[Critique et analyse du film] Teen Spirit de Max Minghella (2019)

Affiche Teen Spirit

En cette année 2019, que de belles découvertes variées au cinéma ! Après « Roxane » et « Toy Story 4 » qui m’ont tous les deux séduits récemment, « Teen Spirit », petit film indépendant, premier film réalisé par Max Minghella, le film, mettant un scène Violet, une jeune polonaise vivant avec sa mère sur l’île de Wight, faisant tout pour devenir une star de la chanson, avec l’aide d’un ancien chanteur d’opéra devenu son mentor, malgré les réticences de sa mère. Une bande-son pop-dance très 1990’s/2000’s, un film original au plus près de son personnage principal, donne un film rafraichissant en ces temps de canicule.

Sorti en 2019.

Genre : Drame. Durée : 1h32.

Réalisation et scénario par Max Minghella.

Musique : Marius De Vries.

Société de production : Automatik Entertainment, Aperture Media Partners, Blank Tape, Head Gear Films, Interscope Films et Metrol Technology.

Distribution : Bleecker Street Media (États-Unis), Metropolitan Filmexport (France).

Avec Elle Fanning (Violet Valenski), Zlatko Burić (Vlad), Agnieszka Grochowska (Marla, la mère de Violet), Ruairi O’Connor (Keyan Spears), Archie Madekwe (Luke), Rebecca Hall (Jules).

Teen Spirit Violet Elle Fanning

Ma vision du film :

Ayant profité de la fête de cinéma pour aller voir « Teen Spirit », le film indépendant risque, comme beaucoup d’autres, de se faire manger tout cru par les poids lourds « Toy Story 4 » et « Spider-man : Far from home ». Mais il est bon aussi de temps à autre de découvrir d’autres films, moins connus.

Il est vrai que « Teen Spirit », assez original de par sa construction, détonne dans le paysage cinématographique actuel. Et cela fait du bien de voir des films qui changent ! Dès la première scène, on voit qu’il s’agit presque d’un film d’auteur dans la façon de filmer Violet (Elle Fanning) en gros plan, puis des images un peu « psychotiques » par la suite, lors des scènes de chant, ou sur scène.

Elle Fanning dans Teen Spirit

On y suit le parcours de Violet Valenski, jeune fille de 17 ans d’origine polonaise expatriée sur l’ile de Wight avec sa mère. Une vie à la dure, entre le lycée comme n’importe quelle jeune fille de son âge, l’aide qu’elle apporte à Marla, sa mère dans l’exploitation familiale, et les services qu’elle effectue dans un bar le soir, pour aider financièrement. Le père de  Violet étant en plus parti voilà des années maintenant, suite à un adultère de Marla.

Pour oublier cette vie pas franchement folichonne pour une jeune fille de 17 ans, Violet se réfugie dans la musique, qu’elle écoute très souvent, et chante dans une chorale, mais cela ne lui suffit plus… Passant un jour en bus devant un panneau publicitaire dévoilant les dates de casting de Teen Spirit, un télé crochet très populaire en Grande-Bretagne, Violet va demander à Vlad, un ancien chanteur d’opéra croate qu’elle a rencontré dans bar où elle est serveuse et chante parfois, de l’y accompagner, Marla n’en étant même pas informée, contre l’idée que sa fille tente de devenir une popstar.

Teen Spirit Violet et sa mère

Vlad deviendra le mentor de Violet, et, dans les réussites comme dans les difficultés, deviendra l’indispensable soutien, voire quelque part le père qu’elle n’a plus… La relation qu’ils nouent est très touchante, [Attention spoilers] et un seul geste, très fort, prouvera que Violet n’a plus besoin du médaillon de son père qu’elle a perdu (et retrouvé) juste avant la finale de Teen Spirit : elle le retirera de son cou.

Violet, se sentira perdue lorsque Vlad disparaîtra suite à une dispute avant la finale ; il reviendra avant qu’elle chante et se donnera alors comme jamais, comme si elle avait plus que jamais besoin de sa présence, de son soutien, pour donner le meilleur d’elle-même. [Fin des spoilers].

Elle Fanning Violet vers la finale de Teen Spirit

J’ai aimé toutes les chansons du film, la bande originale est au top et se prête bien à l’ambiance générale du film : les chansons pop-dance des années 1990/2000 (avis à la génération des Millennials !) pour la plupart me rappellent des souvenirs d’enfance, et le temps passé à rêvasser en écoutant de la musique, tout comme le fait Violet dans le film… « Barbie Girl » d’Aqua, « Better off alone » d’Alice Deejay, « Saturday Night » de Whigfield, mais aussi « Just a girl » de No Doubt, et des chansons britanniques : « Lights » d’Ellie Goulding (sortie en 2013), « Dancing on my own » de Robyn reprise récemment par Calum Scott…

« Teen Spirit » est, comme vous l’aurez compris, un film surtout porté sur le cheminement intérieur de son héroïne, Violet. Même si les personnages secondaires sont assez présents, il était naturel que le film soit surtout centré sur son personnage principal, souvent, d’ailleurs dépassé par les évènements au fur et à mesure de son avancée dans l’aventure.

