[Critique et analyse] Ce qui nous lie, un film à consommer sans modération !

Affiche Ce qui nous lie

Cette comédie dramatique française sortie l’année dernière, est à la fois douce et amère, mélancolique et drôle. La fratrie incarnée par le trio d’acteurs Pio Marmaï, Ana Girardot et François Civil est très touchante et fonctionne à merveille. Un très bon cru de Cédric Klapisch, qui a merveilleusement su s’approprier la quintessence de la Bourgogne et d’un milieu très particulier qu’est la viticulture.

Sorti en 2017.

Réalisation par Cédric Klapisch.

Scénario par Cédric Klapisch et Santiago Amigorena.

Musique : Loïk Dury et Christophe Minck – Chanson du générique de fin « Ce qui nous lie est là », interprétée par Camélia Jordana, voir clip à la fin de l’article.

Société de production : Ce qui me meut (crée en 1998 par Cédric Klapisch).

Coproduction : France 2 Cinéma et StudioCanal.

Société de distribution : StudioCanal.

Toute la troupe

Avec Pio Marmaï (Jean), Ana Girardot (Juliette), François Civil (Jérémie), Jean-Marc Roulot (Marcel), María Valverde (Alicia, la femme de Jean), Yamée Couture (Océane, la femme de Jérémie), Florence Pernel (Chantal, la mère d’Océane), Jean-Marie Winling (Anselme, le père d’Océane), Tewfik Jallab (Marouan, le vendangeur « grande gueule »), Karidja Touré (Lina, une vendangeuse).

Synopsis : Jean a quitté sa famille et sa Bourgogne natale il y a dix ans pour faire le tour du monde. En apprenant la mort imminente de son père, il revient dans la terre de son enfance. Il retrouve sa sœur, Juliette, et son frère, Jérémie. Leur père meurt juste avant le début des vendanges. En l’espace d’un an, au rythme des saisons qui s’enchaînent, ces 3 jeunes adultes vont retrouver ou réinventer leur fraternité, s’épanouissant et mûrissant en même temps que le vin qu’ils fabriquent.

Ma vision du film :

Les vignobles bourguignons servent ici de toile de fonds au long-métrage, et l’héritage du domaine familial entre une fratrie de trois frères et sœurs, dont le père vient de mourir, les déstabilise et va faire ressurgir des souvenirs d’enfance et de vieilles rancœurs de famille qui trainent. « Ce qui nous lie » est une très belle œuvre cinématographique livrée l’année dernière par le réalisateur français Cédric Klapisch.

On voit là la volonté de ce dernier de filmer « la vraie vie » : certains affirment que le long-métrage se veut parfois plus proche du documentaire que d’un véritable objet cinématographique ; certains jugent également le film parfois trop lent, et il est vrai qu’il s’agit plutôt réellement d’un film que je qualifie pour ma part de « contemplatif », offrant une « tranche de vie » des personnages ; où on observe les protagonistes vivre leur « vie », avec leurs hauts et leurs bas, les bonheurs et les joies, les moments de liesse et les tracas que celle-ci comporte. Si dans le cas de certains métrages cela peut me déranger, ou me plaire au point de figurer dans la liste des films qui comptent pour moi, « Ce qui nous lie » rentre sans nul doute dans cette dernière catégorie.

Jean dans les vignes

Ce qui a aussi certainement aidé à cela, c’est que « l’intrigue » se déroule en Bourgogne, la région dont je suis originaire. Le film offre une photographie magnifique de cette si belle région (et de ses vignobles), la mettant sans cesse en valeur, celle-ci étant presque le personnage principal du film, le noyau central où tout se passe, où ces trois frères et sœurs ont leurs origines, leurs souvenirs, leurs racines. On contemple également de très belles images de l’année qui défile, mettant en scène un arbre et les vignobles autour qui changent au fil des saisons.

