[Critique et analyse] Jalouse : elle fait vivre l’enfer à ceux qu’elle aime

Affiche film Jalouse.jpg

Six ans après « La délicatesse » (voir ma critique du film ICI), leur premier long-métrage en tant que réalisateurs, les frères David et Stéphane Foenkinos renouvellent l’expérience avec « Jalouse », sorti il y a un an, mettant en scène Karin Viard, la cinquantaine, divorcée, devenant jalouse maladive de ses proches, à commencer par sa propre fille de 18 ans… Le pari d’un film politiquement incorrect et corrosif a-t-il été tenu ?

Sorti en 2017.

Réalisation par et scénario par Stéphane et David Foenkinos.

Musique : Paul-Marie Barbier et Julien Grunberg.

Sociétés de production : Mandarin Cinéma, Studiocanal et France 2 Cinéma.

Société de distribution : StudioCanal.

Avec Karin Viard (Nathalie Pêcheux), Dara Tombroff (Mathilde, la fille de Nathalie), Anne Dorval (Sophie, la meilleure amie de Nathalie), Thibault de Montalembert (Jean-Pierre, l’ex-mari de Nathalie), Marie-Julie Baup (Isabelle, la nouvelle compagne de Jean-Pierre), Bruno Todeschini (Sébastien), Anaïs Demoustier (Mélanie, la nouvelle professeure), Corentin Fila (Félix, le petit ami de Mathilde).

Jalouse Félix Nathalie et Mathilde

Synopsis : Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage… Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme.

Ma vision du film :

Être une charmante femme d’une cinquantaine d’années, professeure de lettres respectée et reconnue enseignant en khâgne, mère d’une fille de 18 ans brillante et « sans histoire », avoir un couple d’amis dévoué, voilà des raisons qui devraient réjouir Nathalie Pêcheux. Divorcée depuis plusieurs années, elle commence à souffrir de la solitude que lui impose sa situation de célibataire. Sophie, sa meilleure amie, et son époux, lui présentent lors d’un dîner Sébastien, avec qui le courant passe immédiatement. Le bonheur de Nathalie pourrait être entier, si une jalousie maladive envers sa fille tout d’abord, puis s’étendant à l’ensemble de son entourage ne serait pas venu tout gâcher…

Jalouse Nathalie et son amie

En effet, peu à peu, Nathalie va basculer et devenir narquoise, vicieuse, voire carrément immorale. [Attention spoilers] Tentant de séparer Mathilde, sa fille, de Félix, son petit ami, envieuse de leur jeune couple amoureux, s’immisçant dans le couple de sa meilleure amie Sophie en la faisant douter de la fidélité de son mari, allant jusqu’à rentrer dans une agence Club-Med afin de faire annuler le voyage en amoureux aux Maldives de son ex-mari Jean-Pierre et de sa nouvelle compagne Isabelle, menant la vie dure à sa jeune et nouvelle collègue professeure… [Fin des spoilers]. Nathalie va enchainer les bassesses et infamies envers ses proches, jusqu’à se mettre tous ces derniers à dos.

La jalousie de Nathalie semble incontrôlée, elle dira d’ailleurs plusieurs fois à son médecin traitant se sentir « perdre le contrôle d’elle-même », sans pouvoir rien y faire. Comme si elle avait accumulé tant de rancœur durant des années, qui « sort » comme un « trop-plein » avec spontanéité. Ce qui donne, tout le long du film, des répliques cinglantes et percutantes entre Nathalie et les membres de son entourage.

Jalouse Nathalie et Sébastien

Puis, ce que l’on pense être une comédie, va peu à peu tirer vers le drame psychologique. [Attention spoilers] Nathalie perd pied, est dépressive et va même se retrouver en arrêt-maladie. Lorsque sa fille Mathilde, qui doit passer une audition afin de rentrer à l’opéra de Paris, est allergique et fait un œdème de Quincke suite au repas préparé par Nathalie la veille (plus distraite de par sa dépression que désireuse d’anéantir l’avenir de sa fille), tout le monde croit que cet incident est volontaire. Jean-Pierre, l’ex-mari de Nathalie, va donc recueillir sa fille chez lui et l’on va notamment découvrir qu’Isabelle, la nouvelle compagne de Jean-Pierre, va se révéler être d’un grand soutien envers Mathilde, et ne va pas chercher à blâmer Nathalie ni à l’enfoncer davantage, prenant plusieurs fois sa défense, notamment après l’épisode du voyage annulé. [Fin des spoilers]. Au fond, ne serait-ce pas elle la plus humaine de tous, alors qu’on semble vouloir la dépeindre (surtout Nathalie d’ailleurs), comme une ravissante idiote ?

Après tous les maux causés, volontairement ou non, autour d’elle, Nathalie va tenter de se faire pardonner auprès de ses proches. De se réconcilier avec sa fille, réparer les pots cassés avec Sébastien, une belle occasion de retomber amoureuse qu’elle s’est, en quelque sorte, elle-même gâchée, involontairement tout de même.

Elle va également tenter de se reconstruire en reprenant la natation (et en se faisant brièvement une nouvelle « amie » grâce à cette activité sportive qu’elle avait mis de côté pendant un temps), et en « testant » le yoga.

Jalouse Sébastien

Si pendant un temps l’idée de juger Nathalie est tentante, qui pourrait se permettre de la blâmer ? Le sentiment de jalousie n’est-il pas ressenti par chacun de nous un jour ou l’autre ? On a tous un jour, avouons-le, envié un ami, un proche, un collègue, en pensant que la vie des autres est forcément meilleure que la nôtre, alors même que nous ne savons rien de ce qui se passe derrière les portes closes de leurs demeures et que nous ne sommes pas dans leur propre chair…

Si on regrette que le long-métrage ne pousse pas le bouchon du « politiquement incorrect » encore assez loin, et qu’il n’aille pas réellement au bout des choses concernant le profond mal-être de Nathalie (en ce qui concerne les causes et approfondir l’épilogue, notamment), « Jalouse » se révèle être tout de même une comédie dramatique grinçante, caustique. Mais l’empathie envers Nathalie a, pour ma part, été assez difficile à ressentir.

Néanmoins, après la magie de « La délicatesse » en 2011, les frères Foenkinos ont pour « Jalouse » laissé place à un long-métrage acéré, incisif, dont on attendait sans doute davantage de situations et de répliques acerbes, mais qui ne se révèle pas aussi simpliste qu’il pourrait paraître.

Et vous, avez-vous déjà vu « Jalouse » ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? N’hésitez pas à donner votre avis en commentaire !

Jalouse Nathalie

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