Robot Sauvage : un robot, perdu sur une île…

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Quand un titre de la littérature jeunesse prône des valeurs telles que l’amitié, le courage, la persévérance et l’entraide, met à l’honneur la nature et les animaux, et met en scène un robot (ou ici, une « robote », Roz), faisant poser la question de l’avenir et des enjeux de la robotique et de  l’intelligence artificielle, il avait de très grandes chances de me plaire. Et ce fut le cas. Une belle découverte et un coup de cœur « gros comme ça ».

Résumé : Un cargo fait naufrage. Rozzoum unité 7134, alias Roz, échoue sur une île déserte. Pourra-t-elle survivre dans la vie sauvage ? Une splendide et captivante aventure, pleine de dangers et d’émotion. Un hymne à la nature et à l’amitié.

Ma vision du livre :

Lorsque j’ai entamé la lecture du roman « Robot Sauvage », l’année dernière, alors qu’il commençait déjà à être un best-seller aux États-Unis et bardé de prix littéraires outre-Atlantique, j’étais de prime abord forcément charmée par le résumé : un robot échoue sur une ile déserte, alors que le cargo dans lequel toute la cargaison de robots humanoïdes dont elle faisait partie fait naufrage.

[Attention spoilers] Armée seulement de son intelligence artificielle, de sa volonté d’adaptation et de sa « diplomatie », indispensables pour espérer « survivre » dans la nature sauvage, elle va, tout d’abord, se faire « jauger » par les animaux, se faire accepter petit à petit, jusqu’à devenir leur amie et indispensable au sein de leur petite communauté. Un jour, un oison devient orphelin. Roz, faisant preuve d’empathie malgré sa qualité de robot, va adopter le jeune oiseau qui risque de mourir s’il n’est pas pris « sous son aile de ferraille ». Elle va tenter d’apprendre les rudiments et les lois de la vie sauvage, aidée par ses nouveaux alliés et amis : construire une cabane, faire du feu… Jusqu’au jour où la nature deviendra sa maison, qu’elle sera inséparable de Joli-Bec, le jeune oison désormais devenu son fils, et indissociable de son nouvel environnement. [Fin des spoilers].

J’ai connu cette pépite de la littérature jeunesse grâce au magazine « Planète Robots » dont je suis une lectrice assidue, étant entre autres passionnée de robotique. Mais je l’aurais très certainement connu de quelque autre façon que ce soit un jour ou l’autre, lors des mes recherches de nouvelles merveilles littéraires à dévorer.

Alors, il y a tant à dire sur ce beau roman qui ne peut prôner que de belles valeurs auprès des plus jeunes, et émerveiller les adultes ayant gardé leur part d’enfant. Roz est certes un robot, mais elle va peu à peu faire preuve d’empathie, voire commencer à ressentir quelques sentiments : d’amitié envers les animaux avec lesquels elle va nouer des liens, d’amour presque « maternel » envers son fils Joli-Bec… Ce qu’on pense a priori impossible venant de robots fabriqués et programmés par l’homme. Mais pourtant bien là une question qui nous travaille, puisqu’elle a fait et continue de faire l’objet de bon nombre de films (« Wall-E », « A.I. Intelligence Artificielle », « Le Géant de Fer »…), de livres : un robot peut-il, ou pourra-t-il un jour faire preuve d’empathie, avoir des sentiments ? Vaste sujet sur lequel les auteurs/scénaristes restent intarissables. Peter Brown, lui aussi passionnée de robot et de nature, a combiné ses deux passions dans une histoire touchante, sensible et poétique.

Robot Sauvage 4

L’amitié et l’entraide sont également deux notions très importantes dans « Robot Sauvage ». Roz va devoir faire preuve d’observation tout d’abord, pour découvrir le mode de vie des animaux dans la nature, leur « mode de fonctionnement ». Faire preuve de finesse, de tact et de discernement afin de se faire accepter, elle, cette « chose » si étrange, considérée comme un monstre, dont tout le monde se méfie. Puis, grâce à l’aide de chaque animal, chacun à sa manière, elle va se plier à la rudesse de cette vie dans la nature, jusqu’à s’en sentir presque familière, grâce à sa capacité d’adaptation, sa soif d’apprendre et de découvrir (normal, c’est un robot !), et sa « gentillesse » envers les autres occupants de l’île.

Le plus touchant reste sans nul doute la relation que Roz noue avec Joli-Bec. La fin du roman (qui n’est pas vraiment la fin en somme, puisqu’il y a désormais une suite, « The Wild Robot Escapes » (pas encore sorti en France)) ¹, fera verser quelques larmes aux plus sensibles. Les très belles illustrations de Peter Brown lui-même, nous font passer de chapitres écrits, sous une quasi-forme de contes, à une histoire que l’on peut « imager et imaginer ».

« Robot Sauvage » plaira sans nul doute aux jeunes comme aux moins jeunes, puisqu’il n’y a pas d’âge pour apprécier les belles histoires. Si vous avez aimé des films comme « Wall-E » ou « Seul au Monde » notamment, que vous aimez les robots, la nature et les animaux, alors, vous passerez un très beau moment de lecture. Pour ma part, « Robot Sauvage » m’a conquis bien au-delà de mes attentes.

Peter Brown

L’auteur et illustrateur, Peter Brown.

« Robot Sauvage », roman junior (dès 9 ans). Auteur et illustrateur : Peter Brown. Traduction en français : Alice Marchand. Paru le 15 juin 2017 chez Gallimard Jeunesse.

 ¹ La suite des aventures de Roz: « The Wild Robot Escapes », sorti en anglais le 13 mars 2018. Peter Brown en est toujours l’auteur et l’illustrateur de talent. D’après Gallimard Jeunesse, aucune date de sortie en France n’est encore programmée, mais on peut espérer celle-ci pour la fin de l’année.

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