites…), le site officiel : http://www.edencinemalaciotat.com/index.html

La page Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Eden_Th%C3%A9%C3%A2tre#La_r%C3%A9ouverture

Voici une vidéo diffusée dans l’émission « L’info du vrai » sur Canal +, présentant l’Éden : https://www.mycanal.fr/docus-infos/le-plus-vieux-cinema-du-monde-l-info-du-vrai-du-11-03-canal-l-info-du-vrai-11-03-2019/p/1528208?fbclid=IwAR2N3puHvDqTO-jXIjAlxTzBDyzUiKVz0ufygzNmjW_Caebzt5nuzHr5DZM

Eden Théâtre de la Ciotat