« Zoom » actrice : Audrey Tautou

La délicatesse

Bouleversante dans « La délicatesse » (2011).

Il y a certaines actrices qui possèdent une sorte d’aura, de charme indéfinissable. Audrey Tautou en fait partie. Si elle se fait peut-être un peu plus discrète ces dernières années, elle a enchainé les rôles après le succès incroyable du « Fabuleux destin d’Amélie Poulain » en 2001. C’est une des actrices françaises (si ce n’est la seule…) dont j’ai vu le plus de films à ce jour, et dont j’apprécie beaucoup le talent.

Nom de naissance : Audrey Justine Tautou

Née le 9 août 1976, à Beaumont (Puy de Dôme)

Films les plus célèbres : « Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain », « La délicatesse », « Vénus beauté Institut », « Ensemble c’est tout », « Un long dimanche de fiançailles », « Da Vinci Code », « À la folie… pas du tout », « De vrais mensonges », « L’écume des jours ».

Récompenses notables : César du Cinéma 2000 : Meilleur espoir féminin pour « Vénus beauté Institut »

2001 : Prix Lumières (Meilleure actrice), Trophée Chopard à
la Révélation féminine, Festival de Cannes, pour « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain ».

Amélie Poulain.jpg

« Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » de Jean-Pierre Jeunet (2001). Son rôle le plus célèbre à ce jour.

Peut-on seulement définir Audrey Tautou ? Cette actrice m’a maintes fois étonné de par ses multiples facettes de jeu. Certaines comédiennes le sont devenues par le plus beau des hasards : Sophie Marceau ne s’apprêtait pas à faire du cinéma, mais, la directrice de casting de « La Boum » ne trouvant pas « sa » Vic, a repéré son joli minois dans une agence de pub, où elle s’est inscrite pour se faire un peu d’argent de poche pendant les vacances ; Mireille Darc est passée devant le conservatoire de Toulon lors d’un tour en vélo offert par son frère pour son anniversaire, s’échappant d’un environnement familial toxique…

Audrey Tautou, elle, s’est vu offrir par ses parents un stage d’été au cours Florent après sa mention bien au baccalauréat. Devant son talent indéniable, son professeur n’a pas voulu la lâcher. Audrey est restée, tout en entamant en parallèle une licence de lettres modernes… Quelques temps plus tard, elle obtenait son premier grand rôle dans « Vénus beauté Institut ». La machine était alors lancée…

Audrey Tautou

Dans « Le fabuleux destin d’Amélie Poulain » (2001), elle pense davantage à faire le bonheur des autres, paralysée par la peur de pouvoir être heureuse elle-même. Cela parle bien évidemment à énormément de gens, qui inconsciemment ne s’autorisent peut-être pas à être pleinement heureux. Le cadre enchanteur d’un Paris « version village » où tout le monde se connaît a également contribué au succès du film. Aujourd’hui, certains fans du long-métrage parcourent même le quartier où a été tourné le film, s’offrant également un petit arrêt au café des deux moulins, devenu culte suite au tournage du film dans ses murs.

L’année suivante, dans « À la folie… pas du tout » (voir mon analyse du film ICI), elle détonne par son air angélique et candide d’étudiante aux beaux-arts, dont le meilleur ami est secrètement amoureux, mais qui, atteinte d’érotomanie, fera vivre un enfer à son voisin cardiologue qu’elle pense amoureux d’elle, à la suite d’un malheureux quiproquo. Un film au succès commercial et critique mitigé, mais parfaitement délectable à mon goût.

Hors de Prix avec Gad Elmaleh

Dans « Hors de Prix » avec Gad Elmaleh (2006).

Dans « Hors de Prix » (sorti en 2006), elle partage l’affiche avec Gad Elmaleh (qu’elle retrouvera dans « L’écume des jours », adapté de l’œuvre littéraire de Boris Vian, sorti lui en 2013 ; avec également Romain Duris et Omar Sy). Dans un registre plus sexy dans lequel elle ne nous avait pas habitués, elle campe une croqueuse de diamants qui court les hommes riches sur la Côte d’Azur. Un beau succès commercial pour ce long-métrage, qui cumulera un peu plus de 2 millions d’entrées en France.

« De vrais mensonges », sorti en 2010, s’il n’est pas le métrage le plus connu de sa filmographie, se révèle étonnant, notamment grâce au duo mère-fille qu’elle incarne aux côtés de Nathalie Baye. De nouveau un rôle de femme se « sacrifiant » (un temps seulement) sentimentalement afin de redonner le sourire à sa mère, quittée par son mari, en lui envoyant la mystérieuse lettre d’amour qu’elle vient de recevoir. Elle se révèle néanmoins odieuse et sans pitié en tant que patronne de son salon de coiffure. Un long-métrage tourné à Sète, où l’actrice y est désarmante de naturel, d’authenticité, et le duo qu’elle forme avec le comédien Sami Bouajila se révèle absolument touchant de sincérité.

