[Critique et analyse] Le chant de la Mer : un conte onirique et poétique

Affiche Le chant de la mer.jpg

« Le chant de la mer », film d’animation pas comme les autres, est un fabuleux conte onirique et fantastique irlandais autour de l’univers de la mer et ses légendes. La musique celtique envoûtante (portée en partie par la voix de Nolwenn Leroy), met en valeur un visuel et un graphisme époustouflants de beauté.

Sorti en 2014.

Réalisation par Tomm Moore.

Scénario par Will Collins.

Direction artistique : Adrien Mérigeau.

Musique : Bruno Coulais et Kíla. Chanson du générique éponyme interprétée par Nolwenn Leroy.

Sociétés de production : Cartoon Saloon (Irlande), Mélusine Productions (Luxembourg), Norlum (Danemark), Superprod (France), The Big Farm (Belgique).

Distribution : Universal Pictures.

Récompenses majeures : European Film Award (Prix du cinéma Européen) du Meilleur film d’animation en 2015.

Avec les voix françaises de Jean-Stan DuPac (Ben), Patrick Béthune (Connor, le père de Ben et Maïna / Mac Lir), Nathalie Homs (Grand mère / Macha), Nolwenn Leroy (Bruna, la mère de Ben et Maïna), Cyrille Artaux (Lug), Pascal Sellem (Spud (redoublé par Pierre Tessier lors de la sortie DVD).

Le chant de la mer Maïna

Synopsis : Ben et Maïna vivent avec leur père tout en haut d’un phare sur une petite île. Pour les protéger des dangers de la mer, leur grand-mère les emmène vivre à la ville. Ben découvre alors que sa petite sœur est une Selkie, une fée de la mer dont le chant peut délivrer les êtres magiques du sort que leur a jeté la Sorcière aux hiboux. Au cours d’un fantastique voyage, Ben et Maïna vont devoir affronter peurs et dangers,  et combattre la sorcière pour aider les êtres magiques à retrouver leur pouvoir.

Ma vision du film :

« Le chant de la mer » fait partie de ces films à l’univers unique. Devant ce conte ensorcelant, sorti fin 2014, le temps suspend son vol, et on a l’impression d’être emportés dans un autre monde, mystérieux et extraordinaire, loin de toute considération de notre vie bien terre-à-terre durant un peu plus d’une heure trente.

Jo Conor Maïna Ben et la grand-mère Le chant de la mer

L’histoire peu commune d’une famille vivant sur la côte irlandaise, dont Maïna, la fille cadette, est à moitié humaine et à moitié Selkie : une créature de la mer dont le chant fait revenir à la vie son « petit peuple », condamné à devenir des êtres de pierre si Macha, être totalement dépourvu de sentiments condamne la plupart de ses semblables au même sort. Le père, Connor, est un être brisé depuis que la maman de Maïna, Selkie elle aussi, n’est plus, devant se sacrifier après avoir mis Maïna au monde, et passe ses soirées à noyer son chagrin dans des pubs, délaissant ses enfants. Le jour de ses six ans, Maïna va découvrir le coquillage qui lui est destiné à jouer cet air fantastique et envoûtant familier à ses semblables créatures, et le manteau qui, quand elle le revêt, lui permet de se transformer en phoque et de rejoindre ces derniers, la nuit venue, dans la mer… Le début d’une aventure merveilleuse et à nulle autre pareille, où son frère Ben va devoir révéler des trésors d’attention afin de veiller sur sa petite sœur, plus fragile et vulnérable que jamais.

[Attention spoilers] Les enfants seront tiraillés, tout du moins au début, entre la présence toute relative de leur père, en quelque sorte démissionnaire, qui tente de faire comme il le peut afin de continuer à vivre convenablement malgré la peine de la perte de la mère de ses enfants, et leur grand-mère qui, en voulant les extirper d’un environnement qu’elle estime non protecteur et néfaste, les emmène avec elle vivre en ville, loin de leur père, de leur chien et fidèle ami, Jo (qui se révèlera être, plus tard, d’un soutien et d’une fidélité sans failles), de leur île, et donc de leurs racines et des derniers souvenirs qu’ils possèdent de leur mère.

