[Critique et analyse du film] Un monstre à Paris : le charme désuet du Paris des années 1910

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Magnifiant de la plus belle des façons le Paris des années 1910, inondé par les eaux de la Seine, Éric Bergeron, le réalisateur (également créateur du film « Gang de requins », 2004) nous livre un long métrage captivant, aux personnages terriblement attachants et au casting de voix cinq étoiles.

Sorti en 2011.

Réalisation par Éric Bergeron.

Scénario par Éric Bergeron et Stéphane Kazandjian.

Société de production : Bibo Films, EuropaCorp, uFilm, France 3 Cinéma.

Distribution : EuropaCorp Distribution (France).

Musique : Matthieu Chedid et Patrice Renson ; Thème du film « La Seine » par Matthieu Chedid et Vanessa Paradis.

Avec les voix de Matthieu Chedid (le « monstre » Francœur), Vanessa Paradis (Lucille), Gad Elmaleh (Raoul), Sébastien Desjours (Émile), Ludivine Sagnier (Maud), Bruno Salomone (Albert, le serveur du cabaret), Julie Ferrier (Carlotta), François Cluzet (le Préfet Victor Meynott), Philippe Peythieu (le narrateur et l’inspecteur Pâté).

Synopsis : Dans le Paris inondé de 1910, un monstre sème la panique. Traqué sans relâche par le redoutable préfet Maynott, il demeure introuvable… Et si la meilleure cachette était sous les feux de « L’Oiseau Rare », un cabaret où chante Lucille, la star de Montmartre au caractère bien trempé ?

Ma vision du film :

En visionnant « Un Monstre à Paris », si vous étiez déjà amoureux de Paris, vous allez le rester… Si tout comme moi vous ne connaissez pas du tout Paris (eh oui, c’est possible, je n’y suis encore jamais allée mais j’espère bien remédier à cela très vite !), vous allez certainement devenir curieux de ce qu’était Paris dans les années 1910, et vous risquerez très certainement de sentir l’atmosphère du Paris ancien, celui des cabarets de Montmartre ayant une âme…

« Un monstre à Paris » sait en effet restituer le charme du Paris d’antan, à l’époque de la terrible crue de 1910. Cela nous rappelle un autre film d’animation emblématique, ayant également pour cadre notre charmante capitale, à une période toutefois plus récente… Ratatouille (dont l’analyse arrivera prochainement sur le blog).

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Vanessa Paradis prête avec talent sa voix à la chanteuse de cabaret Lucille, élégante, douce et raffinée, mais au caractère très affirmé. Elle se produit avec succès sur la scène de « L’Oiseau Rare ». Sa tante, Carlotta, tente de la pousser dans les bras de Victor Meynott, le préfet, prêt à tout pour devenir maire de Paris (même si, à l’époque, il n’y avait pas de maire à Paris, pour la petite anecdote). Mais elle repousse les avances de ce dernier avec qui le courant ne passe pas.

De leur côté, Raoul, livreur et inventeur fantasque, effectue ses tournées dans une petite camionnette qu’il a baptisé Catherine (!). Émile, lui, un projectionniste de cinéma passionné par son métier et timide, n’ose inviter Maud, sa collègue, dont il est amoureux. Un soir, lors d’une livraison dans le jardin des Plantes, Raoul, accompagné d’Émile, son « ami », va vouloir fouiner un peu dans le laboratoire du Professeur botaniste qui y travaille, profitant de l’absence de ce dernier, parti en voyage à l’étranger. Un singe botaniste et savant, Charles, garde les lieux et est apeuré de ce qui pourrait se passer à cause de l’irresponsabilité de Raoul, qui touche à tout et n’importe quoi… Le singe, ne parlant pas, communique par de petits mots qui sont parfois très drôles. Certaines fioles, renversées ou mélangées à d’autres, pourraient provoquer des catastrophes… Comme cette puce qui deviendra géante, ayant l’allure d’un monstre et qui va ne pas tarder à terrifier la ville, déjà bien ébranlée à cause de l’inondation.