De vrais mensonges

« De vrais mensonges » (2009).

S’il est un rôle que j’affectionne particulièrement, c’est celui de Nathalie qu’elle interprète dans « La délicatesse » (2011), qui porte si bien son nom. Un long-métrage poétique et sensible où elle partage l’affiche avec François Damiens. Le duo fonctionne parfaitement, et trois ans avant « La famille Bélier », l’impayable comique belge montre déjà un bel aperçu de son talent d’acteur, à l’opposé des pitreries de ses célèbres caméras cachées.

À chaque duo « d’amoureux » qu’elle a incarné avec un acteur masculin à ses côtés, quel qu’il soit, cela a toujours fonctionné. Casting réussi pour chacun de ses films, grâce de Mlle Tautou, charme qui opère (à l’écran) auprès de chacun de ses partenaires, ou talent égal de ces derniers,  il va sans dire qu’il y a toujours chez elle, ce petit « quelque chose » qui marche à tous les coups. Cet air mutin, candide, frais qu’elle insuffle à tous ses rôles, apporte de la légèreté, même aux plus sombres d’entre eux.

Personnellement, j’espère qu’Audrey Tautou fera encore longtemps partie du paysage cinématographique français (et international).

Et vous, appréciez-vous Audrey Tautou ? Quel est selon vous son rôle le plus marquant (et je vous vois venir, pas seulement Amélie Poulain ?).

Audrey Tautou L'écume des jours

Dans « L’écume des jours », (2013), adapté du célèbre roman de Boris Vian.

[Photos et bande-annonce] First Man, le premier homme sur la lune – Sortie le 17 octobre 2018

Affiche First Man.jpgNarrant les huit années passées entre le discours ambitieux de John Fitzgerald Kennedy en 1961, ayant la volonté d’envoyer le premier homme sur la lune, jusqu’à ce fameux jour historique du 21 juillet 1969, où ce fut un « petit pas pour l’homme, mais un grand pas pour l’humanité », « First Man, le premier homme sur la lune » a ouvert la 75ème édition de la Mostra de Venise. Ryan Gosling interprète Neil Armstrong. À découvrir au cinéma le 17 octobre prochain.

Réalisé par Damien Chazelle. Scénario par Nicole Perlman et Josh Singer, d’après la biographie First Man: The Life of Neil A. Armstrong de James R. Hansen. Sortie le 17 octobre 2018 en France.

Avec Ryan Gosling, Claire Foy, Corey Stoll, Kyle Chandler, Jason Clarke….

Synospsis: L’histoire fascinante de la mission de la NASA d’envoyer un homme sur la lune, centrée sur Neil Armstrong et les années 1961-1969. Inspiré du livre de James R. Hansen, le film explore les sacrifices et coûts – d’Armstrong et de la nation – d’une des plus dangereuses missions de l’Histoire. 

Voici l’affiche, quelques photos et la bande annonce en VF. Irez-vous voir ce film dans les salles obscures ?

« Zoom » acteur : Robin Williams

Jumanji

Décédé il y a un peu plus de quatre ans, le 11 août 2014, Robin Williams était un acteur authentique, à la fois drôle, tendre, émouvant et facétieux. C’était un acteur et un homme très aimé des spectateurs, cachant une tristesse et un mal-être indéfinissable, qui n’aura jamais réellement connu la sérénité. Prêtant son immense talent à des rôles inoubliables dans des films très populaires tels que « Madame Doubtfire », « Le cercle des poètes disparus », « Jumanji » ou moins connus mais tout aussi excellents comme « L’homme bicentenaire ». Un homme et un acteur ayant laissé après sa mort un grand vide dans le cœur de très nombreux spectateurs.

Nom de naissance : Robin McLaurin Williams

Né le juillet 1951 à Chicago (Illinois, États-Unis)

Décédé le 11 août 2014 à l’âge de 63 ans à Paradise Cay (Californie, États-Unis)

Films les plus célèbres : « Madame Doubtfire », « Jumanji », « Le cercle des poètes disparus », « Will Hunting », « Good Morning Vietnam ».

Récompenses notables : 45e cérémonie des Golden Globes 1988 : Meilleur acteur dans un drame biographique pour « Good Morning, Vietnam » (1987).

MTV Movie Awards (1993) de la meilleure performance comique dans une comédie d’animation pour « Aladdin » (1992).

51e cérémonie des Golden Globes 1994 : Meilleur acteur dans une comédie familiale pour « Madame Doubtfire ».

70e cérémonie des Oscars 1998 : Meilleur acteur dans un second rôle dans un drame pour « Will Hunting ».

62e cérémonie des Golden Globes 2005 : Lauréat du Prix Cecil B. DeMille Award pour l’ensemble de sa carrière.

