[Critique et analyse du film] Croc-Blanc : la formidable épopée du chien-loup

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Sorti en salles le 28 mars (voir rubrique actus de ce blog), Croc-Blanc vous ravira par ses magnifiques images de nature authentique, mais surtout, par le courage et le dévouement de Croc-Blanc, dont les aventures ne vous laisseront assurément pas de marbre.

Sorti en 2018.

Réalisation par Alexandre Espigares.

Scénario par Serge Frydman, Philippe Lioret et Dominique Monféry, d’après le roman de Jack London.

Société de production : Superprod, Bidibul Productions et Big Beach Productions.

Distribution : Wild Bunch Distribution.

Musique : Bruno Coulais.

Avec les voix françaises de Virginie Efira (Maggie), Raphaël Personnaz (William), Dominique Pinon (Beauty-Smith, l’horrible organisateur de combats de chiens).

Synopsis : Croc-Blanc est un fier et courageux chien-loup. Après avoir grandi dans les espaces enneigés et hostiles du Grand Nord, il est recueilli par Castor Gris et sa tribu indienne. Mais la méchanceté des hommes oblige Castor-Gris à céder l’animal à un homme cruel et malveillant. Sauvé par un couple juste et bon, Croc-Blanc apprendra à maîtriser son instinct sauvage et devenir leur ami.

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Ma vision du film :

Étant passionnée entre autres de cinéma, de littérature, d’animaux et de nature, il était indispensable pour moi d’aller voir Croc-Blanc lors de sa sortie dans les salles obscures. Si le célèbre roman de Jack London a déjà été adapté au cinéma, il ne l’avait encore jamais été en tant que film d’animation.

Et l’on peut dire que c’est une belle surprise. Si le graphisme peut parfois surprendre de par son manque d’homogénéité au niveau du résultat (si les paysages et les chiens-loups sont magnifiques, les humains sont moins réussis ; je m’étendrai sur ce point plus tard).

Dès les premières images, nous sommes saisis par la magnificence des paysages, d’une beauté et d’une pureté époustouflantes. On verra même, à plusieurs reprises, Croc-Blanc lui-même s’extasier devant cette nature qui lui est vitale.

Parti pris scénaristique, on débute le film par une des scènes finales, et l’on comprendra vers la fin toute la trame de l’histoire vue depuis le départ.

Ce qui m’a également frappé durant le film, c’est cette impression que l’on a de vivre l’aventure au plus près de Croc-Blanc. En effet, plusieurs plans nous donnent cette perception « d’être lui » et de vivre sa vie à travers ses yeux. C’est un ressenti certes personnel, mais qui m’a fait percevoir le film comme si j’étais au plus près de lui, de ses émotions, de ce qu’il ressent. Ce que j’aime par-dessus tout lorsque je regarde un film.

Les gros plans sur ses yeux, son visage, donnent, entre autres, ce ressenti. Également, les bruitages sont très bien réalisés et le fait de le voir renifler, sentir, par exemple, amplifient cette impression d’être un de ses « semblables ».

Aussi, les presque « arrêts sur image », les plans fixes, donnent cette impression de temps qui s’arrête, du temps que l’on prend à s’émerveiller devant la nature, les choses simples de la vie.

L’utilisation de la technique du « motion capture », très efficace, a permis de tourner la plupart des scènes du film en enregistrant les mouvements d’une personne ou d’un animal en l’occurrence, et de les reproduire dans un environnement virtuel. Pour la petite anecdote, le premier film à avoir utilisé ce procédé révolutionnaire fut également un film d’animation : « Le Pôle Express » (sorti en 2004), réalisé par Robert Zemeckis (« Retour vers le futur », « Forrest Gump », « Seul au monde »…), époustouflant de réalisme (critique à venir prochainement).

Voici un article vous permettant d’en savoir plus sur le tournage de Croc-Blanc, utilisant ce procédé, avec notamment, le chien Hermès et son dresseur, le lyonnais Thierry Russoto : http://www.lyonplus.com/actualite/2018/04/03/croc-blanc-cinq-semaines-de-travail-pour-un-dresseur-lyonnais-et-son-chien

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La musique, elle, sublime le film : Bruno Coulais a fait un travail formidable, et la symphonie entendue pendant le long-métrage nous prend aux tripes, et nous émeut davantage lors des moments forts en émotion vécus durant le film.