Loin de s’affoler de la situation, le préfet Maynott voit lui plutôt l’occasion de se montrer sous le jour d’un héros en trouvant et en capturant ce monstre, récupérant au passage une belle récompense, le respect de ses concitoyens et le titre de Maire qu’il espère tant…

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Un soir, le « monstre » va vouloir trouver refuge au cabaret « L’Oiseau Rare ». Étant d’abord effrayée en le voyant, Lucille va peu à peu avoir de l’empathie pour lui, qui reste dehors seul sous la pluie, et en s’apercevant derrière la porte qu’il chante magnifiquement… Elle qui recherchait un musicien pour l’accompagner sur scène, va faire en sorte de l’habiller comme un homme et de dissimuler ses signes extérieurs de bête repoussante, le cachant par la même occasion, de Maynott et de ses ambitions démoniaques… Hélas, tout ne va pas se passer comme prévu et une des scènes finales, au rythme frénétique, va mettre en scène une course-poursuite dans le funiculaire fraichement inauguré par Maynott en présence du Tout-Paris. Lucille a accepté d’être à ses côtés lors de cet évènement, afin de monter un stratagème destiné à duper le préfet quant à l’existence du monstre qu’elle a affectueusement nommé Francœur, du nom de la rue où se trouve « L’Oiseau Rare »…

« Un monstre à Paris » est un film qui se suit avec plaisir, et les personnages sont tous très attachants. Émile et Maud sont touchants de par leur timidité, Raoul est drôle et amusant, tout comme le singe Charles, dont les petits mots destinés aux humains sont à se tordre de rire. Quant à Lucille et Francœur, le lien affectueux qui se nouera entre eux est attendrissant. Francœur, qui ne parle pas mais chante et joue de la guitare (voix de Matthieu Chedid), nous bouleverse.

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On trouvera, pour la petite anecdote, pendant le film, une référence très amusante à Bourvil : lorsque Lucille vole un vélo à un passant, ce dernier va s’exclamer : « Hé ! Mon vélo » sur la même intonation que Bourvil dans le film « La Grande Vadrouille » où il partage l’affiche avec Louis de Funès.

Raoul et Lucille, qui étaient ensemble à l’école maternelle, et entre qui on pensait que l’amour vache était d’usage, vont  contre toute attente, se rapprocher… Émile va-t-il enfin oser faire sa déclaration à la docile Maud ? S’il se décide enfin, celle-ci sera bien loin de se dérouler comme il l’avait prévu…

La Tour Eiffel, le Sacré-Cœur, le quartier de Montmartre… sont autant d’écrins à ce petit bijou inventif, drôle, captivant, prenant, mettant en scène des personnages ordinaires du quotidien, devenant des héros sans le vouloir. Émile, projectionniste timide, et Raoul, livreur parfois quelque peu immature et farfelu, vont repousser les limites et gravir des sommets de courage et d’audace.

Les chansons, notamment « La Seine » (voir vidéos ci-dessous) sont entrainantes et entêtantes à souhait (dans le bon sens du terme…). D’ailleurs, certains personnages comme Raoul vont siffloter l’air de « La Seine » plusieurs fois dans le film, après avoir entendu Lucille la chanter sur la scène de « L’Oiseau Rare ».

L’émotion nous prend davantage vers la fin du film, notamment quand on se prend à trembler pour Francœur, pris pour cible par Maynott, prêt à tout pour devenir un héros aux yeux du Tout-Paris. Quand Lucille croit avoir perdu Francœur, pour elle chanter sur la scène du cabaret n’a désormais plus aucun sens, sans celui qui était à ses côtés, et avec qui elle faisait des étincelles chaque soir… Mais la vie réserve parfois bien des surprises, grâce notamment au Professeur botaniste qui va rentrer de voyage…

Mais chut, je n’en dirai pas plus, espérant vous avoir donné l’envie de visionner ce bijou inventif, musical, entrainant, drôle et touchant, dans le Paris d’antan… que l’on aime tant. Je vous mets au défi de ne pas vous prendre d’affection pour chaque personnage de ce film, à part Maynott, que l’on prendra plutôt plaisir à détester !

Ci-dessous : clip de « La Seine », interprété par Vanessa Paradis et Matthieu Chedid, et la chanson interprétée par Lucille et Francœur, sur la scène du cabaret « L’Oiseau Rare ».

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