Keyan et Violet Teen Spirit

Elle Fanning est, comme à son habitude, incroyable dans ce film, se donnant corps et âme, et l’on ressent grâce à son visage expressif ce qu’elle ressent, au plus près. Elle chante réellement  la plupart des chansons dans le film.

Les amateurs de films traditionnels, conventionnels risquent d’être déçus : à la sortie de la séance, j’entendais certaines personnes être désappointées, s’attendant à retrouver un peu l’esprit du film « A star is born » (avec Lady Gaga et Bradley Cooper), mais les deux longs-métrages sont radicalement différents dans leur parti pris et leur réalisation.

Pour ma part, j’ai beaucoup aimé « Teen Spirit », sortant de l’ordinaire ; ne montre jamais le côté glamour ni facile des coulisses des étapes d’un télé crochet. Je reverrai le film avec plaisir !

Violet Teen Spiritè_2

Rétrospective : Festival International du film d’Animation d’Annecy 2019

Bandeau Festival du film d'Animation Annecy 2019

Cette année encore, le Festival International du film d’Animation d’Annecy a tenu toutes ses promesses. Retours sur les évènements et le palmarès.

Lors de cette 43ème édition, entre belles découvertes prouvant que le cinéma d’animation est un art à part entière (pourquoi pas en faire le 11ème art ?), un palmarès récompensant des œuvres toutes plus différentes les unes que les autres dans la forme et dans le fond, le Festival International du film d’Animation d’Annecy a redonné au cinéma d’animation ses lettres de noblesse.

J'ai perdu mon corps

« J’ai perdu mon corps » de Jérémy Clapin.

Voici le palmarès de cette 43ème édition: Palmarès du Festival International du Film d’Animation d’Annecy 2019.

(Cliquer sur le titre du film pour accéder au lien de la fiche film correspondante) – Certains films ont été primés deux fois: notamment « J’ai perdu mon corps », de Jérémy Clapin, à la fois lauréat du Cristal du long-métrage et Prix du public/Première. « Mémorable », court-métrage français de Bruno Collet, a reçu le Cristal du court-métrage et le Prix du public. « Dcera », court-métrage tchèque de Daria Kashcheeva, s’est vu décerner le Cristal du film de fin d’études et le Prix du jury junior pour un film de fin d’études.

Si certains films étaient en compétition mais n’ont pas remporté de prix, ils ont tout de même fait sensation auprès du public. Notamment « L’Extraordinaire Voyage de Marona » d’Anca Damian, ou l’histoire d’une chienne se remémorant les différents maîtres qu’elle a eus et qu’elle a aimés inconditionnellement tout au long de sa vie, suite à un accident. Sortie en salles le 8 janvier 2020.

Film très attendu également, « Le voyage du Prince » de Jean-François Laguionie, qui s’est vu remettre le Cristal d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière avant la projection du film, sous l’ovation du public. Un prix bien mérité pour le « papa » des magnifiques « Louise en hiver » et « Le tableau ».

Grand Loup et Petit Loup Festival du film d'Animation d'Annecy

« Grand Loup & Petit Loup » de Rémi Durin, Prix CANAL+ Jeune public.

Pour en savoir plus concernant cette édition 2019 du festival d’Annecy, rendez-vous sur le site Benshi, un site faisant découvrir des films de qualité pour le jeune public, et depuis peu également plateforme VOD de films jeunesse (animation, PVR). Un site de qualité, que je ne peux que vous recommander. Benshi était à Annecy, et vous fait découvrir les pépites découvertes lors du festival: ICI.

Je vous donne rendez-vous l’année prochaine, pour les 60 ans du Festival International du Film d’Animation d’Annecy, du 15 au 20 juin 2020 !

L'extraordinaire voyage de Marona

« L’extraordinaire Voyage de Marona » d’Anca Damian.

[Critique et analyse] Toy Story 4 de Josh Cooley – Studios Pixar

Affiche Toy Story 4

Vu en avant-première le week-end dernier, je suis allée à la séance de « Toy Story 4 » en me demandant, neuf ans après le troisième volet de la saga phare de Pixar, comment les studios californiens allaient bien pouvoir nous étonner à nouveau, alors que « Toy Story 3 » devait sonner la fin définitive de ce qui devait rester une trilogie. Andy parti à l’université et ayant donné ses précieux jouets à sa sœur, Bonnie… Cela semblait une fin parfaite. Mais avait-on trouvé des réponses concernant l’avenir et le cheminement intérieur de Woody, le héros principal ? Voici entre autres l’objet du très attendu (au tournant) « Toy Story 4 ».

Genre : Film d’animation. Sorti en 2019.

Durée : 1h40.

Réalisation par Josh Cooley.

Scénario par Stephany Folsom.

Musique et chansons : Randy Newman (Version française interprétée par Charlélie Couture).

Société de production : Pixar Animation Studios et Walt Disney Pictures.

Distribution : Walt Disney Studios Distribution.