Malgré quelques longueurs durant le film, quelques manques de rythme, notamment au début, on se prend de plus en plus à suivre les aventures de Croc-Blanc, ses joies, ses peines, au fur et à mesure que se déroule l’intrigue. On tremble parfois pour lui, on est triste, et on espère une fin heureuse. Pourtant, certains personnages atroces lui font subir des moments détestables, notamment lors de [attention spoilers] combats de chiens, ou le battant pour le faire soumettre [fin des spoilers].

Mais on ne voit jamais aucune scène violente, tout est seulement suggéré, et les enfants peuvent visionner le film sans problème.

Les humains sont pour la plupart, très inesthétiques, mais il s’agit là d’un parti pris évident du réalisateur, qui a voulu représenter les êtres les plus infâmes affreux physiquement (l’abject Beauty-Smith peut nous faire penser à un Gollum enlaidi, c’est dire !), et les êtres bons, plus agréables à regarder (le couple William et Maggie notamment, qui va recueillir Croc-Blanc).

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[Attention spoilers] Maggie, justement, va nous « surprendre » et nous toucher, lorsqu’à la fin, elle dira à Croc-Blanc « Merci pour tout », comme si on assistait là à l’humanisation de Croc-Blanc, comme quand l’on dit cela à une personne [fin des spoilers]. Ce moment du film, certainement anodin pour beaucoup, m’a énormément ému, en ces temps où les mouvements en faveur de la cause animale, leur considération en tant qu’êtres vivants et sensibles, sont, à mon sens, en train de s’intensifier, ce qui est bien plus qu’honorable… quelque chose de normal.

Croc-Blanc est un animal, mais il ne lui manque plus que la parole… On a vraiment l’impression d’avoir un être humain en face de nous, et ses regards nous font passer tellement de choses…

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[Attention spoilers sur la fin du film !] Le final du film, quant à lui, est, pour ma part, « mi-figue mi-raisin ». Si on est heureux de voir Croc-Blanc retrouver cette nature qu’il aime tant, on aurait toutefois apprécié peut-être qu’un « compromis » soit trouvé afin qu’il puisse rester auprès de ce couple si bon, qui prend enfin soin de lui (chose qu’il n’a pas vraiment connue auprès des humains depuis sa naissance), tout en pouvant retourner dans « ses » grands espaces quand il le souhaite. Mais c’est, avec le recul, une très bonne chose de voir un animal « à moitié sauvage » s’épanouir pleinement dans son espace naturel. Va-t-il retrouver les Indiens ? Les voyant de nouveau apparaitre à la fin du film, on peut peut-être l’imaginer. [Fin des spoilers].

Croc-Blanc est un film très réussi, malgré quelques longueurs et un manque certain de rythme, notamment au début. Croc-Blanc est fort, dévoué et très attachant. Suivre sa vie au plus près de ses ressentis, fait que l’on se prend davantage d’affection pour lui, tout au long du film. Les paysages majestueux et la somptueuse musique ne font que renforcer notre sensibilité déjà exacerbée par les péripéties vécues par Croc-Blanc.

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6 réflexions sur “[Critique et analyse du film] Croc-Blanc : la formidable épopée du chien-loup

  1. Coucou Elodie,

    Je ne pensais pas aller le regarder, mais ton article donne l’eau à la bouche. Je suis sensible à la maltraitance des animaux, fiction y compris… Du coup, je n’osais pas trop mais là, je pense que la voie est libre 🙂 hâte d’entendre la musique si tu la dis marquante.

    A bientôt,

    Serena

    Aimé par 1 personne

    • Coucou 🙂

      Merci pour ton commentaire. Pour ma part, je l’ai tant apprécié que j’irais le revoir avec plaisir s’il passait au cinéma de ma ville (qui n’a qu’une seule petite salle). En tout cas, je m’offrirai le Blu-Ray à sa sortie en août. Dis moi ce que tu en auras pensé après l’avoir vu. A bientôt 😉

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