Arbre selon les saisons

Le fait que cette fratrie ait à gérer le deuil de leur père en même temps que les retrouvailles avec Jean, l’aîné, l’héritage du domaine familial et les difficultés liées à leurs propres vies personnelles, donne lieu à certains moments touchants et empreints de nostalgie : [Attention spoilers] notamment les scènes où Jean se revoit petit, et la scène où il parle au petit garçon qu’il était ; Juliette craquant, pleurant parfois seule, notamment en plein travail sur son tracteur, devant gérer à la fois son deuil et le fait de devoir s’affirmer dans la reprise du domaine familial. [Fin des spoilers].

Certaines scènes sont très réalistes, notamment les vendanges, et la fête de la Paulée célébrant leur fin, avec un esprit très festif, collant bien à la « philosophie » de la région : des Bourguignons épicuriens, bons vivants, fêtant leurs traditions et leur terroir dans un esprit bon enfant.

Jean et Jérémie

Les trois acteurs principaux sont très convaincants et l’ensemble semble bien réel. On sent que l’équipe du film a pris le « pouls » et la température d’une région dont les personnes y étant originaires, et ayant visionné le film, ne peuvent que saluer ; le monde des vignerons, pouvant parfois être impitoyable, est également très fidèle à la réalité.

Jean, l’aîné, de retour au pays après un tour du monde de 10 ans, est en quelque sorte le personnage central et charnière du film. Son retour et le décès de son père avec qui il ne s’entendait pas, va faire remonter en lui une foule de souvenirs, qui se mêlent au flou de sa situation dans son couple et dans sa vie, en général (d’ailleurs, on ne comprend pas toujours très bien si les problèmes dans le couple qu’il forme avec la chilienne Anna ne sont pas le fruit de leurs propres tergiversions, ou s’ils sont bien réels).

En effet, revenir après un tour du monde (ou ce qui s’apparente plutôt à une fuite de son père et de son rôle d’aîné qui a toujours été trop lourd à porter), et avoir fait un enfant n’ont au final pas plus que ça répondu à ses questions existentielles, ni apaisé la rancœur qu’il avait envers son père. [Attention spoiler] Jusqu’au jour où il découvre et lit une lettre écrite par son père après son départ pour faire le tour du monde. [Fin du spoiler]. Ayant lui-même un petit garçon, il se rend compte que ce n’est pas si facile d’être un bon parent et que, comme tout le monde, on fait surtout ce que l’on peut avec l’héritage familial que l’on (trans)porte toute sa vie durant sur son dos comme un poids parfois trop lourd : un héritage qui ne se traduit pas en vignobles de grands crus ou en héritage pécuniaire, mais un bagage fait de blessures, de failles, de doutes, de peines de ne pas s’être assez parlé et écouté, de non-dits.

Jérémie, le cadet (interprété par François Civil), est aussi un personnage très attachant. Le trio fonctionne décidément très bien ensemble, et Klapisch a réuni un casting quatre étoiles, qui n’aurait pas donné le même long-métrage si l’alchimie entre ces trois frères et sœurs n’avait pas aussi bien fonctionné.

« Ce qui nous lie » est un très beau film sur la transmission familiale, d’un savoir-faire (ici, la viticulture), d’un patrimoine, de questionnements et de doutes qu’on laisse à ses enfants après son départ. Resteront surtout en mémoire des images magnifiques de la Bourgogne, et une relation très touchante entre ces frères et sœurs, que l’on aimerait tous connaitre nous-mêmes. Ce n’est certainement pas un film pour amateurs d’action sans fin ou de péripéties à répétition : voici une bande annonce pour vous donner une idée de « l’ambiance » du film. Ainsi que la vidéo de la très belle chanson (que l’on peut entendre lors du générique de fin), « Ce qui nous lie est là », interprétée par Camélia Jordana.

N’hésitez pas à réagir en commentaire pour donner votre avis sur le film, si vous l’avez déjà vu. Sinon, j’espère que mon analyse vous aura donné envie de le visionner !

Jérémie, Juliette et Jean balançoire

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