[Critique et analyse du film] Super 8 (2011), un hommage au cinéma de Spielberg

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« Super 8 » est un long-métrage dont on pourrait penser qu’il a été réalisé par Steven Spielberg. Pourtant non… Mais il y a néanmoins bien une patte du papa d’E.T. puisqu’il a coproduit le long-métrage. Écrit et mis en scène par J.J. Abrams, il est néanmoins un hommage au cinéma des années 1980 du célèbre réalisateur, reprenant les ingrédients qui ont fait le succès notamment d’ « E.T. l’extraterrestre » : un mélange de science-fiction, de passion pour le cinéma, de familles déchirées, d’amour naissant et de blessures profondes et secrètes… Avec, bien sûr, des effets spéciaux époustouflants, du suspense et des catastrophes à revendre.

Sorti en 2011.

Réalisation et scénario par J.J. Abrams.

Société de production : Paramount Pictures, Amblin Entertainment et Bad Robot Productions.

Musique : Michael Giacchino.

Récompenses majeures : Hollywood Film Festival 2011 : Spotlight Award pour Elle Fanning.

Phoenix Film Critics Society Awards 2011 : Meilleur casting pour l’ensemble des acteurs et actrices du film.

Super 8 tout le groupe

Avec Joel Courtney (Joseph « Joe » Lamb), Elle Fanning (Alice Dainard), Kyle Chandler (Jackson « Jack » Lamb), Ron Eldard (Louis Dainard), Riley Griffiths (Charles Kaznyk), Ryan Lee (Cary), Noah Emmerich (le colonel Nelec), Gabriel Basso (Martin), Zach Mills (Preston), Glynn Turman (le Dr Woodward).

Synopsis : Été 1979, une petite ville de l’Ohio. Alors qu’ils tournent un film en super 8, un groupe d’adolescents est témoin d’une spectaculaire catastrophe ferroviaire. Ils ne tardent pas à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un accident. Peu après, des disparitions étonnantes et des événements inexplicables se produisent en ville, et la police tente de découvrir la vérité… Une vérité qu’aucun d’entre eux n’aurait pu imaginer.

Super 8_Joe_2

Ma vision du film :

Joe, adolescent, vient de perdre sa maman suite à un accident dans la fonderie de la ville, dans laquelle elle travaillait. Il vit désormais seul avec son père, shérif adjoint. Les deux hommes ne se comprennent plus tous les deux, tout simplement parce qu’ils ne communiquent pas assez. Lié à un groupe d’amis composé de Charles, Preston, Martin et Cary, ils vont tous avoir l’esprit accaparé par un projet de tournage de court-métrage impulsé par Charles, passionné de cinéma. La bande d’amis a joint Alice Dainard au projet, afin de jouer le rôle féminin principal du film. Elle ne laisse pas Joe et Charles indifférents… Une nuit, près de la voie ferrée où ils tournent le film, ils vont être témoins d’un accident ferroviaire sans précédent. Des disparitions inquiétantes d’habitants, d’animaux, vont survenir par la suite, poussant les amis à enquêter sur ce qu’il s’est passé, mais la découverte de la cause de tous ces phénomènes va les bouleverser à jamais, obligeant chacun d’entre eux, enfants et pères, à dépasser leur pudeur et à communiquer et enfin lever le voile sur leurs blessures, leurs failles et leurs douleurs…

Ce qui frappe en premier lieu dès les premières scènes du film, c’est que ce groupe de jeunes amis est très mature pour leur âge. Chacun vit, au sein de son foyer, des moments difficiles : Charles ne s’entend pas avec ses sœurs et trouve refuge dans sa passion, le cinéma. Il se dévoue corps et âme dans le tournage de son court-métrage en Super 8, et attend beaucoup de ses camarades afin de parvenir au résultat attendu concernant son film. Bien entendu, les évènements se passant à Lillian, cette petite ville de l’Ohio, vont perturber ses plans… Jack, le père de Joe ne sait plus s’y prendre avec son fils, depuis la mort de sa mère, Elizabeth ; Alice est seule face à son père alcoolique…

Tous ces adolescents vont néanmoins faire preuve de beaucoup de sagesse, de force, de retenue et de pudeur malgré leurs différents traumatismes, à un âge où l’on est généralement en proie à une rébellion en bonne et due forme.  Ils ne parlent ni entre eux (ou alors avec difficulté), ni avec les membres de la famille, de ce qui les tourmente.

Et c’est là que l’on retrouve tout l’esprit de Spielberg. Quand les émotions sont palpables dans les regards, les expressions, jusque dans le silence des protagonistes… Quand les blessures sont non dites, que ce soit par les enfants ou leurs parents (particulièrement les pères de Joe et Alice ici). Il y a beaucoup de justesse dans toutes les scènes où la douleur est visible, suggérée, mais non exprimée, [Attention spoiler] notamment celle où Joe et Alice tombent en larmes quand cette dernière lui avoue que le jour où la mère de Joe a eu l’accident à la fonderie, cela aurait dû être son père à la place, que la mère de Joe a remplacé car il était trop ivre pour aller travailler. [Fin du spoiler].

Une véritable découverte pour ma part que celle de cette jeune actrice de vingt ans, Elle Fanning, qui crève l’écran et très juste dans son rôle d’adolescente blessée, malheureuse avec son père, [Attention spoiler] et tombant peu à peu amoureuse de Joe. [Fin du spoiler].

Super 8 Joe et Alice

Les effets spéciaux sont époustouflants, notamment dans la scène du déraillement du train.

Mention spéciale à la musique de Michael Giacchino, magnifique, collant parfaitement aux tensions dramatiques de certaines scènes. Notamment dans cette bouleversante scène finale, où Joe, [Attention GROS spoilers] comme pour exprimer la volonté de commencer le deuil de sa mère, utilise le seul souvenir qui lui reste d’elle, son collier, pour faire aimant au vaisseau décollant de l’alien. Au même moment, il prend la main d’Alice, avec qui, on imagine, il débutera une belle histoire… [Fin des spoilers].

« Super 8 », malgré la tension, le suspense et l’oppression qu’il nous fait ressentir, est un film agréable, dont les références à « E.T. l’extraterrestre » et « Rencontres du troisième type » sont visibles et nombreuses. Il y règne à la fois un esprit très jeune mais également très adulte et mature. Certaines scènes sont très touchantes et les jeunes acteurs, Elle Fanning en tête, sont impressionnants de justesse. Et vous, avez-vous déjà vu ce film ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ?

Super 8 Joe et Alice_3

P.S SPOILER POUR LES CONNAISSEURS DU FILM : Si je n’ai que très peu parlé de l’alien lors de mon analyse (voire pas du tout), cela était volontaire, pour ne pas « casser » tout le mystère du film, et parce que je voulais me concentrer sur l’aspect « psychologique » du film qui m’intéressait tout particulièrement.

Une réflexion sur “[Critique et analyse du film] Super 8 (2011), un hommage au cinéma de Spielberg

  1. Jamais entendu parler. Avec JJA, je suis victime du « syndrome Villeneuve ». Je viens de l’inventer pour définir le sentiment qu’on a de connaître une personne alors qu’on ne connaît que ce qu’elle a fait de plus récent. Merci de m’en avoir parlé !

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