[Critique et analyse] Une vie de chat (de Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli, studios Folimage)

Affiche Une vie de chatCinq ans avant le très réussi « Phantom Boy », les studios Folimage avaient déjà réalisé « Une vie de chat », toujours un dessin animé sous fond d’intrigue policière. L’action se déroule à Paris, décor particulier où on y suit un chat se partageant entre deux familles, la nuit, et finira sans le vouloir, à rapprocher deux êtres aux antipodes l’un de l’autre. Musique jazzy, voix et dialogues de qualité, style d’animation bien reconnaissable : les studios Folimage, situés près de Valence dans la Drôme, sont garants d’une animation française de qualité.

Sorti en 2010. Durée : 1h10.

Genre : dessin animé, polar.

Réalisation par Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli.

Scénario par Alain Gagnol.

Musique : Serge Besset.

Production : Jacques-Rémy Girerd.

Distribution : Gebeka Films (France), Films Distribution (à l’international).

Le chat dans Une vie de chat

Avec les voix de Dominique Blanc (Jeanne), Bruno Salomone (Nico), Oriane Zani (Zoé), Jean Benguigui (Victor Costa), Bernadette Lafont (Claudine), Bernard Bouillon (Lucas), Jacques Ramade (« Monsieur Bébé »).

Synopsis : Dino est un chat qui partage sa vie entre deux maisons. Le jour, il vit avec Zoé, la fillette d’une commissaire de police. La nuit, il escalade les toits de Paris en compagnie de Nico, un cambrioleur d’une grande habileté. Jeanne, la commissaire de police, est sur les dents. Elle doit à la fois arrêter l’auteur de nombreux vols de bijoux, et s’occuper de la surveillance du Colosse de Nairobi, une statue géante convoitée par Costa, le criminel responsable de la mort de son mari policier. Depuis ce drame, la fillette ne dit plus un mot. Les événements vont se précipiter la nuit où Zoé surprend Costa et sa bande. Une poursuite s’engage, qui durera jusqu’au matin, et qui verra tous les personnages se croiser, s’entraider ou se combattre, jusque sur les toits de Notre-Dame…

Jeanne et Costa dit le Colosse dans Une vie de chat

Ma vision du film :

Si, dans « Une vie de chat », tout comme dans « Phantom Boy », les situations de départ semblent tristes (ici la petite fille a perdu son père policier tué par Costa, et se retrouve avec sa mère également policière, désormais seule pour élever sa fille et faire face ; dans « Phantom Boy » le petit Léo, 11 ans, se bat courageusement contre la maladie), elles ne plombent jamais vraiment l’ambiance générale du film ; il y a toujours de l’humour, de la musique gaie, des personnages positifs… pour contrebalancer et ne pas déboussoler un public majoritairement composé d’enfants.

Le chat et Zoé Une vie de chat

L’atmosphère particulière de ces films me plaît beaucoup et, dans « Une vie de chat », l’ambiance de Paris la nuit, vue depuis les toits, ce côté mystérieux, et les scènes finales se déroulant sur les toits de Notre-Dame de Paris, comme souvent objet de convoitises et de légendes avec son architecture particulière et ses gargouilles, dont on saisit davantage l’ampleur et la ferveur qu’elle suscite, après l’incendie dramatique qui a frappé l’édifice en avril dernier.

Les films de Folimage ont également cette particularité de donner l’envie de retomber en enfance, même aux adultes les plus réfractaires à se laisser aller, parfois, à oublier dans le tourbillon de la vie pendant cinq minutes, que l’on est justement un enfant dans un corps d’adulte (qui, parmi nous, a choisi de grandir ?), de retrouver le rêve, l’insouciance : leurs longs-métrages sont là pour rêver, imaginer, être dans les nuages, malgré les situations difficiles que traversent les familles dans ces films.

Nico dans Une vie de chat

Comme toujours, les studios Folimage nous proposent un dessin animé (on ne parle pas ici de film d’animation puisque l’on réalise encore chez Folimage des dessins animés « traditionnels », en 2D), un film accrocheur, des personnages très attachants, une ambiance particulière et des dialogues particulièrement soignés. Les studios Folimage apportent toujours un soin particulier au choix des voix pour doubler leurs personnages, ce qui participe beaucoup à la réussite de ces films, dont la voix des adultes et personnages plus âgés contrebalancent avec un graphisme du dessin animé plus « enfantin », qui a également son charme.

Une musique jazzy pour « Une vie de chat » signée Serge Besset, correspondant parfaitement à l’atmosphère noctambule parisienne, sous fond de polar. On peut également entendre ce magnifique thème symphonique enregistré notamment avec l’orchestre philharmonique Bulgare.

Le chat Une vie de chat

« Une vie de chat » prouve une nouvelle fois que l’animation française est de qualité, que beaucoup nous envient (même le géant Pixar s’inspire de certains films d’animation français !). Depuis le début des années 2000, beaucoup d’animateurs français s’exportent à l’étranger et leur savoir-faire n’est plus à prouver ; l’animation française a encore de beaux jours devant elle, et ce malgré un travail encore artisanal en 2D, en aquarelle ou en stop-motion (très peu de studios français travaillent, même de nos jours, en 3D). Je consacrerai prochainement sur le blog un article sur l’animation française.

Nico et le chat sur les toits de Paris dans Une vie de chat

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s