Le cercle des poètes disparus.jpg

Robin Williams n’était pas un acteur comme les autres. Pas de ceux dont l’ascension est fulgurante, mais qui ne laissent aucune trace, ni dans la mémoire cinématographique collective, ni dans le cœur des spectateurs (et) cinéphiles. Mais de ceux qui ont marqué toute une génération voire plusieurs, de par son talent, sa bonhomie et son cœur bon visible et palpable à travers l’écran. Un visage doux, des yeux tendres et facétieux mais aussi tristes. À l’annonce de sa mort le 11 août 2014, des suites d’une dépression sévère et d’une maladie rare nommée démence à corps de Lewy, un type de démence progressive dont les symptômes sont semblables à ceux de la maladie de Parkinson (dont il se croyait apparemment atteint, à tort) et d’Alzheimer, beaucoup de témoignages de personnes du métier, bien sûr, mais également de toute une génération de spectateurs ayant grandi avec « Madame Doubtfire », « Jumanji » ou « Le cercle des poètes disparus ». Beaucoup ont confié avoir perdu comme un membre de leur famille, ne jamais avoir été aussi touchés par la disparition d’une personnalité publique, révélant même, pour certains, avoir versé quelques larmes… La vive émotion suscitée lors de sa disparition est visible sur cette image, où l’on découvre des monceaux de bouquets de fleurs déposés quelques jours après son décès, devant la maison utilisée comme cadre de vie de la famille Hilard de « Madame Doubtfire », à San Francisco.

Fleurs devant maison de Mme Doubtfire San Francisco

Maison utilisée comme cadre de vie des Hilard dans « Madame Doubtfire », où s’accumulent des bouquets de fleurs après l’annonce du décès de l’acteur, en août 2014.

Car Robin Williams, c’était l’acteur dans toute sa splendeur. Il pouvait tout jouer : l’homme drôle, tendre, papa copain, le professeur de lettres anticonformiste et original, l’homme sérieux (mais pas trop longtemps), triste, Peter Pan, et même un robot, dans « L’homme bicentenaire » (voir mon analyse du film ICI), en 1999, un rôle assez étonnant et novateur d’un robot humanoïde au service d’une famille, devenant peu à peu humain et confronté à la disparition successive de ses êtres chers. Nous n’étions pas encore, il y a presque vingt ans, familiers avec la notion de robotique humanoïde et du bouleversement que cela pourrait engendrer au niveau sociétal, philosophique et éthique. Un rôle interprété avec brio par Monsieur Williams, tournant de nouveau sous la houlette de Chris Colombus, six ans après « Madame Doubtfire ». Il ne jouait pas, il n’interprétait pas, il « était » et incarnait ses rôles. Le genre de personne, d’acteur dont on se demande sincèrement parfois « Qu’aurait-il pu faire d’autre de sa vie ? ». Robin Williams est un des acteurs, si ce n’est l’acteur, qui représente au plus près pour moi, la vision de ce que « l’art de jouer » ou plutôt d’interpréter, représente pour moi, profondément.

Mme Doutbfire

Malgré son succès, son immense popularité et sa vie de famille, Robin Williams a été, presque toute sa vie durant, rongé par un mal-être viscéral, une dépression profonde, en proie depuis des années à une consommation excessive de drogue et d’alcool, ayant effectué plusieurs séjours en cure de désintoxication. Le papa prêt à tout pour voir tous les jours ses enfants, quitte à se grimer en une gouvernante écossaise à la fois intransigeante et bienveillante, pouvait, dans le même film, devenir un homme au regard profondément triste, éprouvé par sa séparation d’avec son épouse qu’il voit, impuissant, se faire courtiser par un autre, et ses enfants. Ce qu’il était dans ses films, il l’était sans doute dans sa vie d’homme : un « monstre d’humour », capable de faire rire des millions de personnes de par ses facéties, ses pitreries et ses répliques qui font mouche, mais aussi un homme qui, en une seconde, peut devenir triste et dont le regard vous touche intensément, pour longtemps.

Beaucoup d’actrices et d’acteurs, et d’humoristes, font ce métier car ce sont des « écorchés vifs », souvent en proie à des émotions fortes et contradictoires. Robin Williams était incontestablement de ceux-là. Éternel enfant, il a doublé également bon nombre de personnages de films d’animation : le génie dans « Aladdin », Fender dans « Robots », Ramon / Le Rockhopper Lovelace dans « Happy Feet 2 »

Si Robin Williams n’est plus, il continue de vivre à travers les rôles qu’il laisse à jamais gravés dans nos mémoires. Certains ont même pensé qu’il est immortel, à l’image de son rôle de « L’homme bicentenaire »… [Attention spoiler] qui finit tout de même par mourir à la fin [Fin du spoiler].

Et vous, que représentait Robin Williams pour vous ? Quels sont les rôles qu’il a incarnés qui vous ont le plus touché, marqué, et pourquoi ? N’hésitez pas à réagir en laissant un commentaire !

Pour en savoir plus sur la carrière et la vie de Robin Williams : https://fr.wikipedia.org/wiki/Robin_Williams

http://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-1191/biographie/

ROB MC EWAN