Avec les voix françaises de Jean-Philippe Puymartin (Woody), Richard Darbois (Buzz l’éclair), Audrey Fleurot (Bo, la bergère), Pierre Niney (Forky, la fourchette), Juliette Davis (Bonnie), Angèle (Gaby Gaby), Barbara Tissier (Jessie), Henri Guybet (Rex), Jean-Loup Horwitz (Zig-Zag), Jean-Pierre Denys (Monsieur Patate), Michèle Bardollet (Madame Patate), Mathias Timsit (Bouton d’Or).

Toy Story 4 Woody et la Bergère

 

Synopsis : Woody a toujours privilégié la joie et le bien-être de ses jeunes propriétaires – Andy puis Bonnie – et de ses compagnons, n’hésitant pas à prendre tous les risques pour eux, aussi inconsidérés soient-ils. L’arrivée de Forky un nouveau jouet qui ne veut pas en être un dans la chambre de Bonnie met toute la petite bande en émoi. C’est le début d’une grande aventure et d’un extraordinaire voyage pour Woody et ses amis. Le cowboy va découvrir à quel point le monde peut être vaste pour un jouet…

Ma vision du film :         

« Toy Story 3 » s’achevait en 2010, sur cette scène où Andy, que l’on a vu grandir auprès des ses jouets, partait à l’université en laissant ses jouets à la petite Bonnie, comme un passage de relais, une transmission, après une page qui se tourne… On ne devait donc pas retrouver Woody, Jessie, Pile-Poil et tous les autres fidèles joujoux auxquels on avait fini par terriblement s’attacher au fil des trois opus de la saga. D’autant que « Toy Story » fut le tout premier film des studios Pixar (sorti en 1995, premier film d’animation totalement en images de synthèse de l’histoire !).

Toy Story 4 Bonnie et la fourchette

Et visuellement, quelle claque ! Encore un palier de franchi entre le dernier volet sorti en 2010, et celui-ci. Pixar ne cesse de repousser les limites que l’on pensait déjà atteintes depuis longtemps, d’une quasi-réalité dans les textures, les matières des jouets… La brillance de la « peau » en céramique de Bo la bergère, semblant plus vraie que nature, la porcelaine des moutons Bi, Bop et Loula, et le bruit de leurs pas sur le sol, la poupée Gaby-Gaby… Pixar ne se repose donc pas sur ses lauriers, comme certains pourraient le penser (et le dire), depuis quelques temps.

Toy Story 4 Woody

Mais niveau scénaristique, « Toy Story 4 » vaut-il le coup d’exister ? N’est-il pas « la suite de trop » ? Si une page s’était tournée donc pour Andy, parti à l’université, qu’en était-il de tous ses jouets et plus particulièrement de Woody ? C’est ce sur quoi ont voulu se concentrer les « faiseurs de belles histoires » de chez Pixar. On ne s’ennuie pas une seconde, le rythme est tenu, les courses-poursuites, les contre-la-montre afin de sauver les camarades aussi… Même si, au début du film, l’obstination du tout nouveau jouet de Bonnie crée de ses propres mains, Forky (une fourchette en plastique customisée) de vouloir à tout prix « reprendre » sa  liberté (?) de déchet et de ne pas comprendre son nouvel état de jouet, devient vite un peu lassante. Mais il faut bien l’avouer, nous sommes bien heureux de retrouver nos jouets favoris et de découvrir de nouveaux personnages.

Mais Bonnie, mettant de plus en plus à l’écart notre bon vieux shérif Woody, n’est, il faut le dire, sans jugement aucun, qu’un prétexte afin de réunir tout ce petit monde, réunir Woody et la bergère (dont l’histoire n’avait jamais d’ailleurs vraiment commencé), et découvrir toute la pléiade de nouveaux personnages, très réussis, d’ailleurs (à part peut-être le québécois Duke Caboom un peu agaçant à la longue, mais il ne s’agit que de mon ressenti…).

Toy Story 4 nouveau personnage poupée Gaby Gaby

Sans vouloir trop en dévoiler sur la fin du film, l’émotion immense qui nous envahit lors de la scène finale est un sacré tour de force de la part des studios à la lampe… Et on se rend compte que l’on est très attaché à chacun des jouets que l’on a retrouvés au fil de ces quatre aventures, depuis 1995. Décidément très forts pour rendre attachants des jouets donc, des robots, un rat, des poissons… Pixar garde le cap, malgré les virages amorcés ces dernières années, les difficultés (le départ de John Lasseter), et les critiques mettant en doute leur capacité à se renouveler, et à proposer des créations originales, après toutes ces suites…

Si « Toy Story » est sans nul doute, une des sagas phares de l’animation (avec « Shrek » et « Dragons » des studios Dreamworks), le temps fera son œuvre pour dire si ce dernier (définitivement cette fois ?) opus sera mon préféré, ayant beaucoup apprécié les 2 et 3. Mais « Toy Story 4 » est pour ma part loin d’être le film de trop, et je prédis d’ailleurs un des plus gros si ce n’est le plus gros succès au box-office de l’année, les grandes vacances approchant (si Marvel laisse de la place…). Décidément l’incontournable studio Pixar est loin de nous avoir livré son dernier pixel…

Toy Story 4 photo de groupe