[Critique et analyse du film] Les Fugitifs : le cœur a ses raisons…

Les_Fugitifs

Troisième et dernier long métrage réunissant Gérard Depardieu et Pierre Richard, après « Les Compères » et « La Chèvre », ce long métrage marie à merveille humour, amitié, émotion et tendresse. Voici là l’analyse d’un film considéré comme « bon public », mais toujours aussi agréable à (re)voir, rien que pour les liens « atypiques » noués par Pignon, sa fille Jeanne et Lucas.

Sorti en 1986.

Réalisation et scénario par Francis Veber.

Société de production et distribution : Gaumont.

Musique : Vladimir Cosma.

Avec Gérard Depardieu (Jean Lucas), Pierre Richard (François Pignon), Anaïs Bret (Jeanne Pignon), Maurice Barrier (Commissaire Duroc), Jean Benguigui (Labib), Jean Carmet (docteur Martin, vétérinaire à la retraite), Michel Blanc (docteur Gilbert).

Synopsis : Les temps sont durs pour François Pignon qui doit soigner sa fille, Jeanne. Il s’est même résigné à braquer une banque. Il va jusqu’à prendre en otage Jean Lucas, un ancien repris de justice sortant tout juste de prison, pourtant bien décidé à se repentir… Jeanne, devenue muette suite au décès de sa mère, va s’attacher à Lucas, à tel point que celle-ci va se remettre à parler, pour le plus grand bonheur de son père François.

Ma vision du film :

Depuis toute petite, j’ai une tendresse particulière envers « Les Fugitifs ». À l’époque où Gérard Depardieu était (encore) un grand acteur et où Pierre Richard jouait déjà depuis un bon moment le maladroit de service, la rencontre improbable des deux acteurs aura déjà donné naissance à deux autres films réalisés par Francis Veber (cf. plus haut). « Les Fugitifs » sera le troisième et dernier, réunissant le duo de choc improbable.

Jean Lucas, ayant purgé sa peine après avoir été multirécidiviste du braquage, sort de prison. Il est bien décidé à faire preuve de rédemption et à retrouver une vie normale…  Se rendant à la banque afin d’ouvrir un compte, il fait preuve de malchance, quand Pignon, en difficulté suite à son licenciement, y rentre, commet un braquage et le choisit comme otage. Or, comment le commissaire Duroc (déjà peu enclin à croire au fait que Lucas se range) et l’opinion publique pourraient croire qu’il n’est pas coupable de ce hold-up ?

19535543_20130626164846542.jpg-r_640_360-f_jpg-q_x-xxyxxS’en suivront une cavale des deux hommes pour échapper à la police, accompagnés de Jeanne, la fille de Pignon, devenue mutique suite au décès de sa mère. Lucas voudra obtenir de Pignon qu’il s’exprime afin de faire reconnaitre son innocence dans le braquage. Il finira par l’obtenir, et s’apprêtant donc à reprendre seul sa route, une raison inattendue va le pousser à rester encore quelques temps avec François et Jeanne…

Et c’est à partir de ce moment que le film prend une tournure où l’amitié et la tendresse prendront toute leur place, aux côtés de l’humour. Qui aurait parié que Jeanne, après avoir pris soin de Lucas suite à sa blessure, fera preuve d’empathie envers lui et s’y attachera presque instantanément ?

On ne sait pas pour quelles raisons Jeanne va à ce point s’attacher à Lucas, au point de se remettre à parler. Peut-être que cette nouvelle figure masculine la rassure, peut-être le voit-elle aussi comme une sorte de « tonton ». Elle qui a perdu sa maman, se retrouve avec un papa en quelque sorte aussi « fragile » qu’elle, veuf et au chômage.

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Jeanne est une petite fille extrêmement touchante, qu’on a envie de protéger. Impeccablement interprétée par la toute jeune Anaïs Bret, qui n’a pas poursuivi une pourtant prometteuse carrière de comédienne. Lorsque Lucas va leur dire qu’il ne restera pas avec eux, elle s’enfuira, recueillie par la Police et amenée à l’Assistance Publique. Redevenue muette et ne s’alimentant plus, Lucas va lui rendre visite, et ce moment où il va la voir et lui amène un singe en peluche, est extrêmement touchant. Également, la scène où Lucas s’échappe de chez le vétérinaire qui lui a soigné sa blessure, dort dans un « squat » de fortune et est rejoint par Jeanne qui se colle contre lui, est désarmante d’émotion pure.

Autrefois braqueur sans foi ni loi, Lucas va peu à peu « s’adoucir » au contact de cette petite fille, et également sans s’y attendre nouer des liens d’amitié du genre « amour vache » avec Pignon, évoluant peu à peu vers une volonté de Lucas à aider François et sa fille Jeanne à passer la frontière pour se rendre en Italie, car la cavale serait dure à supporter pour une si petite fille…  Jusqu’à rester avec eux à la fin, ne pouvant se résoudre à les laisser partir seuls.

Dans le film, on retrouve un thème musical récurrent, très réussi, collant parfaitement à l’atmosphère « tendre » du film. Composé par Vladimir Cosma, ce virtuose qu’on ne présente plus, lui qui a été le chef d’orchestre de tant d’œuvres musicales aussi remarquables les unes que les autres, accompagnant bon nombre de films, téléfilms et séries des décennies 1970, 1980 et 1990 notamment.

Preuve du succès du film, Francis Veber réalise en 1989 « Three Fugitives », la version américaine des Fugitifs avec des acteurs d’outre-Atlantique. Mais d’avis des spectateurs français ayant vu le film, ce remake américain ne réitéra pas la magie de l’original.

Après une enquête de 2014 concernant les 20 films de cinéma les plus regardés par les Français entre 1989 et 2014 lors de leur diffusion à la télévision française, Médiamétrie indique que le film avait été vu par 13,36 millions de téléspectateurs le 4 mars 1990 ; il arrivait donc en 14e position de la liste des films les plus vus (source Wikipédia). Un plébiscite qui parle de lui-même…

« Les Fugitifs » reste donc un film très plaisant à revoir,  genre de « buddy movie » à la française, où on apprécie infiniment la place accordée à la tendresse et à l’amitié, grâce notamment à la présence touchante de la petite Jeanne et de son attachement à Lucas, qui lui redonne le goût de vivre… et de parler.

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