Maïna Le chant de la mer

Souvenirs, qui, pour Ben et Maïna surtout, se révèlent être des objets bien plus fantastiques qu’ils n’y paraissent : un manteau blanc et un coquillage, par lequel Maïna se sent irrémédiablement attirée, comme un aimant, sans savoir pour quelle raison au départ… Comme si elle savait, au fond d’elle, qu’il a un sens et une signification pour elle, en l’occurrence le fait qu’elle soit à moitié une Selkie, créature de la mer. [Fin des spoilers].

Maïna et Ben, en tant que frère et sœur, sont absolument touchants. Ben, agacé par sa sœur et l’attention que leur père lui porte plus qu’à lui, pense-t-il au départ, va protéger sa petite sœur quand [Attention spoilers] il comprendra pourquoi leur mère a disparu et pour quelles raisons il doit absolument protéger Maïna avant qu’elle ne subisse à son tour le même sort…

La scène avec Grand Chanaki (le sidhe savant mais distrait aux cheveux et à la barbe très longs), où il peut voir le souvenir de la naissance de sa sœur et la disparition de sa mère est très émouvante. [Fin des spoilers].

Maïna Macha et le petit peuple Le chant de la mer

Également, nous sommes le témoin d’une scène particulièrement désarmante lorsque Ben se retrouve avec Macha, quand celle-ci est sur le point de « délivrer » Ben de ses peines, et de lui jeter un sort afin de le transformer en être de pierre, et que ce dernier résiste finalement : il pourrait être tentant pour lui, comme pour tout humain, de débarrasser de ses souffrances et de ses sentiments douloureux (en l’occurrence ici pour Ben, la perte de sa maman), mais elles nous sont pourtant nécessaires afin d’avancer et d’évoluer en tant que personnes. Certains se serviront de leurs douleurs dans un processus créatif « indispensable » voire vital pour eux, d’autres s’en serviront afin de devenir plus forts, et de meilleures personnes.

« Le chant de la mer » transmet de belles valeurs : le sens de la famille, l’entraide, la persévérance, l’amitié, la fidélité, même dans l’adversité.

Ben Maïna et le Grand Chanaki Le chant de la mer

Le film se révèle être un régal pour les yeux, mais aussi pour les oreilles : le visuel et le graphisme sont sublimes, les couleurs magnifiques et flamboyantes ; une musique irrésistible, aux accents celtiques, composée par le talentueux Bruno Coulais, à la carrière de compositeur impressionnante, qui a notamment « œuvré musicalement » pour le film d’animation franco-luxembourgeois « Croc-Blanc », sorti au début de cette année (voir mon article sur le film ICI). La chanson éponyme, lors du générique de fin, et « La berceuse de la mer » sont donc interprétées par Nolwenn Leroy, désormais familière des contes et légendes celtiques puisqu’ils font partie intégrante de ses origines bretonnes et donc de ses racines.

Le réalisateur, Tomm Moore, avoue s’être inspiré de l’univers des films nippons de Miyazaki, et notamment de « Mon voisin Totoro » pour la création de l’univers du film.

« Le chant de la mer » est un conte de toute beauté, souvent mélancolique, parfois drôle, mais toujours tendre et bienveillant. La fin se révèle magique, bouleversante et certains ne pourront retenir leurs larmes.

Maïna devant la lune Le chant de la mer

2 réflexions sur “[Critique et analyse] Le chant de la Mer : un conte onirique et poétique

  1. Eh ben! Ça a l’air d’être un sacré film haha. Je n’ai pas lu tout ton article du coup, tu m’as donné envie de le voir alors j’ai évité les spoilers 🙂
    (P.S: si ça t’interesses, n’hésite pas à venir me voir sur mon blog: https://jujubehappy.ch

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  2. Ping : Florilège de la blogosphère [26.11.18] – Chez Lorette

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